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octobre 2026

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Diagnostics et réglementation

Plomb dans un logement d’avant 1949 : lire le CREP et anticiper les travaux

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Plomb dans un logement d’avant 1949 : lire le CREP et anticiper les travaux

Les peintures au plomb ont été largement utilisées dans les logements anciens jusqu’au milieu du vingtième siècle. Dégradées, elles exposent les occupants, en particulier les jeunes enfants, à un risque d’intoxication. Le constat de risque d’exposition au plomb, ou CREP, est obligatoire à la vente des logements construits avant 1949. Voici comment le lire et ce qu’il implique.

1er réseau national d’expertise immobilièrePlus de 65 experts formés par l’OFIBRapport certifié sous 96h
Diagnostiqueur mesurant le plomb sur une porte ancienne peinte

L’essentiel

Pour tout logement construit avant le 1er janvier 1949, le vendeur doit fournir un constat de risque d’exposition au plomb. Ce document mesure la concentration en plomb des revêtements et classe chaque unité de diagnostic selon son état de conservation. Il ne porte pas sur les canalisations d’eau. En présence de revêtements dégradés contenant du plomb, des travaux sont à prévoir avec des précautions spécifiques. L’acheteur doit lire le classement, repérer les situations à risque et intégrer le plomb à ses projets de rénovation.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Le contexte

Pourquoi le plomb est un enjeu dans les logements anciens

Le plomb a été utilisé dans les peintures, notamment la céruse, jusqu’à son interdiction progressive au vingtième siècle. Les logements construits avant 1949 en contiennent fréquemment.

Tant que les peintures au plomb sont recouvertes et en bon état, le risque est limité. Il apparaît lorsque les revêtements se dégradent : écailles, poussières, frottements des menuiseries. Les jeunes enfants, qui portent les mains et les objets à la bouche, et les femmes enceintes sont les plus exposés. L’intoxication par le plomb, appelée saturnisme, peut avoir des effets graves sur la santé.

Les travaux sont aussi une source d’exposition : poncer, gratter ou décaper des peintures au plomb libère des poussières toxiques.

Pour l’acheteur d’un logement ancien, le plomb est donc moins un motif de renoncer qu’un paramètre à intégrer dans le projet de travaux et dans l’organisation de l’emménagement.

Obligation

Le CREP obligatoire à la vente

Le constat de risque d’exposition au plomb doit être annexé à la promesse ou à l’acte de vente de tout logement construit avant le 1er janvier 1949.

Il fait partie du dossier de diagnostic technique. Il est réalisé par un diagnostiqueur certifié, généralement à l’aide d’un appareil à fluorescence X qui mesure la concentration en plomb des revêtements sans les détruire. En copropriété, il porte sur les parties privatives ; un CREP des parties communes est également exigé dans les immeubles concernés.

Le CREP est aussi obligatoire pour la location. Sa durée de validité dépend de son résultat.

Le diagnostiqueur peut aussi réaliser des prélèvements pour analyse en laboratoire lorsque la mesure directe n’est pas possible ou pas concluante.

Le CREP obligatoire à la vente
Validité

Durée de validité du CREP

La validité dépend de la présence ou non de plomb au-dessus du seuil réglementaire.

  • absence de plomb ou concentrations inférieures au seuil de 1 mg/cm² : validité illimitée ;
  • présence de plomb au-dessus du seuil : validité d’un an pour une vente ;
  • pour une location, la validité est de six ans en cas de présence de plomb au-dessus du seuil.

Vérifiez la date du CREP remis : un constat positif de plus d’un an doit être refait pour la vente.

Un CREP récent et négatif est un atout durable pour le logement.

Classes

Lire le classement des unités de diagnostic

Le CREP découpe le logement en unités de diagnostic, chaque élément revêtu de chaque pièce, et attribue à chacune une classe.

Classe 0

Concentration inférieure au seuil : pas de plomb au sens réglementaire.

Classe 1

Plomb au-dessus du seuil, revêtement non dégradé ou non visible.

Classe 2

Plomb au-dessus du seuil, revêtement en état d’usage, avec usure par friction, traces de chocs ou microfissures.

Classe 3

Plomb au-dessus du seuil, revêtement dégradé : écailles, cloques, craquelures, pulvérulence.

La présence d’unités en classe 3 est le point principal à surveiller : elle signale une exposition possible. Le rapport doit alors comporter des recommandations, et les éléments les plus dégradés appellent des travaux.

Lisez aussi l’emplacement précis de chaque unité dans le tableau détaillé.

Peinture ancienne écaillée sur une fenêtre en bois
Facteurs

Les facteurs de dégradation du bâti

Le diagnostiqueur relève aussi des facteurs de dégradation qui peuvent aggraver le risque.

Le CREP signale notamment des situations comme des plafonds menaçant de s’effondrer, des traces importantes de coulures ou de moisissures, ou des revêtements très dégradés sur une grande surface. Lorsque certains de ces facteurs sont constatés, une copie du constat est transmise à l’agence régionale de santé, qui peut engager des mesures.

Ces facteurs révèlent souvent d’autres problèmes du logement : humidité, infiltrations, défauts de structure, qu’une expertise bâtiment permet d’analyser.

Méthode

Lire un CREP en dix minutes

Une méthode simple permet d’extraire l’essentiel d’un rapport souvent long.

  • vérifier la date et la conclusion générale en première page ;
  • repérer le nombre d’unités en classe 1, 2 et 3 ;
  • lister les pièces et éléments concernés par les classes 2 et 3 ;
  • lire la section sur les facteurs de dégradation du bâti ;
  • noter les locaux non visités et les éléments non mesurés ;
  • lire les recommandations du diagnostiqueur.

Un rapport avec de nombreuses unités en classe 1 et aucune en classe 3 signale un plomb présent mais recouvert : le risque est maîtrisé tant que les revêtements restent en bon état. Un rapport avec des unités en classe 3 dans les pièces de vie appelle des travaux avant l’emménagement.

Lire un CREP en dix minutes
Où

Où trouve-t-on le plus souvent du plomb ?

Certains éléments concentrent la majorité des peintures au plomb dans les logements anciens.

