Visite d’une maison ancienne : la check-list de l’expert en bâtiment
Une maison ancienne séduit par son caractère, ses volumes, ses matériaux. Elle peut aussi cacher des faiblesses accumulées sur des décennies. Voici, pièce par pièce et de l’extérieur vers l’intérieur, ce qu’un expert en bâtiment regarde lors d’une visite, et ce que vous pouvez déjà observer vous-même.
Visiter une maison ancienne avec méthode, c’est examiner successivement l’environnement et le terrain, les façades, la toiture, la charpente, les sous-sols, les murs et planchers, l’humidité, les menuiseries, les réseaux et la ventilation. Chaque zone a ses signaux d’alerte : fissures en escalier, traces d’humidité en pied de mur, charpente modifiée, plancher qui vibre, tableau électrique ancien. Cette check-list aide à repérer les points à faire vérifier par un expert avant de signer.
Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.
Préparer la visite : ce qu’il faut savoir avant d’arriver
Une bonne visite commence par la lecture des documents disponibles et quelques recherches sur la commune.
- l’année de construction, et les extensions ou surélévations éventuelles ;
- l’état des risques : exposition au retrait-gonflement des argiles, inondation, cavités, radon ;
- les arrêtés de catastrophe naturelle de la commune sur Géorisques ;
- les diagnostics déjà réalisés : DPE, amiante, plomb, termites, électricité, gaz, assainissement ;
- les travaux déclarés par le vendeur et les factures disponibles.
Venez avec une lampe, un niveau à bulle, un mètre, un appareil photo, et si possible par temps de pluie ou en hiver : une maison humide se révèle mieux qu’en plein été.
Le terrain et l’environnement immédiat
Avant même d’entrer, le terrain dit beaucoup de la santé de la maison.
Observez la pente du terrain : une maison en bas de pente reçoit les eaux de ruissellement. Repérez les arbres proches de la maison, en particulier les chênes, saules, peupliers ou cyprès à moins d’une hauteur d’arbre adulte, qui assèchent le sol en profondeur sur les terrains argileux. Regardez les abords : une terrasse qui se décolle, un dallage fissuré, un muret qui penche signalent des mouvements de sol.
Vérifiez le niveau du sol extérieur par rapport au plancher intérieur : un terrain plus haut que le plancher favorise l’humidité. Notez la gestion des eaux pluviales : gouttières, descentes, regards, puisards ou réseau. Une descente qui se déverse au pied d’un mur est une cause fréquente de désordres.

Les façades : lire les fissures
Les fissures de façade sont le premier indicateur de la santé structurelle d’une maison.
Les fissures à surveiller
Fissures en escalier dans les joints de maçonnerie, fissures obliques partant des angles d’ouvertures, fissures verticales aux jonctions entre corps de bâtiment, fissures plus larges en haut qu’en bas ou l’inverse.
Les signes de reprise
Enduit neuf localisé, joints refaits sur une bande, peinture fraîche sur une seule zone : ces réparations ont souvent une raison.
Les autres désordres
Enduit qui sonne creux, salpêtre en pied de mur, joints creusés, linteaux fissurés, appuis de fenêtre décalés.
Une fissure fine et ancienne n’a pas la même portée qu’une fissure traversante récente. L’expert mesure l’ouverture, observe la direction, l’ancienneté et la cohérence avec les autres signes. Lisez notre article sur la signification des fissures.
La toiture vue du sol
Sans monter sur le toit, on peut déjà repérer les principaux signes d’usure ou de désordre.
- la ligne de faîtage : droite ou affaissée ;
- les tuiles ou ardoises manquantes, cassées ou glissées ;
- la mousse et le lichen, signes d’humidité persistante ;
- les solins autour des cheminées et les noues ;
- l’état des gouttières, descentes et chéneaux ;
- les débords de toit et les bois de rive.
L’âge d’une couverture se lit aussi aux matériaux : une tuile mécanique très poreuse, des ardoises fibres-ciment d’une certaine époque, une toiture en tôle ou bac acier ancienne appellent des questions. Lisez notre article sur l’état d’une toiture avant achat.

