Category

Diagnostics et réglementation

"Sondage
Diagnostics et réglementation

Étude géotechnique loi Elan : terrain à bâtir et maison existante

Blog · Diagnostics et réglementation

Étude géotechnique loi Elan : terrain à bâtir et maison existante

Depuis le 1er octobre 2020, la loi Elan impose une étude géotechnique lors de la vente de certains terrains à bâtir et de la construction de maisons dans les zones exposées au retrait-gonflement des argiles. Après la sécheresse record de l’été 2026, ce dispositif intéresse aussi bien l’acheteur d’un terrain que celui d’une maison existante. Voici ce qu’il impose, et ce qu’il ne couvre pas.

1er réseau national d’expertise immobilièrePlus de 65 experts formés par l’OFIBRapport certifié sous 96h
Sondage géotechnique sur un terrain à bâtir

L’essentiel

Dans les zones d’exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles, la loi Elan impose au vendeur d’un terrain non bâti constructible de fournir une étude géotechnique préalable, annexée à la promesse ou à l’acte de vente. Lors de la construction d’une maison, le constructeur doit suivre une étude géotechnique de conception ou appliquer des techniques constructives particulières. Ces obligations ne concernent pas la vente d’une maison existante : pour celle-ci, l’acheteur doit s’appuyer sur l’état des risques, l’examen du bâti et, si nécessaire, une étude de sol spécifique.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Le contexte

Pourquoi la loi Elan a imposé une étude de sol

Le retrait-gonflement des argiles est l’une des premières causes de sinistres sur les maisons individuelles, souvent construites sur des fondations superficielles inadaptées.

Selon le service statistique du ministère de la Transition écologique, environ 10,4 millions de maisons individuelles sont situées en zone d’exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles, soit une part considérable du parc, sur près de la moitié du territoire métropolitain. Ce phénomène représente une part importante des coûts d’indemnisation au titre des catastrophes naturelles.

Pour prévenir ces sinistres sur les constructions neuves, l’article 68 de la loi Elan du 23 novembre 2018 a créé un dispositif d’étude géotechnique, entré en vigueur le 1er octobre 2020.

Le dispositif a donc une logique préventive : il ne règle pas la situation des maisons déjà construites, mais il vise à éviter que les constructions nouvelles reproduisent les erreurs du passé sur les sols argileux.

Zones

Quelles zones sont concernées ?

Le dispositif s’applique dans les zones d’exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles, définies par une carte nationale.

Cette carte d’exposition, établie à partir des données du BRGM, est consultable sur Géorisques. Elle classe le territoire en zones d’exposition faible, moyenne ou forte. L’exposition d’une parcelle figure aussi dans l’état des risques remis lors d’une vente.

Être en zone d’exposition moyenne ou forte ne signifie pas que le terrain posera forcément problème, mais que la nature du sol doit être prise en compte dans la conception des fondations. Lisez notre article sur l’état des risques.

La carte est actualisée périodiquement ; vérifiez toujours l’exposition à la date de votre projet.

Quelles zones sont concernées ?
Terrain

Vente d’un terrain à bâtir : l’étude préalable

Le vendeur d’un terrain non bâti constructible situé en zone concernée doit fournir une étude géotechnique préalable.

Cette étude, de type G1 selon la classification des missions géotechniques, caractérise la nature du sol et identifie les risques liés au retrait-gonflement. Elle est annexée à la promesse de vente ou, à défaut, à l’acte authentique. Sa durée de validité est de trente ans, à condition que le terrain n’ait pas subi de remaniement du sol.

Pour l’acheteur, ce document est une première information sur le sol. Il sera transmis au constructeur ou au maître d’œuvre qui concevra la maison.

Elle ne remplace pas l’étude de conception, qui reste à réaliser pour le projet précis.

Échantillons de sol argileux issus d'un sondage
Construction

Construction d’une maison : l’étude de conception ou des techniques adaptées

Lors de la conclusion d’un contrat de construction d’une maison en zone concernée, le constructeur doit tenir compte du risque.

Le maître d’ouvrage transmet l’étude préalable au constructeur. Celui-ci doit soit suivre les recommandations d’une étude géotechnique de conception, de type G2, qui définit les fondations et les dispositions adaptées au projet, soit respecter des techniques particulières de construction définies par voie réglementaire : fondations plus profondes, chaînages, rigidification de la structure, gestion des eaux autour de la maison, éloignement de la végétation.

Ces exigences s’appliquent aux maisons individuelles et aux immeubles ne comportant pas plus de deux logements. Elles visent à rendre la construction résistante aux mouvements du sol.

Fondations d'une maison en construction sur sol argileux
Missions

Les missions géotechniques en bref

Les études géotechniques sont classées en missions successives, de la reconnaissance générale du site au diagnostic d’un ouvrage existant.

G1, étude préalable

Elle caractérise le site et ses risques géotechniques principaux. C’est celle qui est exigée lors de la vente d’un terrain en zone concernée.

G2, étude de conception

Elle définit les fondations et les dispositions constructives adaptées à un projet précis, à partir de sondages et d’essais.

G3 et G4, exécution et supervision

Elles accompagnent la réalisation des fondations pendant le chantier.

G5, diagnostic

Elle étudie un ouvrage existant, par exemple une maison fissurée, pour identifier le rôle du sol dans les désordres.

Pour un particulier, les missions G1, G2 et G5 sont les plus courantes. Leur coût varie selon le nombre de sondages et d’essais nécessaires.

Maison existante

Et pour une maison existante ?

La loi Elan n’impose aucune étude géotechnique lors de la vente d’une maison déjà construite.

L’acheteur d’une maison existante en zone argileuse reçoit l’état des risques, qui indique l’exposition de la parcelle, et l’information sur les sinistres indemnisés au titre des catastrophes naturelles. Mais il ne dispose d’aucune information réglementaire sur la nature exacte du sol sous la maison ni sur ses fondations.

C’est un angle mort important, surtout pour les maisons construites avant 2020, souvent sur des fondations superficielles. Lisez notre article sur les maisons des années 1970 à 1990.

Le vendeur reste toutefois tenu d’informer l’acheteur des désordres qu’il connaît : des fissures connues et dissimulées peuvent constituer un vice caché.

Et pour une maison existante ?
Sécheresse 2026

Pourquoi la question se pose avec acuité après 2026

L’été 2026 a été le plus chaud mesuré en France depuis 1900, avec une sécheresse des sols sans précédent en moyenne selon Météo-France.

Avec une température moyenne de 24,0 °C, soit 3,6 °C au-dessus de la normale, un déficit de pluie d’environ 40 % et 53 jours de vague de chaleur, l’été 2026 a fortement asséché les sols, dont l’humidité est passée début août sous le record bas de 2022. Les maisons fondées superficiellement sur ces sols ont été fortement sollicitées, et de nouvelles fissures sont apparues.

La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pour la sécheresse de 2026 n’interviendra, le cas échéant, qu’ultérieurement, commune par commune. Lisez notre article sur l’achat d’une maison après la sécheresse de 2026.

Étude G5

L’étude géotechnique de diagnostic pour une maison sinistrée

Lorsqu’une maison existante présente des fissures, une étude géotechnique de diagnostic peut être réalisée pour en comprendre l’origine.

Cette mission, de type G5, analyse le sol, la profondeur et la nature des fondations, l’influence de la végétation et de l’eau, pour établir si les désordres sont liés au sol. Elle est souvent réalisée dans le cadre d’un sinistre, par l’assureur ou à la demande du propriétaire, et précède la définition des travaux de confortement.

Pour un acheteur, une telle étude réalisée par le vendeur est une information précieuse. En son absence, l’expert en bâtiment peut recommander de la faire réaliser avant de signer si les fissures sont significatives.

L'étude géotechnique de diagnostic pour une maison sinistrée
Extension

Extensions, vérandas et annexes

Les extensions construites sur des fondations différentes de la maison d’origine sont particulièrement sensibles aux mouvements des argiles.

Une extension posée sur des fondations superficielles, accolée à une maison aux fondations plus profondes, ou l’inverse, crée une discontinuité. Les deux parties bougent différemment, et des fissures apparaissent à leur jonction. Pour un projet d’extension en zone argileuse, une étude de sol et des dispositions constructives adaptées sont fortement recommandées.

Lisez notre article sur les extensions et vérandas sur sol argileux.

Demandez au vendeur quelles fondations ont été réalisées.

Prévention

Les mesures de prévention autour d’une maison existante

Sans reprendre les fondations, plusieurs mesures limitent les variations d’humidité du sol autour d’une maison.

  • éloigner les eaux pluviales des façades par des descentes raccordées ;
  • réaliser un trottoir périphérique étanche ;
  • éviter les plantations d’arbres gourmands en eau près de la maison ;
  • gérer avec prudence l’abattage d’un grand arbre existant, qui peut provoquer un gonflement ;
  • réparer les fuites de canalisations enterrées ;
  • éviter les pompages dans le sol à proximité.

Une aide expérimentale à la prévention du retrait-gonflement des argiles a été ouverte en 2025 dans onze départements, sous conditions de ressources et de caractéristiques de la maison. Lisez notre article sur le retrait-gonflement des argiles.

Les mesures de prévention autour d'une maison existante
Acheter un terrain

Acheter un terrain : les bons réflexes

Pour l’acheteur d’un terrain à bâtir, l’étude préalable est un document à lire, pas une formalité.

  • vérifier qu’elle est bien annexée et qu’elle concerne la parcelle vendue ;
  • lire ses conclusions sur la nature du sol et le niveau de risque ;
  • la transmettre au constructeur et vérifier qu’il en tient compte ;
  • prévoir, si nécessaire, une étude de conception adaptée au projet ;
  • intégrer le surcoût éventuel des fondations dans le budget.

Un terrain très argileux n’est pas inconstructible, mais il peut imposer des fondations plus coûteuses.

Maison neuve

Acheter une maison récente construite après 2020

Une maison construite après le 1er octobre 2020 en zone concernée doit avoir été conçue en tenant compte du risque.

Demandez au vendeur l’étude géotechnique préalable, l’étude de conception le cas échéant, et le contrat de construction mentionnant les dispositions retenues. Ces documents attestent que la maison a été conçue pour résister aux mouvements du sol. La garantie décennale du constructeur couvre en outre, pendant dix ans après la réception, les dommages qui compromettent la solidité.

Lisez notre article sur la maison de moins de dix ans.

L’expertise

Le rôle de l’expertise bâtiment

L’expert en bâtiment ne réalise pas d’étude géotechnique, mais il examine les effets du sol sur la maison.

Il relève et interprète les fissures, les déformations, les portes qui coincent, les décollements de terrasses et d’extensions, observe la végétation, les eaux pluviales et les abords, et lit l’état des risques. Il indique si les désordres sont compatibles avec des mouvements de sol et si une étude géotechnique de diagnostic est recommandée avant de signer.

Découvrez notre guide de l’expertise pré-achat et notre article sur la signification des fissures.

Check my House

Faire expertiser le bien avant de signer

L’auteur

Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.

Le tarif

Expertise avant achat ou vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise pré-achat.

FAQ

Questions fréquentes

La loi Elan impose-t-elle une étude de sol pour vendre une maison ?

Non, l’obligation concerne la vente de terrains non bâtis constructibles et la construction en zone concernée.

Quelles zones sont concernées ?

Les zones d’exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles, consultables sur Géorisques.

Quelle est la validité de l’étude préalable ?

Trente ans, si le terrain n’a pas subi de remaniement du sol.

Le constructeur doit-il faire une étude de conception ?

Il doit suivre une étude de conception ou appliquer des techniques constructives particulières définies par la réglementation.

Qu’est-ce qu’une étude G5 ?

Une étude géotechnique de diagnostic, utilisée notamment pour comprendre l’origine de fissures sur une maison existante.

Une maison d’avant 2020 est-elle plus exposée ?

Elle n’a pas bénéficié du dispositif Elan et repose souvent sur des fondations superficielles.

La sécheresse 2026 est-elle reconnue catastrophe naturelle ?

Pas encore à ce stade : la reconnaissance intervient ultérieurement, commune par commune.

Un terrain argileux est-il inconstructible ?

Non, mais il impose des fondations et des dispositions adaptées, parfois plus coûteuses.

Que faire si la maison présente des fissures ?

La faire expertiser et, si nécessaire, faire réaliser une étude géotechnique de diagnostic.

Combien coûte l’expertise avant achat ?

650 euros TTC jusqu’à 50 m², puis 3 euros par m² supplémentaire, plus 60 euros de déplacement jusqu’à 100 km et 50 euros de frais de gestion.

Un doute sur un bien ?

Faites-le examiner par un expert en bâtiment indépendant avant de signer.

Sources et références


"Dossier
Diagnostics et réglementation

Diagnostics obligatoires et expertise bâtiment : pourquoi les deux sont nécessaires

Blog · Diagnostics et réglementation

Diagnostics obligatoires et expertise bâtiment : pourquoi les deux sont nécessaires

DPE, amiante, plomb, électricité, gaz, termites, assainissement, état des risques : le dossier de diagnostic technique remis à l’acheteur peut compter des dizaines de pages. Beaucoup d’acheteurs pensent qu’il suffit à connaître l’état du bien. C’est une erreur fréquente. Voici ce que couvrent les diagnostics, ce qu’ils ne couvrent pas, et ce qu’apporte une expertise bâtiment.