Les menuiseries anciennes, portes, fenêtres, volets intérieurs, les boiseries, plinthes et lambris, les garde-corps et rampes d’escalier, ainsi que certaines parois peintes sous des couches plus récentes, sont les supports les plus fréquemment concernés. Les murs tapissés ou repeints plusieurs fois peuvent masquer une couche ancienne au plomb.

Les parties communes des immeubles anciens, cages d’escalier et halls, présentent souvent des peintures au plomb sous les couches récentes, en particulier sur les soubassements et les rampes.

Eau

Les canalisations en plomb, hors du champ du CREP

Le CREP porte sur les revêtements. Il ne concerne pas les canalisations d’eau, qui peuvent aussi contenir du plomb.

Dans les immeubles anciens, des canalisations en plomb peuvent subsister dans les parties privatives ou communes. L’eau qui y stagne peut se charger en plomb. Leur remplacement est recommandé. Lors de la visite, repérez les tuyaux gris mats, souples, avec des soudures arrondies, sous l’évier, près du compteur ou dans les caves.

En copropriété, le remplacement des colonnes relève de l’assemblée générale. Lisez notre article sur les parties communes.

Canalisation d'eau ancienne en plomb sous un évier
Travaux

Travaux sur des peintures au plomb : les précautions

Les travaux sur des revêtements contenant du plomb doivent être conduits de façon à ne pas disperser de poussières.

  • éviter le ponçage à sec et le décapage thermique à haute température ;
  • privilégier le recouvrement, l’encapsulage ou la dépose des éléments ;
  • confiner la zone de travaux et protéger les sols ;
  • nettoyer à l’humide, sans balayage à sec ;
  • éloigner les enfants et les femmes enceintes pendant les travaux ;
  • confier les travaux importants à une entreprise informée du risque.

Ces précautions augmentent le coût et la durée des travaux. Un acheteur qui prévoit de rénover les menuiseries, les boiseries ou les murs d’un logement ancien doit les intégrer à son budget.

Famille

Acheter avec de jeunes enfants

Pour une famille avec de jeunes enfants ou un projet de grossesse, le CREP mérite une attention particulière.

Les unités en classe 2 et 3 situées dans les pièces de vie, les fenêtres et appuis où les enfants peuvent porter la bouche, les portes et plinthes soumises au frottement, sont les points à traiter en priorité, avant l’emménagement si possible. Un nettoyage soigneux à l’humide des sols et des rebords limite l’exposition aux poussières.

En cas de doute sur une exposition, un médecin peut prescrire un dosage de la plombémie.

Acheter avec de jeunes enfants
Solutions

Les solutions de traitement

Plusieurs approches permettent de supprimer le risque d’exposition, selon l’état et la nature des éléments.

Le recouvrement

Poser un matériau durable par-dessus le revêtement au plomb, comme un doublage ou un habillage, supprime l’accès aux peintures sans les disperser.

Le remplacement

Changer les éléments les plus dégradés, comme des fenêtres ou des portes anciennes, est souvent la solution la plus simple, et améliore aussi l’isolation.

Le décapage maîtrisé

Retirer les peintures par des méthodes qui limitent les poussières, avec confinement et nettoyage soigneux, lorsque l’élément doit être conservé.

Le choix dépend du projet de rénovation et du budget. Dans tous les cas, un contrôle après travaux permet de s’assurer que les poussières ont été correctement éliminées.

Location

Plomb et location

Pour louer un logement construit avant 1949, le CREP doit être annexé au bail, et le logement doit être décent.

Des revêtements dégradés contenant du plomb, accessibles aux occupants, constituent un risque pour la santé qui peut rendre le logement non décent. Le bailleur doit réaliser les travaux nécessaires pour supprimer le risque. Pour un investisseur, ces travaux sont un préalable à la mise en location.

Plomb et location
Négocier

Intégrer le plomb à la négociation

Le CREP permet d’identifier les travaux à prévoir et d’en tenir compte dans le prix.

Des menuiseries anciennes en classe 3 à remplacer, des boiseries à décaper avec précautions, des canalisations en plomb à changer : ces postes peuvent être chiffrés et intégrés à l’offre. Le CREP étant remis avant la vente, ces éléments ne pourront plus fonder un recours ultérieur pour vice caché.

Lisez notre article sur le budget travaux.

Ancien

Plomb et autres pathologies du bâti ancien

Un logement d’avant 1949 présente souvent d’autres points de vigilance.

Humidité, planchers bois, électricité ancienne, amiante dans certains matériaux posés après guerre, isolation faible : le plomb n’est qu’un des sujets du bâti ancien. Les facteurs de dégradation relevés par le CREP, comme les coulures et moisissures, orientent souvent vers une humidité à traiter.

Lisez nos articles sur l’appartement ancien et la maison en pierre ancienne.

L’expertise

Ce que l’expertise bâtiment apporte

L’expert en bâtiment ne mesure pas le plomb, mais il relie le CREP à l’état du logement et à vos projets.

Il relit le classement du CREP, repère les éléments dégradés, les canalisations susceptibles d’être en plomb, et analyse les causes des facteurs de dégradation, comme l’humidité. Il intègre les précautions liées au plomb dans l’estimation des travaux de rénovation.

Découvrez notre guide de l’expertise pré-achat et notre article sur les diagnostics obligatoires et l’expertise bâtiment.

Check my House

Faire expertiser le bien avant de signer

L’auteur

Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.

Le tarif

Expertise avant achat ou vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise pré-achat.

FAQ

Questions fréquentes

Le CREP est-il obligatoire à la vente ?

Oui pour les logements construits avant le 1er janvier 1949.

Quel est le seuil réglementaire ?

1 mg/cm² de plomb dans le revêtement.

Quelle est la validité du CREP ?

Illimitée sans plomb au-dessus du seuil, un an pour une vente en cas de présence.

Que signifie la classe 3 ?

Un revêtement contenant du plomb et dégradé, qui expose les occupants à un risque.

Le CREP concerne-t-il les canalisations ?

Non, seulement les revêtements. Les canalisations en plomb doivent être repérées à part.

Peut-on poncer une peinture au plomb ?

Il faut éviter le ponçage à sec et le décapage thermique à haute température, qui dispersent des poussières.

Les enfants sont-ils plus exposés ?