Les combles et la charpente
Si les combles sont accessibles, c’est l’une des inspections les plus révélatrices.
Dans les combles, on observe la charpente : bois sains ou attaqués par des insectes, traces d’eau anciennes ou récentes, déformation des pannes et chevrons, assemblages disjoints. On vérifie que la charpente n’a pas été modifiée, en particulier les fermettes industrielles dont aucune barre ne doit être coupée. On regarde l’isolation, sa nature, son épaisseur, son état, et la ventilation de la sous-face de couverture.
Des combles aménagés sans trappe d’accès aux parties basses empêchent ce contrôle : il faut alors interroger le vendeur sur la date et les modalités de l’aménagement. Lisez notre article sur les combles aménagés et fermettes.
Cave, sous-sol et vide sanitaire
Les parties enterrées révèlent l’état des fondations et de l’humidité du terrain.
Dans une cave ou un sous-sol, regardez les murs enterrés : traces d’eau, efflorescences, enduits qui se désagrègent, fissures. Observez les planchers hauts : poutres en bois et leurs appuis, poutrelles métalliques et leur corrosion, voûtains. Une odeur de moisi, une flaque permanente, des champignons sur les bois sont des signaux forts.
Un vide sanitaire accessible permet de voir les fondations, les réseaux et la ventilation. Un vide sanitaire non ventilé ou inondé crée de l’humidité dans toute la maison. Lisez notre article sur le sous-sol et le vide sanitaire.

L’humidité dans les pièces de vie
Le bâti ancien est souvent sensible à l’humidité. L’enjeu est de distinguer ce qui est normal de ce qui est pathologique.
Les remontées capillaires
Traces horizontales en bas de murs, salpêtre, peinture qui cloque, plinthes abîmées, sur les murs en contact avec le sol.
Les infiltrations
Taches localisées près des fenêtres, sous les toitures, sur les murs exposés à la pluie.
La condensation
Moisissures dans les angles, derrière les meubles, sur les murs froids des chambres.
Les signes de dissimulation
Doublage récent sur un mur ancien, peinture fraîche localisée, meubles collés aux murs, déshumidificateur en fonctionnement.
Un humidimètre permet de mesurer ce que l’œil ne voit pas. Lisez notre article sur l’humidité dans une maison à vendre.
Murs, planchers et escaliers
À l’intérieur, la structure se lit aux déformations, aux fissures et aux défauts de fonctionnement.
- portes et fenêtres qui frottent ou ne ferment plus ;
- fissures en diagonale au-dessus des ouvertures intérieures ;
- décollement entre cloisons et plafonds ;
- plancher qui penche, vibre ou résonne ;
- carrelage fissuré en ligne, révélant un mouvement du support ;
- escalier qui se décolle du mur ;
- cloisons supprimées entre pièces, à confronter avec la structure.
Posez un niveau à bulle sur les sols et les appuis de fenêtre, faites rouler une bille : une pente marquée se voit rapidement.

Menuiseries et isolation
Les menuiseries et l’isolation conditionnent le confort et la facture énergétique.
Vérifiez l’état des fenêtres : bois pourri en partie basse, mastics desséchés, simple vitrage, condensation entre les vitres d’un double vitrage ancien. Ouvrez et fermez chaque ouvrant. Observez les volets et leurs fixations.
L’isolation des murs, des combles et des planchers bas se vérifie là où c’est visible. Le DPE donne une indication globale, à interpréter avec prudence : depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9, ce qui améliore l’étiquette de certains logements chauffés à l’électricité sans travaux. Lisez notre article sur le DPE 2026.
Électricité, plomberie, chauffage et ventilation
Les réseaux d’une maison ancienne ont souvent été modifiés par étapes, avec des qualités inégales.
Électricité
Tableau, protection différentielle, prises avec terre, fils apparents, domino visibles. Le diagnostic électricité complète l’observation pour les installations de plus de quinze ans.
Plomberie
Canalisations en plomb dans les maisons d’avant 1949, évacuations, traces de fuites sous les éviers et autour des WC.
Chauffage
Type, âge et entretien de la chaudière ou des équipements, état des radiateurs, conduits de fumée.
Ventilation
Grilles d’entrée d’air, extractions dans les pièces humides, VMC le cas échéant. Une maison ancienne rendue étanche sans ventilation devient vite humide.