1er réseau national d’expertise immobilièrePlus de 65 experts formés par l’OFIBRapport certifié sous 96h
Dossier de diagnostics immobiliers et expert en bâtiment examinant une fissure

L’essentiel

Les diagnostics obligatoires répondent chacun à une réglementation précise : ils recherchent des risques définis (amiante, plomb, termites, sécurité électrique et gaz, performance énergétique, risques naturels) selon des protocoles normés. Aucun d’eux n’évalue la structure, les fissures, l’humidité, la toiture, la charpente ou le coût des travaux. L’expertise bâtiment, réalisée par un expert indépendant, examine l’ensemble du bâti, interprète les désordres et hiérarchise les travaux. Les deux sont complémentaires.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Le dossier

Le dossier de diagnostic technique : de quoi se compose-t-il ?

L’article L271-4 du Code de la construction et de l’habitation liste les documents à annexer à la promesse ou à l’acte de vente, selon les caractéristiques du bien.

  • le diagnostic de performance énergétique ;
  • l’état relatif à la présence d’amiante, pour les permis antérieurs au 1er juillet 1997 ;
  • le constat de risque d’exposition au plomb, pour les logements construits avant 1949 ;
  • l’état de l’installation intérieure d’électricité, de plus de quinze ans ;
  • l’état de l’installation intérieure de gaz, de plus de quinze ans ;
  • l’état relatif à la présence de termites, dans les zones délimitées par arrêté ;
  • l’information sur la présence d’un risque de mérule, dans les zones délimitées ;
  • le document de contrôle de l’assainissement non collectif ;
  • l’état des risques, pour les biens situés dans les zones concernées ;
  • le diagnostic bruit, pour les zones de bruit des aérodromes ;
  • l’audit énergétique, pour les maisons et monopropriétés classées E, F ou G.

En copropriété, s’y ajoutent les documents relatifs à l’immeuble. La liste et les durées de validité sont rappelées par les notaires et les sites officiels.

Logique

La logique des diagnostics : un risque, un protocole

Chaque diagnostic répond à une question précise, définie par la réglementation, et suit un protocole normé.

Le diagnostic amiante recherche l’amiante dans des listes de matériaux. Le CREP mesure le plomb dans les revêtements. Le diagnostic électricité contrôle des points de sécurité. L’état termites recherche des indices d’infestation. Le DPE calcule une consommation conventionnelle. L’état des risques indique l’exposition de la commune et de la parcelle à des risques naturels et technologiques.

Cette logique a une grande qualité : elle garantit une information homogène et comparable, établie par des professionnels certifiés. Elle a aussi une limite : ce qui n’entre pas dans le champ d’un diagnostic n’est examiné par aucun.

Autrement dit, chaque diagnostic éclaire un point précis, avec une grande rigueur, mais aucun n’a pour objet de dire si la maison est saine dans son ensemble.

La logique des diagnostics : un risque, un protocole
Angles morts

Ce qu’aucun diagnostic obligatoire n’examine

Les principaux enjeux techniques et financiers d’un achat échappent aux diagnostics obligatoires.

  • la structure : fondations, murs porteurs, planchers, charpente ;
  • les fissures et leur origine : tassement, retrait des argiles, défaut de construction ;
  • l’humidité : remontées capillaires, infiltrations, condensation ;
  • la toiture et la couverture ;
  • les insectes du bois autres que les termites ;
  • la plomberie et les évacuations ;
  • les menuiseries et leur état ;
  • les travaux réalisés et leur qualité ;
  • le coût des travaux à prévoir.

Or ce sont précisément ces points qui donnent lieu aux litiges les plus fréquents et aux dépenses les plus lourdes après l’achat.

Ils relèvent du regard global d’un professionnel de la construction, capable d’interpréter ce qu’il voit.

Expert mesurant une fissure avec un fissuromètre
ERP

L’état des risques : une information, pas un diagnostic du bâtiment

L’état des risques indique si le bien est situé dans une zone exposée. Il ne dit rien de l’état du bâtiment face à ce risque.

Pour le retrait-gonflement des argiles, par exemple, l’état des risques indique le niveau d’exposition de la parcelle. Il ne dit pas si la maison présente des fissures, si ses fondations sont adaptées, ni si un sinistre est en cours. Le vendeur doit aussi informer l’acheteur des sinistres indemnisés au titre d’une catastrophe naturelle, mais cette information ne remplace pas l’examen du bâti.

Après l’été 2026, le plus chaud mesuré en France depuis 1900 selon Météo-France avec une sécheresse des sols sans précédent en moyenne, cette distinction est essentielle pour les maisons en zone argileuse. Lisez notre article sur l’état des risques.

Expertise

Ce qu’est une expertise bâtiment avant achat

L’expertise bâtiment est un examen global du bien par un expert en bâtiment indépendant, qui en décrit l’état, interprète les désordres et hiérarchise les travaux.

L’expert parcourt le bien de la toiture aux fondations visibles, extérieurs compris. Il observe, mesure l’humidité et les fissures, sonde les bois, examine les combles et les sous-sols accessibles. Il relie ses constats entre eux et aux documents disponibles, dont les diagnostics. Il rédige un rapport qui décrit les désordres, leur cause probable, leur gravité et les travaux à envisager.

L’expertise n’est pas obligatoire. Elle est demandée par l’acheteur, parfois par le vendeur, pour décider en connaissance de cause. Découvrez notre guide de l’expertise pré-achat.

L’expert travaille pour l’acheteur qui le mandate, sans lien avec le vendeur ni avec les entreprises de travaux.

Ce qu'est une expertise bâtiment avant achat
Comparaison

Diagnostics et expertise : le tableau des différences

Les deux démarches diffèrent par leur objet, leur méthode et leur finalité.

Objet

Les diagnostics recherchent des risques réglementés précis. L’expertise examine l’état général du bâti.

Méthode

Les diagnostics suivent des protocoles normés. L’expertise mobilise le jugement d’un expert en construction, qui interprète.

Finalité

Les diagnostics informent l’acheteur sur des points imposés par la loi. L’expertise l’aide à décider, à négocier et à budgéter.

Obligation

Les diagnostics sont obligatoires et à la charge du vendeur. L’expertise est facultative et généralement commandée par l’acheteur.

Indépendance

Les diagnostics sont commandés par le vendeur. L’expertise avant achat est commandée par l’acheteur, qui en est le destinataire.

Complémentarité

Pourquoi les deux sont complémentaires

L’expertise ne refait pas les diagnostics : elle les lit, les replace dans le contexte du bâtiment et comble leurs angles morts.

Un diagnostic amiante signale des dalles amiantées dans la cuisine : l’expert indique ce que cela implique pour la rénovation prévue. Un DPE classe la maison en F : l’expert vérifie que les murs, la charpente et l’humidité permettent les travaux d’isolation proposés. Un état des risques indique une exposition forte aux argiles : l’expert examine les fissures et les signes de mouvement.

À l’inverse, l’expertise s’appuie sur les diagnostics pour ne pas refaire ce qui relève d’un protocole réglementaire.

Expert inspectant une charpente dans des combles
Cas

Trois cas où les diagnostics ne suffisaient pas

Quelques situations typiques montrent ce que l’expertise ajoute.

La maison aux diagnostics parfaits

Tous les diagnostics sont favorables, le DPE affiche C. Mais des fissures en façade, rebouchées et repeintes, traduisent un mouvement de sol actif. Aucun diagnostic n’en parle.

L’appartement rénové

Diagnostics électricité et gaz sans anomalie majeure. Mais une cloison porteuse a été supprimée et le plancher fléchit. Aucun diagnostic ne porte sur la structure.

La longère humide

L’état termites est négatif. Mais les murs présentent des remontées capillaires sous des doublages récents, et les poutres encastrées sont attaquées par des insectes autres que les termites.

Moment

Quand faire l’expertise par rapport aux diagnostics ?

L’idéal est de disposer des diagnostics avant l’expertise, pour que l’expert puisse les intégrer.

Les diagnostics doivent être fournis dès la promesse de vente, et souvent plus tôt. L’expertise peut être réalisée avant l’offre, entre l’offre et le compromis, ou pendant le délai de rétractation de dix jours. Transmettre les diagnostics à l’expert permet un rapport plus complet.

Lisez notre article sur le délai de rétractation.

Quand faire l'expertise par rapport aux diagnostics ?
Le rapport

À quoi ressemble un rapport d’expertise

Un rapport d’expertise utile est structuré pour permettre une décision.

Il décrit le bien, les conditions de la visite et les zones inaccessibles, puis présente les constats par partie de l’ouvrage : extérieurs, façades, toiture, combles, structure, intérieurs, réseaux apparents, humidité. Chaque constat est illustré de photos, interprété, classé par niveau de gravité, et accompagné de préconisations. Une synthèse hiérarchise les points importants et les travaux à prévoir.

Chez Check my House, le rapport est certifié et remis sous 96 heures, ce qui permet de l’utiliser dans le calendrier serré d’une offre ou d’un délai de rétractation.

Vendeur

Côté vendeur : diagnostics obligatoires, expertise stratégique

Le vendeur doit fournir les diagnostics. Il peut aussi faire réaliser une expertise pour sécuriser sa vente.

Une expertise avant mise en vente permet au vendeur de connaître l’état de son bien, de corriger ce qui doit l’être, d’informer l’acheteur et de réduire le risque de litige pour vice caché. Elle complète utilement des diagnostics qui, par nature, ne disent rien de la structure ni de l’humidité.

Lisez notre article sur l’expertise avant vente.

Côté vendeur : diagnostics obligatoires, expertise stratégique
Responsabilité

Responsabilités en cas d’erreur

Les diagnostiqueurs et les experts engagent leur responsabilité dans le cadre de leur mission.

Un diagnostiqueur qui omet un élément entrant dans le champ de son diagnostic, visible et accessible, peut voir sa responsabilité engagée. Un expert en bâtiment répond de la qualité de son examen et de son avis, dans les limites de sa mission, qui sont précisées dans le rapport. Chez Check my House, les préconisations d’expertise sont couvertes par une assurance décennale.

Lisez attentivement, dans les deux cas, la description de la mission et les limites mentionnées : zones non visitées, éléments non accessibles.

Coût

Le coût d’une expertise au regard de l’enjeu

Le coût d’une expertise est faible au regard du prix du bien et des travaux qu’elle permet d’anticiper.

Chez Check my House, l’expertise avant achat est facturée 650 euros TTC jusqu’à 50 m², puis 3 euros par m² supplémentaire, avec 60 euros de déplacement jusqu’à 100 km et 50 euros de frais de gestion, rapport certifié compris, remis sous 96 heures. Ce montant est à comparer au coût d’une reprise en sous-œuvre, d’une réfection de toiture ou d’un traitement d’humidité, et à la marge de négociation que le rapport peut ouvrir.

Consultez nos tarifs pour le détail.

En résumé

En résumé

Les diagnostics disent ce que la loi impose de savoir. L’expertise dit ce que l’acheteur a besoin de savoir.

Pour un achat serein, lisez attentivement les diagnostics, puis faites examiner le bien par un expert en bâtiment indépendant qui en tiendra compte. Vous saurez ainsi à la fois si le bien respecte ses obligations réglementaires, dans quel état il se trouve réellement, et ce qu’il vous coûtera dans les années à venir.

Lisez notre article sur la check-list de visite d’une maison ancienne.

Check my House

Faire expertiser le bien avant de signer

L’auteur

Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.

Le tarif

Expertise avant achat ou vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise pré-achat.

FAQ

Questions fréquentes

Les diagnostics obligatoires suffisent-ils avant d’acheter ?

Non, ils ne portent pas sur la structure, les fissures, l’humidité ou la toiture.

Qui paie les diagnostics ?

Le vendeur, qui doit les fournir.

L’expertise bâtiment est-elle obligatoire ?

Non, elle est facultative et généralement commandée par l’acheteur.

L’expert refait-il les diagnostics ?

Non, il les lit et les intègre à son analyse globale.

Le DPE renseigne-t-il sur l’état de la maison ?

Non, il porte uniquement sur la performance énergétique conventionnelle.

L’état des risques signale-t-il les fissures ?

Non, il indique l’exposition à des risques, pas l’état du bâtiment.

Quand faire l’expertise ?

Avant l’offre, avant le compromis ou pendant le délai de rétractation de dix jours.

Faut-il transmettre les diagnostics à l’expert ?

Oui, cela permet un rapport plus complet.

Le vendeur peut-il faire une expertise ?

Oui, pour connaître son bien et sécuriser la vente.

Combien coûte l’expertise avant achat ?

650 euros TTC jusqu’à 50 m², puis 3 euros par m² supplémentaire, plus 60 euros de déplacement jusqu’à 100 km et 50 euros de frais de gestion.

Un doute sur un bien ?

Faites-le examiner par un expert en bâtiment indépendant avant de signer.