Oui, les jeunes enfants et les femmes enceintes sont les plus sensibles.

Un logement avec plomb peut-il être loué ?

Oui s’il est décent : les revêtements dégradés accessibles doivent être traités.

Le CREP couvre-t-il les parties communes ?

Un CREP spécifique des parties communes est exigé dans les immeubles concernés.

Combien coûte l’expertise avant achat ?

650 euros TTC jusqu’à 50 m², puis 3 euros par m² supplémentaire, plus 60 euros de déplacement jusqu’à 100 km et 50 euros de frais de gestion.

Un doute sur un bien ?

Faites-le examiner par un expert en bâtiment indépendant avant de signer.

Sources et références


"Tableau
Diagnostics et réglementation

Diagnostic électrique avec anomalies : interpréter le rapport avant d’acheter

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Diagnostic électrique avec anomalies : interpréter le rapport avant d’acheter

Le diagnostic électricité d’un logement ancien relève presque toujours des anomalies. Certaines sont mineures, d’autres présentent un réel danger. Le rapport, technique et codifié, est souvent mal compris. Voici comment l’interpréter, distinguer l’urgent de l’accessoire et estimer les travaux avant d’acheter.

1er réseau national d’expertise immobilièrePlus de 65 experts formés par l’OFIBRapport certifié sous 96h
Tableau électrique ancien avec fusibles dans un logement

L’essentiel

Le diagnostic électricité est obligatoire à la vente pour les installations intérieures de plus de quinze ans. Il recense les anomalies par rapport aux exigences de sécurité : absence ou défaut de mise à la terre, protection différentielle insuffisante, protections inadaptées, risques dans la salle de bains, matériels vétustes ou dangereux. Le rapport ne dit pas si l’installation est conforme aux normes actuelles, mais si elle présente des risques. Il faut lire chaque anomalie, en mesurer la gravité et chiffrer une mise en sécurité ou une rénovation.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Le cadre

Le diagnostic électricité à la vente

Pour les installations intérieures d’électricité de plus de quinze ans, le vendeur doit fournir un état de l’installation, annexé à la promesse ou à l’acte de vente.

Ce diagnostic fait partie du dossier de diagnostic technique. Il est réalisé par un diagnostiqueur certifié, selon une norme qui définit les points de contrôle. Il est valable trois ans pour une vente, et six ans pour une location. Il porte sur la partie privative de l’installation, en aval du compteur.

Le diagnostic est visuel et réalisé sans démontage, avec des essais simples. Il ne remplace pas une vérification de conformité complète par un électricien.

Le rapport est donc un point de départ, pas un verdict : il signale des risques, à charge pour l’acheteur de les faire évaluer et chiffrer.

Esprit

Sécurité et non conformité : une distinction essentielle

Le diagnostic ne dit pas si l’installation est conforme aux normes de construction actuelles, mais si elle présente des anomalies au regard des exigences de sécurité.

Une installation ancienne peut être non conforme aux normes en vigueur pour les constructions neuves, sans pour autant être dangereuse. À l’inverse, une installation récente peut présenter des anomalies graves si elle a été mal réalisée. Le diagnostic évalue les risques d’électrocution et d’incendie, pas l’âge de l’installation.

C’est pourquoi un rapport avec quelques anomalies sur une installation ancienne n’implique pas toujours une rénovation complète : une mise en sécurité ciblée peut suffire.

Le vocabulaire du rapport, très normé, reflète cette logique de sécurité plutôt que de conformité.

Sécurité et non conformité : une distinction essentielle
Anomalies

Les grandes familles d’anomalies

Le rapport classe les anomalies par domaine de contrôle. Chacune correspond à un risque précis.

Appareil général de commande

Absence ou inaccessibilité de l’organe qui permet de couper toute l’installation.

Protection différentielle

Absence ou insuffisance de dispositif différentiel à l’origine de l’installation, qui protège les personnes contre les défauts d’isolement.

Mise à la terre

Absence de prise de terre, valeur de résistance trop élevée, conducteurs de protection absents sur certains circuits.

Protection contre les surintensités

Fusibles ou disjoncteurs inadaptés à la section des conducteurs, risque d’échauffement.

Salle de bains

Liaison équipotentielle absente, matériel électrique dans les zones interdites autour de la baignoire ou de la douche.

Contacts directs

Conducteurs nus, boîtes sans couvercle, prises endommagées accessibles.

Matériels vétustes ou inadaptés

Douilles, interrupteurs, prises anciennes, conducteurs à isolation dégradée.

Prise électrique ancienne sans terre et câble apparent
Gravité

Hiérarchiser les anomalies

Toutes les anomalies ne présentent pas le même niveau de danger. Il faut les hiérarchiser.

  • urgentes : conducteurs nus accessibles, absence totale de protection différentielle, matériels endommagés, risques importants dans la salle de bains ;
  • prioritaires : absence de terre ou terre défaillante, protections inadaptées à la section des câbles ;
  • à programmer : matériels vétustes en bon état apparent, liaisons à compléter ;
  • informatives : points mentionnés pour information, sans anomalie au sens du référentiel.

Certains rapports signalent aussi un danger grave et immédiat, par exemple des conducteurs nus sous tension accessibles. Dans ce cas, une intervention rapide d’un électricien est indispensable.

Lire

Lire le rapport ligne par ligne

La synthèse en première page ne suffit pas. Le détail des constatations est plus instructif.

Pour chaque anomalie, le rapport indique sa localisation, le point de contrôle concerné, et parfois une photo. Notez les pièces concernées : une anomalie dans la salle de bains n’a pas le même enjeu qu’une prise vétuste dans une chambre. Repérez aussi la mention des parties non contrôlées, faute d’accès ou parce que l’installation n’était pas alimentée.

Un rapport réalisé sur une installation hors tension, par exemple dans un logement vide dont l’abonnement a été résilié, est moins complet : certains essais n’ont pas pu être réalisés.

Lire le rapport ligne par ligne
Travaux

Mise en sécurité ou rénovation complète ?

Le choix dépend du nombre et de la nature des anomalies, de l’âge de l’installation et de vos projets.