Extensions, vérandas et parties ajoutées
Les parties ajoutées à une maison ancienne sont souvent le point faible de l’ensemble.
Une extension, un garage transformé en pièce, une véranda ou une surélévation reposent sur des fondations différentes de celles de la maison d’origine, parfois plus superficielles. Aux jonctions, des fissures verticales apparaissent quand les deux parties bougent différemment, notamment sur sol argileux après une sécheresse. Observez la liaison entre l’ancien et le neuf, l’étanchéité des toitures plates, les évacuations d’eau pluviale des vérandas.
Demandez la date des travaux, l’autorisation d’urbanisme, l’entreprise intervenue et son attestation décennale. Lisez notre article sur les extensions et vérandas sur sol argileux.
Assainissement et eaux pluviales
Une maison non raccordée au tout-à-l’égout dispose d’une installation d’assainissement non collectif, contrôlée avant la vente.
Le rapport de contrôle du service public d’assainissement non collectif doit figurer au dossier de diagnostic technique. En cas de non-conformité, l’acquéreur doit faire réaliser les travaux de mise en conformité dans un délai d’un an après la signature de l’acte de vente. Le coût d’une réhabilitation est important et doit être intégré au budget.
Pour une maison raccordée, l’expert peut repérer les signes de dysfonctionnement : odeurs, refoulements, regards encombrés. Lisez notre article sur l’assainissement non collectif.

Les dix signaux d’alerte qui justifient une expertise
Certains constats doivent conduire à faire examiner le bien par un expert avant de signer.
- fissures en escalier ou traversantes en façade ;
- fissures rebouchées récemment ;
- portes et fenêtres qui coincent sur plusieurs niveaux ;
- traces d’humidité en pied de mur ou doublage récent ;
- odeur de moisi persistante ;
- charpente modifiée ou inaccessible ;
- plancher qui fléchit ou résonne ;
- travaux récents sans factures ;
- maison en zone d’exposition forte aux argiles après l’été 2026 ;
- arrêtés de catastrophe naturelle sécheresse récents sur la commune.
Ce que l’expert apporte de plus qu’une visite attentive
La check-list aide à repérer les signaux, l’expert les interprète.
Un expert en bâtiment voit plusieurs centaines de maisons. Il relie les constats entre eux : une fissure en façade, une porte qui frotte et un arbre proche racontent ensemble une histoire de mouvement de sol. Il mesure, compare, et surtout hiérarchise : ce qui est cosmétique, ce qui doit être surveillé, ce qui appelle des travaux importants ou une étude complémentaire.
Son rapport, remis sous 96 heures chez Check my House, sert à négocier, à anticiper le budget travaux, ou à renoncer. Découvrez notre guide de l’expertise pré-achat et notre article sur le budget travaux.
Faire expertiser le bien avant de signer
L’auteur
Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.
Le tarif
Expertise avant achat ou vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise pré-achat.
Questions fréquentes
Que regarder en priorité lors de la visite d’une maison ancienne ?
Les fissures de façade, la toiture et la charpente, l’humidité en pied de mur, les planchers et les réseaux.
Faut-il visiter par temps de pluie ?
C’est utile : les infiltrations et les problèmes d’évacuation se révèlent mieux sous la pluie.
Comment savoir si une fissure est grave ?
Sa direction, sa largeur, son caractère traversant et son évolution comptent. Un expert peut l’interpréter.
Une maison ancienne est-elle forcément humide ?
Non, mais le bâti ancien est sensible à l’humidité. Il faut distinguer remontées, infiltrations et condensation.
Les combles doivent-ils être visités ?
Oui s’ils sont accessibles : la charpente et l’isolation y sont visibles.
Le DPE suffit-il pour juger l’isolation ?
Non, il donne une indication globale à compléter par l’observation.
Que faire si l’assainissement est non conforme ?
Les travaux sont à réaliser dans l’année qui suit la vente. Leur coût doit être intégré à la négociation.
Un arbre près de la maison est-il un problème ?
Sur sol argileux, il peut assécher le sol et favoriser les fissures, surtout après une sécheresse comme celle de 2026.
L’expert démonte-t-il des éléments ?
Non, l’expertise est visuelle et non destructive, avec des mesures comme l’humidité.
Combien coûte l’expertise avant achat ?
650 euros TTC jusqu’à 50 m², puis 3 euros par m² supplémentaire, plus 60 euros de déplacement jusqu’à 100 km et 50 euros de frais de gestion.
Dans la même thématique : Acheter une maison
Acheter une maison
Acheter une maison
Humidité dans une maison à vendre : remontées capillaires, condensation ou infiltration
Acheter une maison
Sous-sol et vide sanitaire : ce que l’expert y cherche avant l’achat
Un doute sur un bien ?
Faites-le examiner par un expert en bâtiment indépendant avant de signer.
Sources et références
- Géorisques, connaître les risques près de chez soi
- Code de la construction et de l’habitation, article L271-4 (dossier de diagnostic technique)
- Code de la santé publique, article L1331-11-1 (assainissement non collectif à la vente)
- Météo-France, bilan climatique de l’été 2026