Sources et références


"Diagnostiqueur
Diagnostics et réglementation

Plomb dans un logement d’avant 1949 : lire le CREP et anticiper les travaux

Blog · Diagnostics et réglementation

Plomb dans un logement d’avant 1949 : lire le CREP et anticiper les travaux

Les peintures au plomb ont été largement utilisées dans les logements anciens jusqu’au milieu du vingtième siècle. Dégradées, elles exposent les occupants, en particulier les jeunes enfants, à un risque d’intoxication. Le constat de risque d’exposition au plomb, ou CREP, est obligatoire à la vente des logements construits avant 1949. Voici comment le lire et ce qu’il implique.

1er réseau national d’expertise immobilièrePlus de 65 experts formés par l’OFIBRapport certifié sous 96h
Diagnostiqueur mesurant le plomb sur une porte ancienne peinte

L’essentiel

Pour tout logement construit avant le 1er janvier 1949, le vendeur doit fournir un constat de risque d’exposition au plomb. Ce document mesure la concentration en plomb des revêtements et classe chaque unité de diagnostic selon son état de conservation. Il ne porte pas sur les canalisations d’eau. En présence de revêtements dégradés contenant du plomb, des travaux sont à prévoir avec des précautions spécifiques. L’acheteur doit lire le classement, repérer les situations à risque et intégrer le plomb à ses projets de rénovation.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Le contexte

Pourquoi le plomb est un enjeu dans les logements anciens

Le plomb a été utilisé dans les peintures, notamment la céruse, jusqu’à son interdiction progressive au vingtième siècle. Les logements construits avant 1949 en contiennent fréquemment.

Tant que les peintures au plomb sont recouvertes et en bon état, le risque est limité. Il apparaît lorsque les revêtements se dégradent : écailles, poussières, frottements des menuiseries. Les jeunes enfants, qui portent les mains et les objets à la bouche, et les femmes enceintes sont les plus exposés. L’intoxication par le plomb, appelée saturnisme, peut avoir des effets graves sur la santé.

Les travaux sont aussi une source d’exposition : poncer, gratter ou décaper des peintures au plomb libère des poussières toxiques.

Pour l’acheteur d’un logement ancien, le plomb est donc moins un motif de renoncer qu’un paramètre à intégrer dans le projet de travaux et dans l’organisation de l’emménagement.

Obligation

Le CREP obligatoire à la vente

Le constat de risque d’exposition au plomb doit être annexé à la promesse ou à l’acte de vente de tout logement construit avant le 1er janvier 1949.

Il fait partie du dossier de diagnostic technique. Il est réalisé par un diagnostiqueur certifié, généralement à l’aide d’un appareil à fluorescence X qui mesure la concentration en plomb des revêtements sans les détruire. En copropriété, il porte sur les parties privatives ; un CREP des parties communes est également exigé dans les immeubles concernés.

Le CREP est aussi obligatoire pour la location. Sa durée de validité dépend de son résultat.

Le diagnostiqueur peut aussi réaliser des prélèvements pour analyse en laboratoire lorsque la mesure directe n’est pas possible ou pas concluante.

Le CREP obligatoire à la vente
Validité

Durée de validité du CREP

La validité dépend de la présence ou non de plomb au-dessus du seuil réglementaire.

  • absence de plomb ou concentrations inférieures au seuil de 1 mg/cm² : validité illimitée ;
  • présence de plomb au-dessus du seuil : validité d’un an pour une vente ;
  • pour une location, la validité est de six ans en cas de présence de plomb au-dessus du seuil.

Vérifiez la date du CREP remis : un constat positif de plus d’un an doit être refait pour la vente.

Un CREP récent et négatif est un atout durable pour le logement.

Classes

Lire le classement des unités de diagnostic

Le CREP découpe le logement en unités de diagnostic, chaque élément revêtu de chaque pièce, et attribue à chacune une classe.

Classe 0

Concentration inférieure au seuil : pas de plomb au sens réglementaire.

Classe 1

Plomb au-dessus du seuil, revêtement non dégradé ou non visible.

Classe 2

Plomb au-dessus du seuil, revêtement en état d’usage, avec usure par friction, traces de chocs ou microfissures.

Classe 3

Plomb au-dessus du seuil, revêtement dégradé : écailles, cloques, craquelures, pulvérulence.

La présence d’unités en classe 3 est le point principal à surveiller : elle signale une exposition possible. Le rapport doit alors comporter des recommandations, et les éléments les plus dégradés appellent des travaux.

Lisez aussi l’emplacement précis de chaque unité dans le tableau détaillé.

Peinture ancienne écaillée sur une fenêtre en bois
Facteurs

Les facteurs de dégradation du bâti

Le diagnostiqueur relève aussi des facteurs de dégradation qui peuvent aggraver le risque.

Le CREP signale notamment des situations comme des plafonds menaçant de s’effondrer, des traces importantes de coulures ou de moisissures, ou des revêtements très dégradés sur une grande surface. Lorsque certains de ces facteurs sont constatés, une copie du constat est transmise à l’agence régionale de santé, qui peut engager des mesures.

Ces facteurs révèlent souvent d’autres problèmes du logement : humidité, infiltrations, défauts de structure, qu’une expertise bâtiment permet d’analyser.

Méthode

Lire un CREP en dix minutes

Une méthode simple permet d’extraire l’essentiel d’un rapport souvent long.

  • vérifier la date et la conclusion générale en première page ;
  • repérer le nombre d’unités en classe 1, 2 et 3 ;
  • lister les pièces et éléments concernés par les classes 2 et 3 ;
  • lire la section sur les facteurs de dégradation du bâti ;
  • noter les locaux non visités et les éléments non mesurés ;
  • lire les recommandations du diagnostiqueur.

Un rapport avec de nombreuses unités en classe 1 et aucune en classe 3 signale un plomb présent mais recouvert : le risque est maîtrisé tant que les revêtements restent en bon état. Un rapport avec des unités en classe 3 dans les pièces de vie appelle des travaux avant l’emménagement.

Lire un CREP en dix minutes
Où

Où trouve-t-on le plus souvent du plomb ?

Certains éléments concentrent la majorité des peintures au plomb dans les logements anciens.

Les menuiseries anciennes, portes, fenêtres, volets intérieurs, les boiseries, plinthes et lambris, les garde-corps et rampes d’escalier, ainsi que certaines parois peintes sous des couches plus récentes, sont les supports les plus fréquemment concernés. Les murs tapissés ou repeints plusieurs fois peuvent masquer une couche ancienne au plomb.

Les parties communes des immeubles anciens, cages d’escalier et halls, présentent souvent des peintures au plomb sous les couches récentes, en particulier sur les soubassements et les rampes.

Eau

Les canalisations en plomb, hors du champ du CREP

Le CREP porte sur les revêtements. Il ne concerne pas les canalisations d’eau, qui peuvent aussi contenir du plomb.

Dans les immeubles anciens, des canalisations en plomb peuvent subsister dans les parties privatives ou communes. L’eau qui y stagne peut se charger en plomb. Leur remplacement est recommandé. Lors de la visite, repérez les tuyaux gris mats, souples, avec des soudures arrondies, sous l’évier, près du compteur ou dans les caves.

En copropriété, le remplacement des colonnes relève de l’assemblée générale. Lisez notre article sur les parties communes.

Canalisation d'eau ancienne en plomb sous un évier
Travaux

Travaux sur des peintures au plomb : les précautions

Les travaux sur des revêtements contenant du plomb doivent être conduits de façon à ne pas disperser de poussières.

  • éviter le ponçage à sec et le décapage thermique à haute température ;
  • privilégier le recouvrement, l’encapsulage ou la dépose des éléments ;
  • confiner la zone de travaux et protéger les sols ;
  • nettoyer à l’humide, sans balayage à sec ;
  • éloigner les enfants et les femmes enceintes pendant les travaux ;
  • confier les travaux importants à une entreprise informée du risque.

Ces précautions augmentent le coût et la durée des travaux. Un acheteur qui prévoit de rénover les menuiseries, les boiseries ou les murs d’un logement ancien doit les intégrer à son budget.

Famille

Acheter avec de jeunes enfants

Pour une famille avec de jeunes enfants ou un projet de grossesse, le CREP mérite une attention particulière.

Les unités en classe 2 et 3 situées dans les pièces de vie, les fenêtres et appuis où les enfants peuvent porter la bouche, les portes et plinthes soumises au frottement, sont les points à traiter en priorité, avant l’emménagement si possible. Un nettoyage soigneux à l’humide des sols et des rebords limite l’exposition aux poussières.

En cas de doute sur une exposition, un médecin peut prescrire un dosage de la plombémie.

Acheter avec de jeunes enfants
Solutions

Les solutions de traitement

Plusieurs approches permettent de supprimer le risque d’exposition, selon l’état et la nature des éléments.

Le recouvrement

Poser un matériau durable par-dessus le revêtement au plomb, comme un doublage ou un habillage, supprime l’accès aux peintures sans les disperser.

Le remplacement

Changer les éléments les plus dégradés, comme des fenêtres ou des portes anciennes, est souvent la solution la plus simple, et améliore aussi l’isolation.

Le décapage maîtrisé

Retirer les peintures par des méthodes qui limitent les poussières, avec confinement et nettoyage soigneux, lorsque l’élément doit être conservé.

Le choix dépend du projet de rénovation et du budget. Dans tous les cas, un contrôle après travaux permet de s’assurer que les poussières ont été correctement éliminées.

Location

Plomb et location

Pour louer un logement construit avant 1949, le CREP doit être annexé au bail, et le logement doit être décent.

Des revêtements dégradés contenant du plomb, accessibles aux occupants, constituent un risque pour la santé qui peut rendre le logement non décent. Le bailleur doit réaliser les travaux nécessaires pour supprimer le risque. Pour un investisseur, ces travaux sont un préalable à la mise en location.

Plomb et location
Négocier

Intégrer le plomb à la négociation

Le CREP permet d’identifier les travaux à prévoir et d’en tenir compte dans le prix.

Des menuiseries anciennes en classe 3 à remplacer, des boiseries à décaper avec précautions, des canalisations en plomb à changer : ces postes peuvent être chiffrés et intégrés à l’offre. Le CREP étant remis avant la vente, ces éléments ne pourront plus fonder un recours ultérieur pour vice caché.

Lisez notre article sur le budget travaux.

Ancien

Plomb et autres pathologies du bâti ancien

Un logement d’avant 1949 présente souvent d’autres points de vigilance.

Humidité, planchers bois, électricité ancienne, amiante dans certains matériaux posés après guerre, isolation faible : le plomb n’est qu’un des sujets du bâti ancien. Les facteurs de dégradation relevés par le CREP, comme les coulures et moisissures, orientent souvent vers une humidité à traiter.

Lisez nos articles sur l’appartement ancien et la maison en pierre ancienne.

L’expertise

Ce que l’expertise bâtiment apporte

L’expert en bâtiment ne mesure pas le plomb, mais il relie le CREP à l’état du logement et à vos projets.

Il relit le classement du CREP, repère les éléments dégradés, les canalisations susceptibles d’être en plomb, et analyse les causes des facteurs de dégradation, comme l’humidité. Il intègre les précautions liées au plomb dans l’estimation des travaux de rénovation.

Découvrez notre guide de l’expertise pré-achat et notre article sur les diagnostics obligatoires et l’expertise bâtiment.

Check my House

Faire expertiser le bien avant de signer

L’auteur

Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.

Le tarif

Expertise avant achat ou vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise pré-achat.

FAQ

Questions fréquentes

Le CREP est-il obligatoire à la vente ?

Oui pour les logements construits avant le 1er janvier 1949.

Quel est le seuil réglementaire ?

1 mg/cm² de plomb dans le revêtement.

Quelle est la validité du CREP ?

Illimitée sans plomb au-dessus du seuil, un an pour une vente en cas de présence.

Que signifie la classe 3 ?

Un revêtement contenant du plomb et dégradé, qui expose les occupants à un risque.

Le CREP concerne-t-il les canalisations ?

Non, seulement les revêtements. Les canalisations en plomb doivent être repérées à part.

Peut-on poncer une peinture au plomb ?

Il faut éviter le ponçage à sec et le décapage thermique à haute température, qui dispersent des poussières.

Les enfants sont-ils plus exposés ?

Oui, les jeunes enfants et les femmes enceintes sont les plus sensibles.

Un logement avec plomb peut-il être loué ?

Oui s’il est décent : les revêtements dégradés accessibles doivent être traités.

Le CREP couvre-t-il les parties communes ?

Un CREP spécifique des parties communes est exigé dans les immeubles concernés.

Combien coûte l’expertise avant achat ?

650 euros TTC jusqu’à 50 m², puis 3 euros par m² supplémentaire, plus 60 euros de déplacement jusqu’à 100 km et 50 euros de frais de gestion.

Un doute sur un bien ?

Faites-le examiner par un expert en bâtiment indépendant avant de signer.