La mise en sécurité

Installation d’une protection différentielle adaptée, création ou amélioration de la prise de terre, liaison équipotentielle de la salle de bains, remplacement des matériels dangereux. Budget limité, délais courts.

La rénovation partielle

Remplacement du tableau, reprise de certains circuits, mise aux normes de la cuisine et de la salle de bains.

La rénovation complète

Remplacement de tous les circuits, conducteurs, appareillages et du tableau, souvent couplé à une rénovation intérieure. Budget important, avec reprise des finitions.

Si vous prévoyez de rénover l’intérieur, il est souvent plus logique de refaire l’électricité au même moment, avant les peintures et les revêtements.

Exemples

Trois rapports, trois décisions

La lecture du rapport conduit à des décisions très différentes selon les cas.

Un appartement des années 1980

Le rapport relève une liaison équipotentielle absente dans la salle de bains et quelques prises anciennes. L’installation est par ailleurs protégée par un différentiel et reliée à la terre. Une mise en sécurité légère suffit.

Une maison des années 1960

Absence de protection différentielle à l’origine, terre de mauvaise qualité, fusibles anciens, conducteurs à isolation textile dans les combles. L’acheteur prévoit une rénovation complète et l’intègre au prix.

Un studio rénové par le vendeur

Tableau neuf, mais circuits anciens raccordés sans terre et matériel électrique placé dans la zone de la douche. L’apparence est trompeuse : la mise en sécurité est indispensable avant toute location.

Trois rapports, trois décisions
Visite

Ce que vous pouvez observer vous-même

Sans être électricien, quelques observations simples complètent la lecture du rapport.

  • l’âge apparent du tableau : fusibles en porcelaine, disjoncteurs anciens ou modernes ;
  • la présence d’un interrupteur différentiel, souvent repérable par un bouton test ;
  • les prises sans broche de terre dans les pièces principales ;
  • les fils apparents, les boîtes ouvertes, les dominos visibles ;
  • les multiprises en cascade, signe d’un manque de prises ;
  • l’éclairage de la salle de bains et la position des prises par rapport à la douche ;
  • les traces de brûlure ou de noircissement autour des prises.

Ces observations ne remplacent pas le diagnostic, mais elles aident à poser les bonnes questions au vendeur.

Négocier

Utiliser le diagnostic dans la négociation

Les anomalies relevées et leur coût de correction sont des arguments objectifs.

Un devis d’électricien établi sur la base du rapport permet de chiffrer la mise en sécurité ou la rénovation. L’acheteur peut demander une réduction de prix, ou que le vendeur réalise lui-même la mise en sécurité avant la vente, avec facture et, idéalement, un nouveau diagnostic. Les anomalies figurant dans le diagnostic sont connues de l’acheteur : elles ne pourront plus fonder un recours ultérieur.

Lisez notre article sur la négociation avec un rapport d’expertise.

Utiliser le diagnostic dans la négociation
Location

Électricité et location

Un logement loué doit être décent, ce qui inclut une installation électrique en bon état et conforme aux normes de sécurité.

Le diagnostic électricité est obligatoire pour la location des logements dont l’installation a plus de quinze ans, avec une validité de six ans. Des anomalies dangereuses peuvent rendre le logement non décent et engager la responsabilité du bailleur en cas d’accident. Pour un investisseur, la mise en sécurité est un préalable à la mise en location.

Lisez notre article sur les studios et chambres de service.

Copropriété

Et les parties communes ?

Le diagnostic ne porte que sur la partie privative de l’installation.

La colonne montante, l’éclairage des parties communes et les installations collectives relèvent de la copropriété ou, selon les cas, du gestionnaire du réseau public. Une colonne montante ancienne peut limiter la puissance disponible pour chaque logement et nécessiter des travaux. Les procès-verbaux d’assemblée générale et le carnet d’entretien renseignent sur ce point.

Lisez notre article sur les parties communes.

Rénovation

Installation « refaite » sans attestation

Un vendeur peut affirmer que l’électricité a été refaite. Sans justificatif, la prudence s’impose.

Une installation entièrement refaite depuis moins de quinze ans peut dispenser du diagnostic si le vendeur fournit une attestation de conformité visée par un organisme agréé. Sans cette attestation, le diagnostic est obligatoire, et il est particulièrement utile : une rénovation faite par un non-professionnel peut présenter des défauts dangereux sous une apparence soignée.

Lisez notre article sur la maison rénovée sans factures.

Tableau électrique moderne avec disjoncteurs différentiels
Usages

Adapter l’installation aux usages actuels

Une installation ancienne n’a pas été conçue pour les équipements d’aujourd’hui.

Plaques à induction, four, lave-vaisselle, pompe à chaleur, borne de recharge de véhicule électrique, climatisation, télétravail : les besoins en puissance et en circuits spécialisés ont beaucoup augmenté. Une installation ancienne sous-dimensionnée multiplie les multiprises et les rallonges, sources d’échauffement.

Évaluez vos besoins futurs avant d’acheter. Après l’été 2026, marqué par 53 jours de vague de chaleur selon Météo-France, l’installation d’une climatisation ou d’une pompe à chaleur réversible est un projet fréquent, qui peut nécessiter une augmentation de puissance et un circuit dédié.

Recours

Un diagnostic incomplet : quels recours ?

Si des anomalies visibles n’ont pas été signalées, la responsabilité du diagnostiqueur peut être recherchée.

Le diagnostiqueur doit contrôler les points prévus par la norme sur les parties visibles et accessibles. Une omission grave sur un point contrôlable peut engager sa responsabilité. En revanche, un défaut caché dans les cloisons ou derrière un doublage ne peut pas lui être reproché.

Le vendeur qui a dissimulé un danger connu peut aussi voir sa responsabilité engagée.

L’expertise

Ce que l’expertise bâtiment apporte

L’expert en bâtiment relit le diagnostic électricité dans le contexte global du logement.

Il observe le tableau, les protections, les prises et l’état apparent de l’installation, vérifie la cohérence avec le diagnostic, et signale les situations à risque dans les pièces humides ou les combles. Il intègre la mise en sécurité ou la rénovation électrique dans l’estimation globale des travaux, et vous aide à décider de l’ordre des chantiers.

Découvrez notre guide de l’expertise pré-achat et notre article sur les diagnostics obligatoires et l’expertise bâtiment.