Sources et références


"Tableau
Diagnostics et réglementation

Diagnostic électrique avec anomalies : interpréter le rapport avant d’acheter

Blog · Diagnostics et réglementation

Diagnostic électrique avec anomalies : interpréter le rapport avant d’acheter

Le diagnostic électricité d’un logement ancien relève presque toujours des anomalies. Certaines sont mineures, d’autres présentent un réel danger. Le rapport, technique et codifié, est souvent mal compris. Voici comment l’interpréter, distinguer l’urgent de l’accessoire et estimer les travaux avant d’acheter.

1er réseau national d’expertise immobilièrePlus de 65 experts formés par l’OFIBRapport certifié sous 96h
Tableau électrique ancien avec fusibles dans un logement

L’essentiel

Le diagnostic électricité est obligatoire à la vente pour les installations intérieures de plus de quinze ans. Il recense les anomalies par rapport aux exigences de sécurité : absence ou défaut de mise à la terre, protection différentielle insuffisante, protections inadaptées, risques dans la salle de bains, matériels vétustes ou dangereux. Le rapport ne dit pas si l’installation est conforme aux normes actuelles, mais si elle présente des risques. Il faut lire chaque anomalie, en mesurer la gravité et chiffrer une mise en sécurité ou une rénovation.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Le cadre

Le diagnostic électricité à la vente

Pour les installations intérieures d’électricité de plus de quinze ans, le vendeur doit fournir un état de l’installation, annexé à la promesse ou à l’acte de vente.

Ce diagnostic fait partie du dossier de diagnostic technique. Il est réalisé par un diagnostiqueur certifié, selon une norme qui définit les points de contrôle. Il est valable trois ans pour une vente, et six ans pour une location. Il porte sur la partie privative de l’installation, en aval du compteur.

Le diagnostic est visuel et réalisé sans démontage, avec des essais simples. Il ne remplace pas une vérification de conformité complète par un électricien.

Le rapport est donc un point de départ, pas un verdict : il signale des risques, à charge pour l’acheteur de les faire évaluer et chiffrer.

Esprit

Sécurité et non conformité : une distinction essentielle

Le diagnostic ne dit pas si l’installation est conforme aux normes de construction actuelles, mais si elle présente des anomalies au regard des exigences de sécurité.

Une installation ancienne peut être non conforme aux normes en vigueur pour les constructions neuves, sans pour autant être dangereuse. À l’inverse, une installation récente peut présenter des anomalies graves si elle a été mal réalisée. Le diagnostic évalue les risques d’électrocution et d’incendie, pas l’âge de l’installation.

C’est pourquoi un rapport avec quelques anomalies sur une installation ancienne n’implique pas toujours une rénovation complète : une mise en sécurité ciblée peut suffire.

Le vocabulaire du rapport, très normé, reflète cette logique de sécurité plutôt que de conformité.

Sécurité et non conformité : une distinction essentielle
Anomalies

Les grandes familles d’anomalies

Le rapport classe les anomalies par domaine de contrôle. Chacune correspond à un risque précis.

Appareil général de commande

Absence ou inaccessibilité de l’organe qui permet de couper toute l’installation.

Protection différentielle

Absence ou insuffisance de dispositif différentiel à l’origine de l’installation, qui protège les personnes contre les défauts d’isolement.

Mise à la terre

Absence de prise de terre, valeur de résistance trop élevée, conducteurs de protection absents sur certains circuits.

Protection contre les surintensités

Fusibles ou disjoncteurs inadaptés à la section des conducteurs, risque d’échauffement.

Salle de bains

Liaison équipotentielle absente, matériel électrique dans les zones interdites autour de la baignoire ou de la douche.

Contacts directs

Conducteurs nus, boîtes sans couvercle, prises endommagées accessibles.

Matériels vétustes ou inadaptés

Douilles, interrupteurs, prises anciennes, conducteurs à isolation dégradée.

Prise électrique ancienne sans terre et câble apparent
Gravité

Hiérarchiser les anomalies

Toutes les anomalies ne présentent pas le même niveau de danger. Il faut les hiérarchiser.

  • urgentes : conducteurs nus accessibles, absence totale de protection différentielle, matériels endommagés, risques importants dans la salle de bains ;
  • prioritaires : absence de terre ou terre défaillante, protections inadaptées à la section des câbles ;
  • à programmer : matériels vétustes en bon état apparent, liaisons à compléter ;
  • informatives : points mentionnés pour information, sans anomalie au sens du référentiel.

Certains rapports signalent aussi un danger grave et immédiat, par exemple des conducteurs nus sous tension accessibles. Dans ce cas, une intervention rapide d’un électricien est indispensable.

Lire

Lire le rapport ligne par ligne

La synthèse en première page ne suffit pas. Le détail des constatations est plus instructif.

Pour chaque anomalie, le rapport indique sa localisation, le point de contrôle concerné, et parfois une photo. Notez les pièces concernées : une anomalie dans la salle de bains n’a pas le même enjeu qu’une prise vétuste dans une chambre. Repérez aussi la mention des parties non contrôlées, faute d’accès ou parce que l’installation n’était pas alimentée.

Un rapport réalisé sur une installation hors tension, par exemple dans un logement vide dont l’abonnement a été résilié, est moins complet : certains essais n’ont pas pu être réalisés.

Lire le rapport ligne par ligne
Travaux

Mise en sécurité ou rénovation complète ?

Le choix dépend du nombre et de la nature des anomalies, de l’âge de l’installation et de vos projets.

La mise en sécurité

Installation d’une protection différentielle adaptée, création ou amélioration de la prise de terre, liaison équipotentielle de la salle de bains, remplacement des matériels dangereux. Budget limité, délais courts.

La rénovation partielle

Remplacement du tableau, reprise de certains circuits, mise aux normes de la cuisine et de la salle de bains.

La rénovation complète

Remplacement de tous les circuits, conducteurs, appareillages et du tableau, souvent couplé à une rénovation intérieure. Budget important, avec reprise des finitions.

Si vous prévoyez de rénover l’intérieur, il est souvent plus logique de refaire l’électricité au même moment, avant les peintures et les revêtements.

Exemples

Trois rapports, trois décisions

La lecture du rapport conduit à des décisions très différentes selon les cas.

Un appartement des années 1980

Le rapport relève une liaison équipotentielle absente dans la salle de bains et quelques prises anciennes. L’installation est par ailleurs protégée par un différentiel et reliée à la terre. Une mise en sécurité légère suffit.

Une maison des années 1960

Absence de protection différentielle à l’origine, terre de mauvaise qualité, fusibles anciens, conducteurs à isolation textile dans les combles. L’acheteur prévoit une rénovation complète et l’intègre au prix.

Un studio rénové par le vendeur

Tableau neuf, mais circuits anciens raccordés sans terre et matériel électrique placé dans la zone de la douche. L’apparence est trompeuse : la mise en sécurité est indispensable avant toute location.

Trois rapports, trois décisions
Visite

Ce que vous pouvez observer vous-même

Sans être électricien, quelques observations simples complètent la lecture du rapport.

  • l’âge apparent du tableau : fusibles en porcelaine, disjoncteurs anciens ou modernes ;
  • la présence d’un interrupteur différentiel, souvent repérable par un bouton test ;
  • les prises sans broche de terre dans les pièces principales ;
  • les fils apparents, les boîtes ouvertes, les dominos visibles ;
  • les multiprises en cascade, signe d’un manque de prises ;
  • l’éclairage de la salle de bains et la position des prises par rapport à la douche ;
  • les traces de brûlure ou de noircissement autour des prises.

Ces observations ne remplacent pas le diagnostic, mais elles aident à poser les bonnes questions au vendeur.

Négocier

Utiliser le diagnostic dans la négociation

Les anomalies relevées et leur coût de correction sont des arguments objectifs.

Un devis d’électricien établi sur la base du rapport permet de chiffrer la mise en sécurité ou la rénovation. L’acheteur peut demander une réduction de prix, ou que le vendeur réalise lui-même la mise en sécurité avant la vente, avec facture et, idéalement, un nouveau diagnostic. Les anomalies figurant dans le diagnostic sont connues de l’acheteur : elles ne pourront plus fonder un recours ultérieur.

Lisez notre article sur la négociation avec un rapport d’expertise.

Utiliser le diagnostic dans la négociation
Location

Électricité et location

Un logement loué doit être décent, ce qui inclut une installation électrique en bon état et conforme aux normes de sécurité.

Le diagnostic électricité est obligatoire pour la location des logements dont l’installation a plus de quinze ans, avec une validité de six ans. Des anomalies dangereuses peuvent rendre le logement non décent et engager la responsabilité du bailleur en cas d’accident. Pour un investisseur, la mise en sécurité est un préalable à la mise en location.

Lisez notre article sur les studios et chambres de service.

Copropriété

Et les parties communes ?

Le diagnostic ne porte que sur la partie privative de l’installation.

La colonne montante, l’éclairage des parties communes et les installations collectives relèvent de la copropriété ou, selon les cas, du gestionnaire du réseau public. Une colonne montante ancienne peut limiter la puissance disponible pour chaque logement et nécessiter des travaux. Les procès-verbaux d’assemblée générale et le carnet d’entretien renseignent sur ce point.

Lisez notre article sur les parties communes.

Rénovation

Installation « refaite » sans attestation

Un vendeur peut affirmer que l’électricité a été refaite. Sans justificatif, la prudence s’impose.

Une installation entièrement refaite depuis moins de quinze ans peut dispenser du diagnostic si le vendeur fournit une attestation de conformité visée par un organisme agréé. Sans cette attestation, le diagnostic est obligatoire, et il est particulièrement utile : une rénovation faite par un non-professionnel peut présenter des défauts dangereux sous une apparence soignée.

Lisez notre article sur la maison rénovée sans factures.

Tableau électrique moderne avec disjoncteurs différentiels
Usages

Adapter l’installation aux usages actuels

Une installation ancienne n’a pas été conçue pour les équipements d’aujourd’hui.

Plaques à induction, four, lave-vaisselle, pompe à chaleur, borne de recharge de véhicule électrique, climatisation, télétravail : les besoins en puissance et en circuits spécialisés ont beaucoup augmenté. Une installation ancienne sous-dimensionnée multiplie les multiprises et les rallonges, sources d’échauffement.

Évaluez vos besoins futurs avant d’acheter. Après l’été 2026, marqué par 53 jours de vague de chaleur selon Météo-France, l’installation d’une climatisation ou d’une pompe à chaleur réversible est un projet fréquent, qui peut nécessiter une augmentation de puissance et un circuit dédié.

Recours

Un diagnostic incomplet : quels recours ?

Si des anomalies visibles n’ont pas été signalées, la responsabilité du diagnostiqueur peut être recherchée.

Le diagnostiqueur doit contrôler les points prévus par la norme sur les parties visibles et accessibles. Une omission grave sur un point contrôlable peut engager sa responsabilité. En revanche, un défaut caché dans les cloisons ou derrière un doublage ne peut pas lui être reproché.

Le vendeur qui a dissimulé un danger connu peut aussi voir sa responsabilité engagée.

L’expertise

Ce que l’expertise bâtiment apporte

L’expert en bâtiment relit le diagnostic électricité dans le contexte global du logement.

Il observe le tableau, les protections, les prises et l’état apparent de l’installation, vérifie la cohérence avec le diagnostic, et signale les situations à risque dans les pièces humides ou les combles. Il intègre la mise en sécurité ou la rénovation électrique dans l’estimation globale des travaux, et vous aide à décider de l’ordre des chantiers.

Découvrez notre guide de l’expertise pré-achat et notre article sur les diagnostics obligatoires et l’expertise bâtiment.

Check my House

Faire expertiser le bien avant de signer

L’auteur

Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.

Le tarif

Expertise avant achat ou vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise pré-achat.

FAQ

Questions fréquentes

Le diagnostic électricité est-il obligatoire à la vente ?

Oui pour les installations intérieures de plus de quinze ans.

Quelle est sa durée de validité ?

Trois ans pour une vente, six ans pour une location.

Des anomalies empêchent-elles de vendre ?

Non, le diagnostic informe l’acheteur ; il n’impose pas de travaux au vendeur.

Toutes les anomalies sont-elles graves ?

Non, il faut les hiérarchiser : certaines sont urgentes, d’autres à programmer.

Faut-il tout refaire ?

Pas forcément : une mise en sécurité ciblée peut suffire, selon les anomalies et vos projets.

L’absence de terre est-elle dangereuse ?

Elle supprime une protection importante contre les défauts d’isolement. C’est une anomalie prioritaire.

Le diagnostic couvre-t-il la colonne montante ?

Non, il porte uniquement sur l’installation privative.

Une installation refaite dispense-t-elle du diagnostic ?

Seulement avec une attestation de conformité visée, pour une installation de moins de quinze ans.

Un logement avec anomalies peut-il être loué ?

Il doit être décent : les anomalies dangereuses doivent être corrigées avant la location.

Combien coûte l’expertise avant achat ?

650 euros TTC jusqu’à 50 m², puis 3 euros par m² supplémentaire, plus 60 euros de déplacement jusqu’à 100 km et 50 euros de frais de gestion.

Un doute sur un bien ?

Faites-le examiner par un expert en bâtiment indépendant avant de signer.

Sources et références


"Dalles
Diagnostics et réglementation

Amiante dans un logement à acheter : ce que dit le diagnostic et ce qu’il ne dit pas

Blog · Diagnostics et réglementation

Amiante dans un logement à acheter : ce que dit le diagnostic et ce qu’il ne dit pas

Interdit en France depuis 1997, l’amiante reste présent dans de nombreux logements construits avant cette date : dalles de sol, conduits, plaques de toiture, enduits. Le diagnostic amiante remis à la vente informe l’acheteur, mais il ne dit pas tout. Voici comment le lire et ce qu’il implique pour vos futurs travaux.

1er réseau national d’expertise immobilièrePlus de 65 experts formés par l’OFIBRapport certifié sous 96h
Dalles de sol anciennes dans un logement des années 1970

L’essentiel

Pour tout logement dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997, le vendeur doit fournir un état mentionnant la présence ou l’absence de matériaux et produits contenant de l’amiante. Ce repérage porte sur des listes définies de matériaux, visibles et accessibles, sans travaux destructifs. Il ne suffit pas avant des travaux : un repérage amiante avant travaux, plus poussé, est alors exigé. L’acheteur doit lire les conclusions, l’état de conservation et les recommandations, et intégrer l’amiante à son budget de rénovation.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Le contexte

Pourquoi l’amiante est encore présent dans les logements

L’amiante a été massivement utilisé dans la construction pour ses qualités isolantes et sa résistance, jusqu’à son interdiction en France au 1er janvier 1997.

On le trouve dans de nombreux matériaux : flocages et calorifugeages dans certains immeubles, faux plafonds, dalles de sol vinyle et leurs colles, conduits et canalisations en amiante-ciment, plaques de toiture et de façade en fibres-ciment, enduits, joints, mastics, certaines peintures. Les logements construits jusqu’au milieu des années 1990 sont concernés.

L’amiante est dangereux lorsque ses fibres sont libérées dans l’air et inhalées : c’est le cas lorsque les matériaux sont dégradés, percés, poncés, cassés. Un matériau en bon état, non sollicité, présente un risque limité.

Pour l’acheteur, la question n’est donc pas seulement de savoir si le logement contient de l’amiante, mais où, dans quel état, et si ses projets de travaux le concernent.

L’obligation

Le diagnostic obligatoire à la vente

Pour les immeubles bâtis dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997, un état relatif à la présence d’amiante doit être annexé à la promesse ou à l’acte de vente.

Cet état fait partie du dossier de diagnostic technique prévu à l’article L271-4 du Code de la construction et de l’habitation. Il est établi par un diagnostiqueur certifié. En copropriété, il porte sur les parties privatives du lot ; les parties communes relèvent du dossier technique amiante tenu par le syndic.

Lorsqu’il conclut à l’absence d’amiante et qu’il a été réalisé selon les règles en vigueur depuis avril 2013, il n’a pas de limite de validité. S’il conclut à la présence d’amiante, il doit être accompagné du suivi prévu par la réglementation.

Le diagnostic obligatoire à la vente
Les listes

Listes A et B : ce qui est recherché

Le repérage à la vente porte sur des listes définies de matériaux, visibles et accessibles.

Liste A

Flocages, calorifugeages et faux plafonds. Ces matériaux, friables, sont les plus susceptibles de libérer des fibres.

Liste B

Autres matériaux : parois verticales intérieures et enduits, planchers et plafonds, conduits et canalisations, éléments extérieurs comme les toitures, bardages et façades.

Le repérage se fait sans travaux destructifs. Le diagnostiqueur peut réaliser des prélèvements pour analyse, ou conclure sur la base de son jugement pour certains matériaux reconnus.

Conduit ancien en amiante-ciment dans une cave
État

L’état de conservation et les recommandations

Le diagnostic ne se limite pas à dire s’il y a de l’amiante : il évalue l’état des matériaux et formule des recommandations.

Pour les matériaux de la liste A, l’état de conservation conduit, selon les cas, à une évaluation périodique, à une mesure d’empoussièrement de l’air ou à des travaux de retrait ou de confinement. Pour ceux de la liste B, les recommandations vont de l’évaluation périodique à des actions correctives, plus ou moins urgentes selon la dégradation.

Une recommandation de travaux sur un matériau de la liste A est une information importante : elle implique des obligations pour le propriétaire et un coût à prévoir.

Limites

Ce que le diagnostic ne dit pas

Le diagnostic à la vente est un repérage limité. Il ne garantit pas l’absence d’amiante dans tout le logement.

  • il porte sur les matériaux visibles et accessibles, sans démontage ;
  • il ne recherche pas tous les matériaux possibles, seulement ceux des listes réglementaires ;
  • les parties inaccessibles le jour de la visite ne sont pas examinées, ce qui doit être mentionné ;
  • il ne suffit pas avant des travaux, qui exigent un repérage spécifique ;
  • il ne chiffre pas le coût d’un éventuel désamiantage.

Lisez attentivement la partie du rapport qui liste les locaux et éléments non visités : c’est là que peut se trouver ce qui manque.

Ce que le diagnostic ne dit pas
Travaux

Avant des travaux : le repérage amiante avant travaux

Avant certains travaux sur un bâtiment construit avant le 1er juillet 1997, un repérage amiante avant travaux doit être réalisé à l’initiative du donneur d’ordre.

Ce repérage, prévu par le Code du travail pour protéger les travailleurs, est plus poussé que le diagnostic de vente : il porte sur les matériaux concernés par les travaux envisagés, et peut nécessiter des sondages destructifs. Un propriétaire qui commande des travaux de rénovation à une entreprise doit en tenir compte.

Si de l’amiante est présent dans les matériaux à déposer, les travaux doivent être réalisés par une entreprise habilitée, avec des procédures spécifiques. Le coût et les délais augmentent.

Exemples

Trois situations fréquentes

L’amiante intervient souvent là où l’acheteur ne l’attendait pas.

La cuisine à refaire

Un acheteur prévoit de refaire la cuisine d’un appartement des années 1970. Le diagnostic signale des dalles de sol vinyle amiantées en bon état. Plutôt que de les déposer, il fait poser un nouveau revêtement par-dessus, après avis d’un professionnel, ce qui évite un retrait coûteux.

Le garage à transformer

Un autre souhaite transformer un garage en pièce de vie. La toiture en plaques ondulées contient de l’amiante. Son remplacement, nécessaire pour isoler, doit être confié à une entreprise qualifiée, avec un surcoût à intégrer au projet.

La salle de bains ancienne

Dans une maison des années 1980, la rénovation d’une salle de bains révèle des conduits d’évacuation en amiante-ciment encastrés, non visibles lors du diagnostic de vente. Le repérage avant travaux, réalisé avant le chantier, a permis de les identifier et d’organiser leur dépose en sécurité.

Trois situations fréquentes
Négocier

L’amiante dans la négociation

La présence d’amiante sur des matériaux que l’acheteur prévoit de modifier est un argument de négociation légitime.

Si le projet de l’acheteur implique de toucher à des matériaux amiantés, le surcoût lié au repérage avant travaux, aux précautions et éventuellement au retrait peut être estimé et intégré à l’offre. Si les matériaux amiantés sont en bon état et ne seront pas touchés, l’impact est limité.

Le vendeur ne peut pas être tenu responsable d’une information qu’il a correctement transmise. C’est donc avant la signature que l’amiante doit être pris en compte. Lisez notre article sur la négociation avec un rapport d’expertise.

Coût

L’impact sur le budget de rénovation

L’amiante peut transformer un chantier simple en chantier complexe.

Remplacer un revêtement de sol posé sur des dalles amiantées, déposer des plaques de toiture en fibres-ciment, refaire une salle de bains avec des conduits en amiante-ciment : ces travaux imposent des précautions particulières, un repérage préalable, parfois une entreprise certifiée pour le retrait, et l’évacuation des déchets en filière adaptée.

Pour un acheteur qui prévoit une rénovation importante, l’amiante est donc un poste à intégrer au budget. Une alternative est parfois possible, comme le recouvrement d’un sol amianté en bon état plutôt que sa dépose. Lisez notre article sur le budget travaux.

L'impact sur le budget de rénovation
Toiture

Toitures et annexes en fibres-ciment

Les plaques ondulées de fibres-ciment anciennes, fréquentes sur les garages, abris et dépendances, contiennent souvent de l’amiante.

Avec le temps, ces plaques se dégradent, se couvrent de mousse et deviennent friables en surface. Leur nettoyage au nettoyeur haute pression est à proscrire. Leur remplacement impose des précautions. Le diagnostic les signale en liste B lorsqu’elles sont visibles.

Pour une maison avec plusieurs annexes ainsi couvertes, le coût de leur remplacement peut être significatif. Lisez notre article sur les extérieurs et annexes.

Toiture en plaques ondulées de fibres-ciment sur un garage
Copropriété

En copropriété : le dossier technique amiante

Pour les parties communes, le syndic doit tenir à jour un dossier technique amiante, communiqué aux copropriétaires.

Ce dossier recense les matériaux amiantés des parties communes, leur état et les mesures à prendre. Il conditionne les futurs travaux collectifs : ravalement, toiture, colonnes, chaufferie. Des travaux sur des matériaux amiantés augmentent le coût supporté par chaque copropriétaire.

Demandez la fiche récapitulative du dossier technique amiante avant d’acheter. Lisez notre article sur les parties communes et celui sur les copropriétés des années 1960 et 1970.

Vie quotidienne

Vivre dans un logement contenant de l’amiante

La présence d’amiante en bon état n’empêche pas d’habiter un logement, à condition de respecter quelques règles.

  • ne pas percer, poncer, gratter ou casser les matériaux amiantés ;
  • faire appel à un professionnel informé avant tout bricolage sur ces matériaux ;
  • surveiller l’état des matériaux selon les recommandations du diagnostic ;
  • informer les entreprises intervenant dans le logement ;
  • conserver le diagnostic et le transmettre lors d’une future vente.
Recours

Un diagnostic erroné : quels recours ?

Si de l’amiante visible et accessible n’a pas été signalé, la responsabilité du diagnostiqueur peut être recherchée.

Le diagnostiqueur doit réaliser sa mission conformément aux normes et aux listes réglementaires. Une omission sur un matériau qui entrait dans son champ de repérage et qui était accessible peut engager sa responsabilité. En revanche, un matériau caché ou hors des listes ne peut pas lui être reproché.

Le vendeur, s’il connaissait la présence d’amiante non signalée, peut aussi voir sa responsabilité engagée. Lisez notre article sur la clause d’exclusion de garantie.

L’expertise

Ce que l’expertise bâtiment apporte

L’expert en bâtiment ne réalise pas le diagnostic amiante, mais il le lit dans le contexte de vos projets.

Il identifie les matériaux susceptibles de contenir de l’amiante dans les zones où vous prévoyez des travaux, signale les incohérences avec le diagnostic remis, et intègre l’amiante dans l’estimation des travaux. Il vous indique quand un repérage avant travaux sera nécessaire.

Découvrez notre guide de l’expertise pré-achat et notre article sur les diagnostics obligatoires et l’expertise bâtiment.

Check my House

Faire expertiser le bien avant de signer

L’auteur

Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.

Le tarif

Expertise avant achat ou vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise pré-achat.

FAQ

Questions fréquentes

Le diagnostic amiante est-il obligatoire à la vente ?

Oui pour les logements dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997.

Quelle est sa durée de validité ?

Illimitée s’il conclut à l’absence d’amiante selon les règles en vigueur depuis 2013 ; un suivi est requis en cas de présence.

Que sont les listes A et B ?

La liste A regroupe flocages, calorifugeages et faux plafonds ; la liste B les autres matériaux du bâtiment.

Le diagnostic garantit-il l’absence d’amiante ?

Non, il porte sur les matériaux visibles et accessibles des listes réglementaires.

Faut-il un autre repérage avant travaux ?

Oui, un repérage amiante avant travaux est exigé avant certains travaux.

L’amiante est-il dangereux en bon état ?

Le risque est limité tant que les matériaux ne sont pas dégradés ou sollicités.

Peut-on recouvrir un sol amianté ?

Dans certains cas, le recouvrement d’un sol en bon état est une alternative à la dépose.

Qu’est-ce que le dossier technique amiante ?

Le document tenu par le syndic qui recense l’amiante dans les parties communes.

Le désamiantage coûte-t-il cher ?

Il augmente sensiblement le coût et la durée des travaux concernés.

Combien coûte l’expertise avant achat ?

650 euros TTC jusqu’à 50 m², puis 3 euros par m² supplémentaire, plus 60 euros de déplacement jusqu’à 100 km et 50 euros de frais de gestion.

Un doute sur un bien ?

Faites-le examiner par un expert en bâtiment indépendant avant de signer.

Sources et références

  • Code de la construction et de l’habitation, article L271-4
  • Code de la santé publique, articles R1334-14 et suivants
  • Code du travail, repérage avant travaux (article R4412-97)
  • Service-Public, diagnostic amiante


"Appartement
Diagnostics et réglementation

Acheter une passoire thermique pour louer : le calendrier 2025 à 2034

Blog · Diagnostics et réglementation

Acheter une passoire thermique pour louer : le calendrier 2025 à 2034

Les logements les plus énergivores sont progressivement exclus du marché locatif. Pour un investisseur, acheter une passoire thermique peut être une opportunité, à condition de connaître précisément le calendrier, les travaux nécessaires et leur faisabilité. Voici ce qu’il faut savoir avant d’acheter un logement classé E, F ou G pour le louer.