Check my House

Faire expertiser le bien avant de signer

L’auteur

Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.

Le tarif

Expertise avant achat ou vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise pré-achat.

FAQ

Questions fréquentes

Le diagnostic électricité est-il obligatoire à la vente ?

Oui pour les installations intérieures de plus de quinze ans.

Quelle est sa durée de validité ?

Trois ans pour une vente, six ans pour une location.

Des anomalies empêchent-elles de vendre ?

Non, le diagnostic informe l’acheteur ; il n’impose pas de travaux au vendeur.

Toutes les anomalies sont-elles graves ?

Non, il faut les hiérarchiser : certaines sont urgentes, d’autres à programmer.

Faut-il tout refaire ?

Pas forcément : une mise en sécurité ciblée peut suffire, selon les anomalies et vos projets.

L’absence de terre est-elle dangereuse ?

Elle supprime une protection importante contre les défauts d’isolement. C’est une anomalie prioritaire.

Le diagnostic couvre-t-il la colonne montante ?

Non, il porte uniquement sur l’installation privative.

Une installation refaite dispense-t-elle du diagnostic ?

Seulement avec une attestation de conformité visée, pour une installation de moins de quinze ans.

Un logement avec anomalies peut-il être loué ?

Il doit être décent : les anomalies dangereuses doivent être corrigées avant la location.

Combien coûte l’expertise avant achat ?

650 euros TTC jusqu’à 50 m², puis 3 euros par m² supplémentaire, plus 60 euros de déplacement jusqu’à 100 km et 50 euros de frais de gestion.

Un doute sur un bien ?

Faites-le examiner par un expert en bâtiment indépendant avant de signer.

Sources et références


"Dalles
Diagnostics et réglementation

Amiante dans un logement à acheter : ce que dit le diagnostic et ce qu’il ne dit pas

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Amiante dans un logement à acheter : ce que dit le diagnostic et ce qu’il ne dit pas

Interdit en France depuis 1997, l’amiante reste présent dans de nombreux logements construits avant cette date : dalles de sol, conduits, plaques de toiture, enduits. Le diagnostic amiante remis à la vente informe l’acheteur, mais il ne dit pas tout. Voici comment le lire et ce qu’il implique pour vos futurs travaux.

1er réseau national d’expertise immobilièrePlus de 65 experts formés par l’OFIBRapport certifié sous 96h
Dalles de sol anciennes dans un logement des années 1970

L’essentiel

Pour tout logement dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997, le vendeur doit fournir un état mentionnant la présence ou l’absence de matériaux et produits contenant de l’amiante. Ce repérage porte sur des listes définies de matériaux, visibles et accessibles, sans travaux destructifs. Il ne suffit pas avant des travaux : un repérage amiante avant travaux, plus poussé, est alors exigé. L’acheteur doit lire les conclusions, l’état de conservation et les recommandations, et intégrer l’amiante à son budget de rénovation.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Le contexte

Pourquoi l’amiante est encore présent dans les logements

L’amiante a été massivement utilisé dans la construction pour ses qualités isolantes et sa résistance, jusqu’à son interdiction en France au 1er janvier 1997.

On le trouve dans de nombreux matériaux : flocages et calorifugeages dans certains immeubles, faux plafonds, dalles de sol vinyle et leurs colles, conduits et canalisations en amiante-ciment, plaques de toiture et de façade en fibres-ciment, enduits, joints, mastics, certaines peintures. Les logements construits jusqu’au milieu des années 1990 sont concernés.

L’amiante est dangereux lorsque ses fibres sont libérées dans l’air et inhalées : c’est le cas lorsque les matériaux sont dégradés, percés, poncés, cassés. Un matériau en bon état, non sollicité, présente un risque limité.

Pour l’acheteur, la question n’est donc pas seulement de savoir si le logement contient de l’amiante, mais où, dans quel état, et si ses projets de travaux le concernent.

L’obligation

Le diagnostic obligatoire à la vente

Pour les immeubles bâtis dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997, un état relatif à la présence d’amiante doit être annexé à la promesse ou à l’acte de vente.

Cet état fait partie du dossier de diagnostic technique prévu à l’article L271-4 du Code de la construction et de l’habitation. Il est établi par un diagnostiqueur certifié. En copropriété, il porte sur les parties privatives du lot ; les parties communes relèvent du dossier technique amiante tenu par le syndic.

Lorsqu’il conclut à l’absence d’amiante et qu’il a été réalisé selon les règles en vigueur depuis avril 2013, il n’a pas de limite de validité. S’il conclut à la présence d’amiante, il doit être accompagné du suivi prévu par la réglementation.

Le diagnostic obligatoire à la vente
Les listes

Listes A et B : ce qui est recherché

Le repérage à la vente porte sur des listes définies de matériaux, visibles et accessibles.

Liste A

Flocages, calorifugeages et faux plafonds. Ces matériaux, friables, sont les plus susceptibles de libérer des fibres.

Liste B

Autres matériaux : parois verticales intérieures et enduits, planchers et plafonds, conduits et canalisations, éléments extérieurs comme les toitures, bardages et façades.

Le repérage se fait sans travaux destructifs. Le diagnostiqueur peut réaliser des prélèvements pour analyse, ou conclure sur la base de son jugement pour certains matériaux reconnus.

Conduit ancien en amiante-ciment dans une cave
État

L’état de conservation et les recommandations

Le diagnostic ne se limite pas à dire s’il y a de l’amiante : il évalue l’état des matériaux et formule des recommandations.

Pour les matériaux de la liste A, l’état de conservation conduit, selon les cas, à une évaluation périodique, à une mesure d’empoussièrement de l’air ou à des travaux de retrait ou de confinement. Pour ceux de la liste B, les recommandations vont de l’évaluation périodique à des actions correctives, plus ou moins urgentes selon la dégradation.

Une recommandation de travaux sur un matériau de la liste A est une information importante : elle implique des obligations pour le propriétaire et un coût à prévoir.

Limites

Ce que le diagnostic ne dit pas

Le diagnostic à la vente est un repérage limité. Il ne garantit pas l’absence d’amiante dans tout le logement.