1er réseau national d’expertise immobilièrePlus de 65 experts formés par l’OFIBRapport certifié sous 96h
Appartement ancien énergivore avec simple vitrage et vieux radiateurs

L’essentiel

Depuis la loi Climat et résilience, un logement doit atteindre un niveau minimal de performance énergétique pour être décent, donc louable comme résidence principale. En métropole, les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location depuis le 1er janvier 2025, les logements classés F ne le pourront plus à partir du 1er janvier 2028, et les logements classés E à partir du 1er janvier 2034. Les loyers des logements F et G sont gelés depuis août 2022. Acheter pour louer impose donc de chiffrer les travaux nécessaires et de vérifier qu’ils sont techniquement et juridiquement réalisables.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Le cadre

La performance énergétique, critère de décence

La loi Climat et résilience du 22 août 2021 a intégré la performance énergétique dans la définition du logement décent.

Un bailleur doit remettre au locataire un logement décent. Depuis cette loi, un niveau minimal de performance énergétique fait partie des critères de décence, avec un seuil qui se durcit progressivement. Un logement qui ne respecte pas le seuil en vigueur ne peut plus faire l’objet d’un nouveau bail, d’un renouvellement ou d’une reconduction tacite comme résidence principale.

Le locataire d’un logement non décent peut demander au bailleur sa mise en conformité et, à défaut, saisir le juge, qui peut ordonner des travaux et réduire le loyer.

Pour un investisseur, l’étiquette énergétique n’est donc plus un simple indicateur de charges : elle conditionne la possibilité même de percevoir un loyer, et doit être examinée avant toute offre.

Calendrier

Le calendrier en métropole

L’interdiction de mise en location progresse classe par classe.

  • depuis le 1er janvier 2023 : logements dont la consommation d’énergie finale dépasse 450 kWh par m² et par an ;
  • depuis le 1er janvier 2025 : logements classés G ;
  • à partir du 1er janvier 2028 : logements classés F ;
  • à partir du 1er janvier 2034 : logements classés E.

Un calendrier spécifique, plus tardif, s’applique dans les départements d’outre-mer. L’interdiction s’applique aux nouveaux baux et aux renouvellements ; un bail en cours se poursuit jusqu’à son terme, mais il ne pourra pas être renouvelé si le logement n’est pas conforme.

Le calendrier en métropole
Loyers

Le gel des loyers des logements F et G

Depuis le 24 août 2022, en métropole, les loyers des logements classés F et G ne peuvent plus être augmentés.

Ce gel s’applique à la révision annuelle, à la relocation et au renouvellement du bail. Pour un investisseur, il limite la progression des revenus locatifs tant que les travaux ne sont pas réalisés. Il s’ajoute, dans certaines communes, à l’encadrement des loyers.

Ce point doit être intégré au calcul de rentabilité dès l’achat, au même titre que le coût des travaux.

Il ne s’applique qu’aux logements dont le DPE affiche F ou G à la date concernée.

DPE 2026

L’effet du nouveau coefficient électricité

Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9, ce qui améliore l’étiquette de nombreux logements chauffés à l’électricité.

Un studio chauffé par convecteurs, classé G avec l’ancien calcul, peut désormais afficher une étiquette F ou E. Il redevient alors louable, au moins jusqu’à l’échéance de sa nouvelle classe. Une attestation gratuite de nouvelle étiquette peut être obtenue via l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe pour les DPE établis avant 2026.

Pour l’investisseur, il est indispensable de vérifier l’étiquette avec le nouveau calcul avant d’acheter, et d’évaluer la marge par rapport aux seuils futurs. Lisez notre article sur le DPE 2026.

L'effet du nouveau coefficient électricité
Opportunité

Une opportunité, sous conditions

Les passoires thermiques se négocient souvent avec une décote. Elle n’est une bonne affaire que si les travaux sont réalisables et chiffrés.

Un logement classé F ou G peut être acheté moins cher que des biens comparables mieux classés. Si les travaux nécessaires pour atteindre une classe suffisante sont maîtrisables, l’investisseur peut créer de la valeur. Mais si les travaux sont lourds, dépendent de la copropriété ou se heurtent à des contraintes techniques, la décote peut être insuffisante.

Le calcul doit intégrer le prix, les travaux, la durée sans loyer pendant le chantier, les aides éventuelles et le loyer après travaux.

Méthode

La méthode de calcul d’un investisseur prudent

Avant toute offre, l’investisseur doit raisonner sur le coût global, pas sur le seul prix affiché.

  • le prix d’achat et les frais d’acquisition ;
  • le coût des travaux nécessaires pour atteindre au moins la classe exigée à l’horizon de détention, et idéalement au-delà ;
  • les travaux non énergétiques révélés par l’expertise : électricité, humidité, sécurité ;
  • la durée du chantier et la perte de loyers correspondante ;
  • les appels de fonds de copropriété prévus au plan pluriannuel ;
  • le loyer réaliste après travaux, compte tenu du gel éventuel et de l’encadrement local ;
  • les aides mobilisables, sans les considérer comme acquises.

Viser directement une classe supérieure à l’exigence immédiate évite d’avoir à refaire des travaux quelques années plus tard, lorsque le seuil suivant entrera en vigueur. Un logement remis en classe E en 2026 devra encore progresser avant 2034.

La méthode de calcul d'un investisseur prudent
Calendrier travaux

Organiser les travaux dans le bon ordre

Le bon ordre des travaux évite les dépenses inutiles et les désordres.

La logique générale est de traiter d’abord l’enveloppe, puis les équipements : isoler et remplacer les menuiseries avant de dimensionner un nouveau système de chauffage, qui pourra alors être plus petit et moins cher. La ventilation doit accompagner l’amélioration de l’étanchéité à l’air. Les travaux qui relèvent de la copropriété peuvent imposer un calendrier différent.

Pour un logement déjà loué, les travaux supposent l’accord et l’information du locataire, voire son relogement temporaire. Acheter un logement vide simplifie l’organisation du chantier.

Travaux

Quels travaux pour gagner une ou deux classes ?

Les leviers dépendent du type de logement, de son mode de chauffage et de sa situation dans l’immeuble.

Isolation

Combles ou toiture, murs, planchers bas : les postes les plus efficaces dans une maison.

Menuiseries

Remplacement des fenêtres anciennes, avec entrées d’air adaptées.

Chauffage et eau chaude

Remplacement des convecteurs anciens, pompe à chaleur, chauffe-eau thermodynamique : gains importants sur l’étiquette.

Ventilation

Indispensable dès que l’on isole et que l’on remplace les fenêtres, pour éviter la condensation.

L’audit énergétique, obligatoire à la vente des maisons classées E, F ou G, propose des scénarios. Lisez notre article sur l’audit énergétique.

Travaux de rénovation énergétique dans un appartement
Copropriété

En copropriété : ce qui dépend du lot et ce qui dépend de l’immeuble

Dans un appartement, une partie des travaux les plus efficaces relève des parties communes.

L’isolation des façades, de la toiture et des planchers bas, le remplacement d’un chauffage collectif ou de fenêtres classées parties communes sont des décisions de l’assemblée générale. Le propriétaire d’un lot ne peut agir que sur ce qui relève de son logement : équipements de chauffage individuels, eau chaude, isolation intérieure, menuiseries privatives, ventilation.

Avant d’acheter, il faut donc vérifier si les travaux nécessaires sont réalisables dans le lot, et ce que prévoit le plan pluriannuel de travaux. Lisez notre article sur le plan pluriannuel de travaux.

Contraintes

Les contraintes techniques à anticiper

Certains logements sont difficiles à rénover énergétiquement.

  • petites surfaces où l’isolation intérieure réduit la surface sous le seuil de décence ;
  • façades protégées interdisant l’isolation extérieure ;
  • bâti ancien sensible à l’humidité, qui exige des solutions adaptées ;
  • impossibilité d’installer une unité extérieure de pompe à chaleur ;
  • copropriété réticente à voter des travaux ;
  • présence d’amiante dans les matériaux à déposer.

Ces contraintes doivent être identifiées avant l’achat. Lisez notre article sur les studios et chambres de service.

Les contraintes techniques à anticiper
Pathologies

Ne pas oublier l’état du bâti

Un logement énergivore est souvent un logement ancien, qui peut présenter d’autres défauts.

Humidité, électricité ancienne, plomb dans les peintures, toiture vieillissante, fissures : la décence ne se limite pas à l’énergie. Les travaux de rénovation énergétique révèlent aussi souvent des problèmes cachés, qui augmentent le budget.

Après l’été 2026, le plus chaud mesuré en France depuis 1900 selon Météo-France, le confort d’été devient aussi un critère d’attractivité locative, en particulier pour les derniers étages.

Négocier

Négocier l’achat d’une passoire thermique

La négociation doit s’appuyer sur un budget de travaux réaliste et documenté.

Le coût des travaux nécessaires pour atteindre une classe compatible avec la location, la perte de loyers pendant le chantier, le gel des loyers et les incertitudes liées à la copropriété sont des arguments objectifs. L’audit énergétique, le DPE et un rapport d’expertise fournissent la base documentaire.

Lisez notre article sur la négociation avec un rapport d’expertise.

Revente

Penser aussi à la revente

Un logement rénové et bien classé se revend plus facilement ; un logement non rénové voit son public d’acheteurs se réduire à chaque échéance.

À chaque étape du calendrier, les logements qui n’ont pas été rénovés perdent une partie de leurs acheteurs potentiels, notamment les investisseurs. À l’inverse, un logement rénové avec des travaux documentés, des factures et un nouveau DPE favorable bénéficie d’un avantage durable. L’investisseur a intérêt à conserver tous les justificatifs, qui valoriseront le bien lors de la revente.

Maison

Maison individuelle : plus de leviers, plus de responsabilités

Dans une maison, le propriétaire maîtrise tous les travaux, mais il en supporte seul le coût.

Isolation des combles et des murs, remplacement des fenêtres, changement de chauffage, ventilation : tous les leviers sont disponibles. L’audit énergétique fournit un parcours de travaux. Il faut vérifier que la structure, la toiture et l’état des murs permettent ces travaux sans désordre, notamment sur une maison ancienne.

Lisez notre article sur la maison en pierre ancienne.

L’expertise

Le rôle de l’expertise pour un investisseur

L’expertise relie la performance énergétique à l’état réel du logement et à la faisabilité des travaux.

L’expert vérifie l’état du bâti, l’humidité, la ventilation, les menuiseries, l’électricité apparente, l’isolation visible, la surface et la hauteur sous plafond, puis évalue la faisabilité des travaux énergétiques envisagés et les risques associés. Il signale ce qui relève du lot et ce qui relève de la copropriété.

Découvrez notre guide de l’expertise pré-achat et notre article sur le budget travaux.

Check my House

Faire expertiser le bien avant de signer

L’auteur

Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.

Le tarif

Expertise avant achat ou vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise pré-achat.

FAQ

Questions fréquentes

Peut-on encore louer un logement classé G ?

Non, en métropole, les logements G ne peuvent plus faire l’objet d’un nouveau bail depuis le 1er janvier 2025.

Quand les logements F seront-ils interdits à la location ?

À partir du 1er janvier 2028.

Et les logements E ?

À partir du 1er janvier 2034.

Le loyer d’un logement F peut-il augmenter ?

Non, les loyers des logements F et G sont gelés depuis le 24 août 2022 en métropole.

Un bail en cours est-il résilié ?

Non, il se poursuit, mais il ne pourra pas être renouvelé si le logement n’est pas conforme.

Le nouveau coefficient électricité peut-il aider ?

Oui, il améliore l’étiquette de nombreux logements chauffés à l’électricité depuis le 1er janvier 2026.

Quels travaux sont les plus efficaces ?

Selon les cas, isolation, chauffage et eau chaude performants, menuiseries et ventilation.

En copropriété, puis-je tout faire moi-même ?

Non, les travaux sur les parties communes relèvent de l’assemblée générale.

Acheter une passoire est-il une bonne affaire ?

Seulement si les travaux sont réalisables, chiffrés et intégrés au prix.

Combien coûte l’expertise avant achat ?

650 euros TTC jusqu’à 50 m², puis 3 euros par m² supplémentaire, plus 60 euros de déplacement jusqu’à 100 km et 50 euros de frais de gestion.

Un doute sur un bien ?

Faites-le examiner par un expert en bâtiment indépendant avant de signer.

Sources et références


"Maison
Diagnostics et réglementation

Audit énergétique obligatoire à la vente : comment l’utiliser pour négocier

Blog · Diagnostics et réglementation

Audit énergétique obligatoire à la vente : comment l’utiliser pour négocier

Depuis 2023, la vente d’une maison classée F ou G s’accompagne d’un audit énergétique, étendu aux maisons classées E depuis le 1er janvier 2025. Plus détaillé que le DPE, il propose des scénarios de travaux chiffrés. Pour l’acheteur, c’est un document précieux pour évaluer le budget de rénovation et négocier le prix, à condition de savoir le lire et d’en connaître les limites.