  • il porte sur les matériaux visibles et accessibles, sans démontage ;
  • il ne recherche pas tous les matériaux possibles, seulement ceux des listes réglementaires ;
  • les parties inaccessibles le jour de la visite ne sont pas examinées, ce qui doit être mentionné ;
  • il ne suffit pas avant des travaux, qui exigent un repérage spécifique ;
  • il ne chiffre pas le coût d’un éventuel désamiantage.

Lisez attentivement la partie du rapport qui liste les locaux et éléments non visités : c’est là que peut se trouver ce qui manque.

Ce que le diagnostic ne dit pas
Travaux

Avant des travaux : le repérage amiante avant travaux

Avant certains travaux sur un bâtiment construit avant le 1er juillet 1997, un repérage amiante avant travaux doit être réalisé à l’initiative du donneur d’ordre.

Ce repérage, prévu par le Code du travail pour protéger les travailleurs, est plus poussé que le diagnostic de vente : il porte sur les matériaux concernés par les travaux envisagés, et peut nécessiter des sondages destructifs. Un propriétaire qui commande des travaux de rénovation à une entreprise doit en tenir compte.

Si de l’amiante est présent dans les matériaux à déposer, les travaux doivent être réalisés par une entreprise habilitée, avec des procédures spécifiques. Le coût et les délais augmentent.

Exemples

Trois situations fréquentes

L’amiante intervient souvent là où l’acheteur ne l’attendait pas.

La cuisine à refaire

Un acheteur prévoit de refaire la cuisine d’un appartement des années 1970. Le diagnostic signale des dalles de sol vinyle amiantées en bon état. Plutôt que de les déposer, il fait poser un nouveau revêtement par-dessus, après avis d’un professionnel, ce qui évite un retrait coûteux.

Le garage à transformer

Un autre souhaite transformer un garage en pièce de vie. La toiture en plaques ondulées contient de l’amiante. Son remplacement, nécessaire pour isoler, doit être confié à une entreprise qualifiée, avec un surcoût à intégrer au projet.

La salle de bains ancienne

Dans une maison des années 1980, la rénovation d’une salle de bains révèle des conduits d’évacuation en amiante-ciment encastrés, non visibles lors du diagnostic de vente. Le repérage avant travaux, réalisé avant le chantier, a permis de les identifier et d’organiser leur dépose en sécurité.

Trois situations fréquentes
Négocier

L’amiante dans la négociation

La présence d’amiante sur des matériaux que l’acheteur prévoit de modifier est un argument de négociation légitime.

Si le projet de l’acheteur implique de toucher à des matériaux amiantés, le surcoût lié au repérage avant travaux, aux précautions et éventuellement au retrait peut être estimé et intégré à l’offre. Si les matériaux amiantés sont en bon état et ne seront pas touchés, l’impact est limité.

Le vendeur ne peut pas être tenu responsable d’une information qu’il a correctement transmise. C’est donc avant la signature que l’amiante doit être pris en compte. Lisez notre article sur la négociation avec un rapport d’expertise.

Coût

L’impact sur le budget de rénovation

L’amiante peut transformer un chantier simple en chantier complexe.

Remplacer un revêtement de sol posé sur des dalles amiantées, déposer des plaques de toiture en fibres-ciment, refaire une salle de bains avec des conduits en amiante-ciment : ces travaux imposent des précautions particulières, un repérage préalable, parfois une entreprise certifiée pour le retrait, et l’évacuation des déchets en filière adaptée.

Pour un acheteur qui prévoit une rénovation importante, l’amiante est donc un poste à intégrer au budget. Une alternative est parfois possible, comme le recouvrement d’un sol amianté en bon état plutôt que sa dépose. Lisez notre article sur le budget travaux.

L'impact sur le budget de rénovation
Toiture

Toitures et annexes en fibres-ciment

Les plaques ondulées de fibres-ciment anciennes, fréquentes sur les garages, abris et dépendances, contiennent souvent de l’amiante.

Avec le temps, ces plaques se dégradent, se couvrent de mousse et deviennent friables en surface. Leur nettoyage au nettoyeur haute pression est à proscrire. Leur remplacement impose des précautions. Le diagnostic les signale en liste B lorsqu’elles sont visibles.

Pour une maison avec plusieurs annexes ainsi couvertes, le coût de leur remplacement peut être significatif. Lisez notre article sur les extérieurs et annexes.

Toiture en plaques ondulées de fibres-ciment sur un garage
Copropriété

En copropriété : le dossier technique amiante

Pour les parties communes, le syndic doit tenir à jour un dossier technique amiante, communiqué aux copropriétaires.

Ce dossier recense les matériaux amiantés des parties communes, leur état et les mesures à prendre. Il conditionne les futurs travaux collectifs : ravalement, toiture, colonnes, chaufferie. Des travaux sur des matériaux amiantés augmentent le coût supporté par chaque copropriétaire.

Demandez la fiche récapitulative du dossier technique amiante avant d’acheter. Lisez notre article sur les parties communes et celui sur les copropriétés des années 1960 et 1970.

Vie quotidienne

Vivre dans un logement contenant de l’amiante

La présence d’amiante en bon état n’empêche pas d’habiter un logement, à condition de respecter quelques règles.

  • ne pas percer, poncer, gratter ou casser les matériaux amiantés ;
  • faire appel à un professionnel informé avant tout bricolage sur ces matériaux ;
  • surveiller l’état des matériaux selon les recommandations du diagnostic ;
  • informer les entreprises intervenant dans le logement ;
  • conserver le diagnostic et le transmettre lors d’une future vente.
Recours

Un diagnostic erroné : quels recours ?

Si de l’amiante visible et accessible n’a pas été signalé, la responsabilité du diagnostiqueur peut être recherchée.

Le diagnostiqueur doit réaliser sa mission conformément aux normes et aux listes réglementaires. Une omission sur un matériau qui entrait dans son champ de repérage et qui était accessible peut engager sa responsabilité. En revanche, un matériau caché ou hors des listes ne peut pas lui être reproché.

Le vendeur, s’il connaissait la présence d’amiante non signalée, peut aussi voir sa responsabilité engagée. Lisez notre article sur la clause d’exclusion de garantie.