1er réseau national d’expertise immobilièrePlus de 65 experts formés par l’OFIBRapport certifié sous 96h
Maison ancienne mal isolée examinée par un auditeur avec une caméra thermique

L’essentiel

L’audit énergétique réglementaire est obligatoire à la vente des maisons individuelles et des immeubles en monopropriété classés F ou G depuis le 1er avril 2023, et E depuis le 1er janvier 2025 ; il le sera pour la classe D à partir du 1er janvier 2034. Il décrit l’état énergétique du logement et propose au moins deux scénarios de travaux chiffrés, dont un par étapes, avec les gains attendus. L’acheteur peut s’en servir pour estimer le coût de la rénovation et négocier, en le complétant par une expertise de l’état du bâti.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Le cadre

Qu’est-ce que l’audit énergétique réglementaire ?

C’est une étude énergétique approfondie du logement, réalisée par un professionnel qualifié, qui propose des parcours de travaux pour améliorer sa performance.

Instauré par la loi Climat et résilience, l’audit est remis par le vendeur à l’acquéreur potentiel dès la première visite, puis annexé à la promesse ou à l’acte de vente. Il complète le DPE, qui reste obligatoire. Il est réalisé par des professionnels qualifiés pour cette mission, comme certains bureaux d’études, architectes, entreprises ou diagnostiqueurs disposant de la qualification requise.

L’audit a une durée de validité de cinq ans. Il n’oblige ni le vendeur ni l’acheteur à réaliser les travaux : c’est un document d’information.

Pour l’acheteur, il s’agit d’une information gratuite, déjà payée par le vendeur, qui mérite une lecture attentive avant toute offre.

Calendrier

Quels logements sont concernés, et depuis quand ?

L’obligation concerne les maisons individuelles et les immeubles en monopropriété, selon leur étiquette DPE.

  • depuis le 1er avril 2023 : logements classés F ou G ;
  • depuis le 1er janvier 2025 : logements classés E ;
  • à partir du 1er janvier 2034 : logements classés D.

Les appartements en copropriété ne sont pas concernés par cet audit individuel ; les copropriétés relèvent du DPE collectif et du plan pluriannuel de travaux. Depuis le 1er janvier 2026, le nouveau coefficient de l’électricité peut faire changer certaines maisons de classe, et donc modifier l’obligation. Lisez notre article sur le DPE 2026.

Quels logements sont concernés, et depuis quand ?
Contenu

Ce que contient l’audit

L’audit va beaucoup plus loin que le DPE dans l’analyse et les propositions.

L’état des lieux

Description de l’enveloppe, des équipements, des consommations estimées et des principales déperditions.

Les scénarios de travaux

Au moins deux parcours : l’un par étapes, l’autre en une fois, visant à terme une rénovation performante.

Les gains attendus

Pour chaque étape, la nouvelle classe énergétique estimée et la baisse de consommation.

Les coûts

Une estimation du coût des travaux par étape.

Les aides

Une indication des aides financières mobilisables, sous réserve des conditions en vigueur.

Image thermique d'une façade montrant des déperditions
Lire

Lire l’audit en tant qu’acheteur

Quelques questions permettent d’extraire l’essentiel.

  • Quelles sont les trois principales sources de déperdition ?
  • Quels travaux composent la première étape, et quelle classe permet-elle d’atteindre ?
  • Quel est le coût estimé de la première étape, et de l’ensemble ?
  • Les travaux proposés sont-ils compatibles avec le bâti, notamment s’il est ancien ?
  • La ventilation est-elle prévue en même temps que l’isolation ?
  • L’audit signale-t-il des points non vérifiés ?

Comparer les scénarios permet de choisir entre une rénovation progressive, étalée dans le temps, et une rénovation globale, plus coûteuse mais plus cohérente.

Négocier

Utiliser l’audit dans la négociation

L’audit fournit une base chiffrée, établie par un professionnel, pour discuter du prix.

Le coût estimé des travaux nécessaires pour sortir le logement des classes les plus basses est un argument objectif. L’acheteur peut le mettre en regard du prix demandé et des prix de biens comparables mieux classés. Le vendeur, de son côté, sait que l’information est connue de tous les acquéreurs.

Il faut néanmoins garder à l’esprit que les coûts de l’audit sont des estimations, parfois éloignées des devis réels, et que l’audit ne tient pas compte des autres travaux éventuellement nécessaires. Lisez notre article sur la négociation avec un rapport d’expertise.

Utiliser l'audit dans la négociation
Exemple

Un exemple de lecture

Voici comment un acheteur peut transformer un audit en décision.

Une maison des années 1960 classée F est mise en vente. L’audit identifie comme principales déperditions les murs non isolés, la toiture faiblement isolée et les menuiseries anciennes. Le scénario par étapes propose d’abord l’isolation des combles et le remplacement de la chaudière, pour atteindre la classe D, puis l’isolation des murs par l’extérieur et le remplacement des fenêtres, pour atteindre une classe performante.

L’acheteur retient le coût estimé de la première étape comme minimum à intégrer à son budget, et le coût total comme horizon. Il fait vérifier par un expert que la charpente peut recevoir l’isolation des combles, que les façades ne présentent pas de fissures actives avant une isolation extérieure, et que la ventilation est prévue. Il formule ensuite une offre qui tient compte de ces éléments, documents à l’appui.

Qualité

Juger la qualité d’un audit

Tous les audits ne se valent pas. Quelques indices permettent d’en apprécier le sérieux.

  • la présence de photos du logement et de ses équipements ;
  • une description précise des parois, avec leur composition ;
  • des scénarios adaptés au type de construction plutôt que génériques ;
  • des coûts détaillés poste par poste ;
  • la prise en compte de la ventilation et du confort d’été ;
  • la mention des points non vérifiés, comme des combles inaccessibles ;
  • l’identité et la qualification de l’auditeur.

Un audit très court, sans photo, avec des scénarios standard et des coûts globaux, a été réalisé rapidement. Il donne une indication, mais il doit être complété avant de prendre une décision engageante.

Juger la qualité d'un audit
Limites

Les limites de l’audit

L’audit est un document énergétique. Il ne dit rien de l’état structurel, de l’humidité ou des pathologies du bâti.

Un auditeur peut proposer d’isoler par l’intérieur des murs qui présentent des remontées capillaires, sans que l’humidité ait été traitée, ce qui risque de l’aggraver. Il peut proposer une isolation par l’extérieur sur une façade fissurée par des mouvements de sol. Il ne vérifie pas l’état de la charpente qui recevra l’isolation des rampants, ni celui de l’installation électrique.

Les coûts estimés sont souvent calculés sur des ratios moyens, sans prise en compte des contraintes réelles du chantier : accès, désamiantage, reprises de structure, finitions.

Bâti ancien

Audit et bâti ancien : une vigilance particulière

Les maisons anciennes en pierre, en terre ou en pans de bois demandent des solutions adaptées.

Les isolants étanches à la vapeur et les enduits ciment peuvent piéger l’humidité dans les murs anciens et provoquer des désordres. Les professionnels du bâti ancien privilégient des solutions perméables à la vapeur et le traitement préalable des causes d’humidité. Un audit qui ne tient pas compte de ces spécificités doit être relu avec prudence.

Lisez notre article sur la maison en pierre ancienne.

Isolation thermique par l'extérieur d'une maison
Vendeur

Côté vendeur : l’audit comme outil de vente

Pour le vendeur, l’audit est une obligation, mais il peut aussi devenir un argument.

Un audit précis, accompagné de devis d’entreprises et d’informations sur les aides, rassure l’acheteur et limite les négociations excessives fondées sur des estimations approximatives. Le vendeur qui a déjà réalisé une partie des travaux recommandés, avec factures, peut faire réaliser un nouveau DPE et, le cas échéant, sortir de l’obligation d’audit.

Lisez notre article sur l’expertise avant vente.

Ventilation

Isoler sans ventiler : l’erreur à éviter

Une maison mieux isolée et plus étanche à l’air doit être mieux ventilée.

Remplacer les fenêtres, isoler les murs et les combles réduit les infiltrations d’air parasites qui assuraient, tant bien que mal, le renouvellement de l’air. Sans ventilation adaptée, l’humidité produite par les occupants se condense et provoque des moisissures. L’audit doit prévoir la ventilation dans le parcours de travaux ; vérifiez qu’il le fait.

Une VMC simple flux hygroréglable ou une VMC double flux sont les solutions les plus courantes, selon la configuration.

Isoler sans ventiler : l'erreur à éviter
Aides

Les aides à la rénovation

L’audit indique les aides mobilisables, mais leurs conditions évoluent régulièrement.

Des aides publiques à la rénovation énergétique existent, avec des conditions de ressources, de travaux et d’accompagnement qui changent selon les années. L’accompagnement par un professionnel agréé peut être exigé pour les rénovations d’ampleur. Avant d’intégrer une aide dans son plan de financement, il faut vérifier les conditions en vigueur au moment des travaux, auprès du service public France Rénov’.

Pour les maisons exposées au retrait-gonflement des argiles, une aide expérimentale à la prévention a été mise en place en 2025 dans onze départements, sous conditions. Lisez notre article sur le retrait-gonflement des argiles.

Location

Acheter pour louer : l’audit comme feuille de route

Pour un investisseur, l’audit indique les travaux nécessaires pour respecter le calendrier d’interdiction de location.

Un logement classé G ne peut plus être proposé à la location depuis le 1er janvier 2025, un logement classé F ne le pourra plus à partir du 1er janvier 2028, un logement classé E à partir du 1er janvier 2034. L’audit indique les travaux de la première étape et leur coût, qui conditionnent la mise en location. Lisez notre article sur les passoires thermiques.

Été 2026

Confort d’été : un critère à ajouter

L’été 2026 a rappelé que la rénovation doit aussi protéger de la chaleur.

Avec 53 jours de vague de chaleur selon Météo-France, l’été 2026 a été le plus chaud mesuré en France depuis 1900. Une rénovation qui isole bien en hiver mais ne prévoit pas de protections solaires ou qui supprime l’inertie peut dégrader le confort d’été. Lors de la lecture de l’audit, vérifiez que les protections solaires et la ventilation nocturne sont envisagées, notamment pour les combles aménagés.

L’expertise

Audit et expertise bâtiment : deux regards complémentaires

L’audit dit comment améliorer la performance énergétique. L’expertise dit dans quel état est le bâti qui recevra ces travaux.

L’expert en bâtiment vérifie la structure, la toiture, l’humidité, les fissures, l’électricité apparente, puis relit les scénarios de l’audit à la lumière de ses constats : compatibilité avec le bâti, travaux préalables nécessaires, postes oubliés. L’acheteur obtient ainsi une vision complète du budget de rénovation.

Découvrez notre guide de l’expertise pré-achat et notre article sur le budget travaux.

Check my House

Faire expertiser le bien avant de signer

L’auteur

Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.

Le tarif

Expertise avant achat ou vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise pré-achat.

FAQ

Questions fréquentes

L’audit énergétique est-il obligatoire à la vente ?

Oui pour les maisons et monopropriétés classées F ou G depuis 2023, et E depuis le 1er janvier 2025.

Les appartements sont-ils concernés ?

Non, les lots de copropriété ne sont pas soumis à cet audit individuel.

Quand l’audit doit-il être remis ?

Dès la première visite, puis annexé à la promesse ou à l’acte de vente.

Combien de temps l’audit est-il valable ?

Cinq ans.

L’audit oblige-t-il à faire les travaux ?

Non, c’est un document d’information.

Les coûts de l’audit sont-ils fiables ?

Ce sont des estimations, à confirmer par des devis et à compléter par les autres travaux nécessaires.

L’audit tient-il compte de l’humidité ?

Non, il ne porte pas sur les pathologies du bâti. L’expertise le complète.

Quand l’audit sera-t-il obligatoire pour la classe D ?

À partir du 1er janvier 2034.

Les aides indiquées sont-elles garanties ?

Non, leurs conditions évoluent. Il faut les vérifier au moment des travaux.

Combien coûte l’expertise avant achat ?

650 euros TTC jusqu’à 50 m², puis 3 euros par m² supplémentaire, plus 60 euros de déplacement jusqu’à 100 km et 50 euros de frais de gestion.

Un doute sur un bien ?

Faites-le examiner par un expert en bâtiment indépendant avant de signer.

Sources et références


"Logement
Diagnostics et réglementation

DPE 2026 : le nouveau coefficient électricité change la donne pour l’acheteur

Blog · Diagnostics et réglementation

DPE 2026 : le nouveau coefficient électricité change la donne pour l’acheteur

Depuis le 1er janvier 2026, le diagnostic de performance énergétique ne calcule plus de la même manière la consommation des logements chauffés à l’électricité. Le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Des centaines de milliers de logements changent d’étiquette sans le moindre travaux. Ce qu’un acheteur doit en comprendre.

1er réseau national d’expertise immobilièrePlus de 65 experts formés par l’OFIBRapport certifié sous 96h
Logement chauffé à l'électricité avec radiateurs et étiquette énergie

L’essentiel

Le DPE exprime la consommation d’un logement en énergie primaire, en appliquant à l’électricité un coefficient de conversion. Ce coefficient est passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026, ce qui améliore mécaniquement l’étiquette des logements chauffés ou équipés à l’électricité, parfois d’une classe. Pour l’acheteur, l’étiquette affichée doit être lue avec sa date et son mode de calcul, et ne remplace pas l’examen de l’isolation, de la ventilation et de l’état réel du bâti.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Le principe

Énergie finale, énergie primaire : de quoi parle-t-on ?

Le DPE classe les logements selon leur consommation d’énergie primaire et leurs émissions de gaz à effet de serre. Pour l’électricité, il faut convertir l’énergie consommée en énergie primaire.

L’énergie finale est celle qui est facturée : les kilowattheures d’électricité, de gaz ou de fioul consommés. L’énergie primaire tient compte de l’énergie nécessaire pour produire et acheminer cette énergie finale. Pour le gaz ou le fioul, le coefficient est de 1. Pour l’électricité, il était de 2,3 : un kilowattheure consommé comptait pour 2,3 kilowattheures d’énergie primaire.

Ce coefficient pénalisait fortement les logements chauffés à l’électricité, notamment les petites surfaces équipées de convecteurs et de ballons d’eau chaude, nombreuses dans les classes F et G.

Le changement de coefficient ne modifie donc pas les logements eux-mêmes, mais la façon dont leur performance est mesurée et affichée. Pour un acheteur, cette nuance est essentielle au moment de comparer deux biens.

Le changement

Ce qui a changé au 1er janvier 2026

Le coefficient de conversion de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9 pour les DPE établis depuis le 1er janvier 2026.

Cette évolution réduit la consommation d’énergie primaire calculée pour tous les usages électriques : chauffage, eau chaude, refroidissement, éclairage, auxiliaires. Elle ne change rien aux consommations réelles ni aux factures. Elle modifie seulement la façon dont la consommation est traduite en étiquette.

Selon les estimations publiées lors de la réforme, environ 850 000 logements chauffés à l’électricité sortiraient ainsi des classes F et G. Pour un logement donné, le gain dépend de la part de l’électricité dans ses consommations et de sa position par rapport aux seuils de classe.

Il a été décidé pour mieux refléter le mix de production électrique français.

Pompe à chaleur air eau à l'extérieur d'une maison
Exemple

Un exemple théorique pour comprendre

Un calcul simple montre l’effet du nouveau coefficient sur un logement tout électrique.

Prenons un logement théorique qui consomme 10 000 kilowattheures d’électricité par an, tous usages confondus. Avec l’ancien coefficient, cette consommation comptait pour 23 000 kilowattheures d’énergie primaire. Avec le nouveau, elle compte pour 19 000 kilowattheures, soit une baisse de 4 000 kilowattheures, ou environ 17 %, sans aucun changement dans le logement.

Rapportée à la surface, cette baisse peut suffire à franchir un seuil de classe si le logement était proche de la limite. Elle peut aussi ne rien changer si le logement était au milieu d’une classe. L’étiquette retenue dépend en outre des émissions de gaz à effet de serre, l’étiquette finale étant la plus défavorable des deux indicateurs. C’est pourquoi chaque situation doit être vérifiée individuellement.

Ancien DPE

Et les DPE réalisés avant 2026 ?

Un DPE réalisé avant le 1er janvier 2026 reste valable, mais son étiquette a été calculée avec l’ancien coefficient.

Les propriétaires concernés peuvent obtenir une attestation gratuite indiquant la nouvelle étiquette, calculée avec le coefficient de 1,9, via le service mis en place par l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe, sans refaire le diagnostic. Le DPE d’origine conserve sa durée de validité de dix ans.

Pour l’acheteur, il est donc important de vérifier la date du DPE remis et, s’il est antérieur à 2026 et que le logement est chauffé à l’électricité, de demander au vendeur s’il a obtenu l’attestation de la nouvelle étiquette. Les DPE établis avant le 1er juillet 2021 ne sont plus valables aujourd’hui.

Et les DPE réalisés avant 2026 ?
Location

Les conséquences pour un projet locatif

L’étiquette conditionne la possibilité de louer. Le changement de coefficient peut faire sortir un logement de l’interdiction.

La loi Climat et résilience a fixé un calendrier : les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location depuis le 1er janvier 2025, les logements classés F ne le pourront plus à partir du 1er janvier 2028, et les logements classés E à partir du 1er janvier 2034. Un studio chauffé à l’électricité, classé G en 2025, peut avoir basculé en F ou en E avec le nouveau coefficient, et redevenir louable.

Mais attention à ne pas confondre étiquette et confort : un logement mal isolé reste coûteux à chauffer et inconfortable, ce que le locataire constatera. Lisez notre article sur les passoires thermiques.

Prix

Les conséquences sur le prix

L’étiquette DPE influence les prix. Une amélioration d’étiquette sans travaux peut modifier la négociation.

Les logements classés F et G se négocient généralement avec une décote, liée aux travaux à prévoir et aux contraintes de location. Un logement qui gagne une classe grâce au nouveau coefficient peut voir cette décote se réduire. Le vendeur peut mettre en avant la nouvelle étiquette ; l’acheteur doit rappeler que les travaux d’isolation restent, eux, nécessaires si le bâti est peu performant.

C’est la raison pour laquelle l’étiquette ne doit jamais être le seul critère : il faut regarder ce qui la compose.

Les conséquences sur le prix
Lire le DPE

Lire un DPE au-delà de l’étiquette

Le rapport de DPE contient des informations bien plus utiles que la seule lettre.

  • la date d’établissement et la méthode de calcul ;
  • la répartition des consommations par usage : chauffage, eau chaude, refroidissement ;
  • la description de l’enveloppe : murs, toiture, planchers, menuiseries, et leur isolation ;
  • les déperditions principales, poste par poste ;
  • le système de chauffage et sa date d’installation ;
  • le confort d’été, désormais évalué ;
  • les recommandations de travaux et leur ordre de priorité ;
  • l’estimation des coûts annuels d’énergie, en fourchette.

Un DPE qui décrit des murs non isolés, une toiture peu isolée et des fenêtres en simple vitrage annonce des travaux, quelle que soit la lettre finale.

Pompe à chaleur

Pompe à chaleur et électricité : un double effet

Les logements équipés d’une pompe à chaleur bénéficient à la fois de son rendement et du nouveau coefficient.

Une pompe à chaleur produit plusieurs kilowattheures de chaleur pour un kilowattheure d’électricité consommé. Combinée au coefficient de 1,9, elle peut améliorer sensiblement l’étiquette d’un logement. Pour l’acheteur, il faut néanmoins vérifier l’âge, l’entretien et le dimensionnement de l’équipement, ainsi que l’isolation du logement, sans laquelle la pompe à chaleur fonctionne mal.

L’expert observe l’unité extérieure, son implantation, les nuisances sonores éventuelles pour le voisinage, et demande les factures d’entretien.

Isolation des combles d'une maison
Petites surfaces

Les petites surfaces, premières concernées

Les studios et petits appartements chauffés à l’électricité sont les principaux bénéficiaires du changement.

Dans un petit logement, l’eau chaude sanitaire pèse lourd dans la consommation rapportée à la surface. Les seuils avaient déjà été ajustés pour les logements de moins de 40 m² depuis le 1er juillet 2024. Le nouveau coefficient s’y ajoute. De nombreux studios classés G en 2024 peuvent aujourd’hui afficher une étiquette meilleure.

Lisez notre article sur les studios et chambres de service.

Audit

DPE et audit énergétique à la vente

Pour les maisons et immeubles en monopropriété classés E, F ou G, un audit énergétique est obligatoire à la vente.

L’audit énergétique, plus détaillé que le DPE, propose des scénarios de travaux pour atteindre une meilleure classe. Il est obligatoire pour les logements classés F ou G depuis le 1er avril 2023 et pour ceux classés E depuis le 1er janvier 2025. Un logement qui passe de F à E grâce au nouveau coefficient reste soumis à l’audit, puisque la classe E est concernée.

Lisez notre article sur l’audit énergétique obligatoire à la vente.

DPE et audit énergétique à la vente
Copropriété

DPE collectif et copropriété

En copropriété, le DPE collectif de l’immeuble et le plan pluriannuel de travaux complètent le DPE du lot.

Le DPE collectif est devenu obligatoire pour toutes les tailles de copropriétés, les plus petites en 2026. Il éclaire l’état de l’enveloppe commune et les travaux collectifs possibles, comme l’isolation des façades ou de la toiture, qui amélioreront l’étiquette de chaque lot. Lisez notre article sur le plan pluriannuel de travaux.

Été 2026

Le confort d’été, l’autre critère à regarder

Après l’été 2026, le plus chaud mesuré en France depuis 1900 selon Météo-France, le confort d’été est devenu un critère d’achat.

Le DPE comporte une évaluation du confort d’été, à partir de l’inertie, des protections solaires et de l’isolation de la toiture. Cette indication reste sommaire, mais elle attire l’attention sur les logements exposés, comme les derniers étages et les maisons à forte surface vitrée. Les 53 jours de vague de chaleur de l’été 2026 ont montré l’importance de ce critère.

Lisez notre article sur l’appartement au dernier étage.

Le confort d'été, l'autre critère à regarder
Limites

Ce que le DPE ne dit pas

Le DPE est un diagnostic énergétique conventionnel, établi sans démontage. Il ne renseigne ni sur l’état du bâti, ni sur ses pathologies.

Un logement peut afficher une bonne étiquette et présenter des fissures, de l’humidité, une toiture à refaire ou une installation électrique dangereuse. À l’inverse, un logement mal classé peut être sain et simplement mal isolé. Le diagnostiqueur relève les caractéristiques thermiques ; il n’a pas pour mission d’évaluer la solidité ou l’humidité.

C’est le rôle de l’expertise bâtiment. Lisez notre article sur les diagnostics obligatoires et l’expertise bâtiment.

L’expertise

Ce que l’expert apporte à côté du DPE

L’expert relie la performance énergétique à l’état réel du bâti et aux travaux à prévoir.

Il vérifie la cohérence entre la description du DPE et ce qu’il observe : isolation des combles, nature des murs, menuiseries, système de chauffage, ventilation. Il signale les risques liés à certains travaux d’isolation, comme l’isolation intérieure d’un mur humide, et intègre l’énergie dans une vision globale des travaux. Découvrez notre guide de l’expertise pré-achat.

Check my House

Faire expertiser le bien avant de signer

L’auteur

Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.

Le tarif

Expertise avant achat ou vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise pré-achat.

FAQ

Questions fréquentes

Qu’est-ce qui a changé dans le DPE en 2026 ?

Le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026.

Mon logement peut-il changer d’étiquette sans travaux ?

Oui, s’il est chauffé ou équipé à l’électricité, il peut gagner une classe.

Faut-il refaire le DPE ?

Non, une attestation gratuite de nouvelle étiquette peut être obtenue via l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe.

Un DPE de 2020 est-il encore valable ?

Non, les DPE établis avant le 1er juillet 2021 ne sont plus valables.

Un logement G peut-il redevenir louable ?

Oui s’il passe en F ou mieux grâce au nouveau calcul, jusqu’à l’échéance de 2028 pour la classe F.

Les factures d’électricité baissent-elles ?

Non, seul le calcul de l’étiquette change, pas les consommations réelles.

L’audit énergétique reste-t-il obligatoire ?

Oui pour les maisons et monopropriétés classées E, F ou G à la vente.

Le DPE évalue-t-il le confort d’été ?

Oui, de façon sommaire, à partir de l’inertie, des protections solaires et de l’isolation.

Le DPE renseigne-t-il sur l’humidité ?

Non, il ne porte que sur la performance énergétique.

Combien coûte l’expertise avant achat ?

650 euros TTC jusqu’à 50 m², puis 3 euros par m² supplémentaire, plus 60 euros de déplacement jusqu’à 100 km et 50 euros de frais de gestion.

Un doute sur un bien ?

Faites-le examiner par un expert en bâtiment indépendant avant de signer.

Sources et références


Paramètres de confidentialité
Nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience sur notre site web. Nous utilisons aussi du contenu et des scripts de tiers qui pourraient utiliser des technologies de traçage. Vous pouvez donner votre consentement de manière sélective ci-dessous pour autoriser ces intégrations tierces. Pour une information complète à propos des cookies que nous utilisons et des données collectées, nous vous invitons à consulter notre Politique de confidentialité
Youtube
J'accepte de lire ce contenu - Youtube
Vimeo
J'accepte de lire ce contenu - Vimeo
Google Maps
J'accepte de lire ce contenu - Google
Spotify
J'accepte de lire ce contenu - Spotify
Sound Cloud
J'accepte de lire ce contenu - Sound
Nos expertises
Expertise pré-achat Le guide complet Expert en bâtiment
Le site
Nos tarifs A propos Blog Contact Faire un devis automatique