L’expertise

Ce que l’expertise bâtiment apporte

L’expert en bâtiment ne réalise pas le diagnostic amiante, mais il le lit dans le contexte de vos projets.

Il identifie les matériaux susceptibles de contenir de l’amiante dans les zones où vous prévoyez des travaux, signale les incohérences avec le diagnostic remis, et intègre l’amiante dans l’estimation des travaux. Il vous indique quand un repérage avant travaux sera nécessaire.

Découvrez notre guide de l’expertise pré-achat et notre article sur les diagnostics obligatoires et l’expertise bâtiment.

Check my House

Faire expertiser le bien avant de signer

L’auteur

Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.

Le tarif

Expertise avant achat ou vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise pré-achat.

FAQ

Questions fréquentes

Le diagnostic amiante est-il obligatoire à la vente ?

Oui pour les logements dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997.

Quelle est sa durée de validité ?

Illimitée s’il conclut à l’absence d’amiante selon les règles en vigueur depuis 2013 ; un suivi est requis en cas de présence.

Que sont les listes A et B ?

La liste A regroupe flocages, calorifugeages et faux plafonds ; la liste B les autres matériaux du bâtiment.

Le diagnostic garantit-il l’absence d’amiante ?

Non, il porte sur les matériaux visibles et accessibles des listes réglementaires.

Faut-il un autre repérage avant travaux ?

Oui, un repérage amiante avant travaux est exigé avant certains travaux.

L’amiante est-il dangereux en bon état ?

Le risque est limité tant que les matériaux ne sont pas dégradés ou sollicités.

Peut-on recouvrir un sol amianté ?

Dans certains cas, le recouvrement d’un sol en bon état est une alternative à la dépose.

Qu’est-ce que le dossier technique amiante ?

Le document tenu par le syndic qui recense l’amiante dans les parties communes.

Le désamiantage coûte-t-il cher ?

Il augmente sensiblement le coût et la durée des travaux concernés.

Combien coûte l’expertise avant achat ?

650 euros TTC jusqu’à 50 m², puis 3 euros par m² supplémentaire, plus 60 euros de déplacement jusqu’à 100 km et 50 euros de frais de gestion.

Un doute sur un bien ?

Faites-le examiner par un expert en bâtiment indépendant avant de signer.

Sources et références

  • Code de la construction et de l’habitation, article L271-4
  • Code de la santé publique, articles R1334-14 et suivants
  • Code du travail, repérage avant travaux (article R4412-97)
  • Service-Public, diagnostic amiante


"Appartement
Diagnostics et réglementation

Acheter une passoire thermique pour louer : le calendrier 2025 à 2034

Blog · Diagnostics et réglementation

Acheter une passoire thermique pour louer : le calendrier 2025 à 2034

Les logements les plus énergivores sont progressivement exclus du marché locatif. Pour un investisseur, acheter une passoire thermique peut être une opportunité, à condition de connaître précisément le calendrier, les travaux nécessaires et leur faisabilité. Voici ce qu’il faut savoir avant d’acheter un logement classé E, F ou G pour le louer.

1er réseau national d’expertise immobilièrePlus de 65 experts formés par l’OFIBRapport certifié sous 96h
Appartement ancien énergivore avec simple vitrage et vieux radiateurs

L’essentiel

Depuis la loi Climat et résilience, un logement doit atteindre un niveau minimal de performance énergétique pour être décent, donc louable comme résidence principale. En métropole, les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location depuis le 1er janvier 2025, les logements classés F ne le pourront plus à partir du 1er janvier 2028, et les logements classés E à partir du 1er janvier 2034. Les loyers des logements F et G sont gelés depuis août 2022. Acheter pour louer impose donc de chiffrer les travaux nécessaires et de vérifier qu’ils sont techniquement et juridiquement réalisables.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Le cadre

La performance énergétique, critère de décence

La loi Climat et résilience du 22 août 2021 a intégré la performance énergétique dans la définition du logement décent.

Un bailleur doit remettre au locataire un logement décent. Depuis cette loi, un niveau minimal de performance énergétique fait partie des critères de décence, avec un seuil qui se durcit progressivement. Un logement qui ne respecte pas le seuil en vigueur ne peut plus faire l’objet d’un nouveau bail, d’un renouvellement ou d’une reconduction tacite comme résidence principale.

Le locataire d’un logement non décent peut demander au bailleur sa mise en conformité et, à défaut, saisir le juge, qui peut ordonner des travaux et réduire le loyer.

Pour un investisseur, l’étiquette énergétique n’est donc plus un simple indicateur de charges : elle conditionne la possibilité même de percevoir un loyer, et doit être examinée avant toute offre.

Calendrier

Le calendrier en métropole

L’interdiction de mise en location progresse classe par classe.

  • depuis le 1er janvier 2023 : logements dont la consommation d’énergie finale dépasse 450 kWh par m² et par an ;
  • depuis le 1er janvier 2025 : logements classés G ;
  • à partir du 1er janvier 2028 : logements classés F ;
  • à partir du 1er janvier 2034 : logements classés E.

Un calendrier spécifique, plus tardif, s’applique dans les départements d’outre-mer. L’interdiction s’applique aux nouveaux baux et aux renouvellements ; un bail en cours se poursuit jusqu’à son terme, mais il ne pourra pas être renouvelé si le logement n’est pas conforme.

Le calendrier en métropole
Loyers

Le gel des loyers des logements F et G

Depuis le 24 août 2022, en métropole, les loyers des logements classés F et G ne peuvent plus être augmentés.

Ce gel s’applique à la révision annuelle, à la relocation et au renouvellement du bail. Pour un investisseur, il limite la progression des revenus locatifs tant que les travaux ne sont pas réalisés. Il s’ajoute, dans certaines communes, à l’encadrement des loyers.

Ce point doit être intégré au calcul de rentabilité dès l’achat, au même titre que le coût des travaux.

Il ne s’applique qu’aux logements dont le DPE affiche F ou G à la date concernée.

DPE 2026

L’effet du nouveau coefficient électricité

Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9, ce qui améliore l’étiquette de nombreux logements chauffés à l’électricité.

Un studio chauffé par convecteurs, classé G avec l’ancien calcul, peut désormais afficher une étiquette F ou E. Il redevient alors louable, au moins jusqu’à l’échéance de sa nouvelle classe. Une attestation gratuite de nouvelle étiquette peut être obtenue via l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe pour les DPE établis avant 2026.

Pour l’investisseur, il est indispensable de vérifier l’étiquette avec le nouveau calcul avant d’acheter, et d’évaluer la marge par rapport aux seuils futurs. Lisez notre article sur le DPE 2026.

L'effet du nouveau coefficient électricité
Opportunité

Une opportunité, sous conditions

Les passoires thermiques se négocient souvent avec une décote. Elle n’est une bonne affaire que si les travaux sont réalisables et chiffrés.

Un logement classé F ou G peut être acheté moins cher que des biens comparables mieux classés. Si les travaux nécessaires pour atteindre une classe suffisante sont maîtrisables, l’investisseur peut créer de la valeur. Mais si les travaux sont lourds, dépendent de la copropriété ou se heurtent à des contraintes techniques, la décote peut être insuffisante.

Le calcul doit intégrer le prix, les travaux, la durée sans loyer pendant le chantier, les aides éventuelles et le loyer après travaux.

Méthode

La méthode de calcul d’un investisseur prudent

Avant toute offre, l’investisseur doit raisonner sur le coût global, pas sur le seul prix affiché.

  • le prix d’achat et les frais d’acquisition ;
  • le coût des travaux nécessaires pour atteindre au moins la classe exigée à l’horizon de détention, et idéalement au-delà ;
  • les travaux non énergétiques révélés par l’expertise : électricité, humidité, sécurité ;
  • la durée du chantier et la perte de loyers correspondante ;
  • les appels de fonds de copropriété prévus au plan pluriannuel ;
  • le loyer réaliste après travaux, compte tenu du gel éventuel et de l’encadrement local ;
  • les aides mobilisables, sans les considérer comme acquises.

Viser directement une classe supérieure à l’exigence immédiate évite d’avoir à refaire des travaux quelques années plus tard, lorsque le seuil suivant entrera en vigueur. Un logement remis en classe E en 2026 devra encore progresser avant 2034.

La méthode de calcul d'un investisseur prudent
Calendrier travaux

Organiser les travaux dans le bon ordre

Le bon ordre des travaux évite les dépenses inutiles et les désordres.

La logique générale est de traiter d’abord l’enveloppe, puis les équipements : isoler et remplacer les menuiseries avant de dimensionner un nouveau système de chauffage, qui pourra alors être plus petit et moins cher. La ventilation doit accompagner l’amélioration de l’étanchéité à l’air. Les travaux qui relèvent de la copropriété peuvent imposer un calendrier différent.

Pour un logement déjà loué, les travaux supposent l’accord et l’information du locataire, voire son relogement temporaire. Acheter un logement vide simplifie l’organisation du chantier.

Travaux

Quels travaux pour gagner une ou deux classes ?

Les leviers dépendent du type de logement, de son mode de chauffage et de sa situation dans l’immeuble.

Isolation

Combles ou toiture, murs, planchers bas : les postes les plus efficaces dans une maison.

Menuiseries

Remplacement des fenêtres anciennes, avec entrées d’air adaptées.

Chauffage et eau chaude

Remplacement des convecteurs anciens, pompe à chaleur, chauffe-eau thermodynamique : gains importants sur l’étiquette.

Ventilation

Indispensable dès que l’on isole et que l’on remplace les fenêtres, pour éviter la condensation.

L’audit énergétique, obligatoire à la vente des maisons classées E, F ou G, propose des scénarios. Lisez notre article sur l’audit énergétique.

Travaux de rénovation énergétique dans un appartement
Copropriété

En copropriété : ce qui dépend du lot et ce qui dépend de l’immeuble

Dans un appartement, une partie des travaux les plus efficaces relève des parties communes.

L’isolation des façades, de la toiture et des planchers bas, le remplacement d’un chauffage collectif ou de fenêtres classées parties communes sont des décisions de l’assemblée générale. Le propriétaire d’un lot ne peut agir que sur ce qui relève de son logement : équipements de chauffage individuels, eau chaude, isolation intérieure, menuiseries privatives, ventilation.

Avant d’acheter, il faut donc vérifier si les travaux nécessaires sont réalisables dans le lot, et ce que prévoit le plan pluriannuel de travaux. Lisez notre article sur le plan pluriannuel de travaux.

Contraintes

Les contraintes techniques à anticiper

Certains logements sont difficiles à rénover énergétiquement.

  • petites surfaces où l’isolation intérieure réduit la surface sous le seuil de décence ;
  • façades protégées interdisant l’isolation extérieure ;
  • bâti ancien sensible à l’humidité, qui exige des solutions adaptées ;
  • impossibilité d’installer une unité extérieure de pompe à chaleur ;
  • copropriété réticente à voter des travaux ;
  • présence d’amiante dans les matériaux à déposer.

Ces contraintes doivent être identifiées avant l’achat. Lisez notre article sur les studios et chambres de service.

Les contraintes techniques à anticiper
Pathologies

Ne pas oublier l’état du bâti

Un logement énergivore est souvent un logement ancien, qui peut présenter d’autres défauts.

Humidité, électricité ancienne, plomb dans les peintures, toiture vieillissante, fissures : la décence ne se limite pas à l’énergie. Les travaux de rénovation énergétique révèlent aussi souvent des problèmes cachés, qui augmentent le budget.

Après l’été 2026, le plus chaud mesuré en France depuis 1900 selon Météo-France, le confort d’été devient aussi un critère d’attractivité locative, en particulier pour les derniers étages.

Négocier

Négocier l’achat d’une passoire thermique

La négociation doit s’appuyer sur un budget de travaux réaliste et documenté.

Le coût des travaux nécessaires pour atteindre une classe compatible avec la location, la perte de loyers pendant le chantier, le gel des loyers et les incertitudes liées à la copropriété sont des arguments objectifs. L’audit énergétique, le DPE et un rapport d’expertise fournissent la base documentaire.

Lisez notre article sur la négociation avec un rapport d’expertise.

Revente

Penser aussi à la revente

Un logement rénové et bien classé se revend plus facilement ; un logement non rénové voit son public d’acheteurs se réduire à chaque échéance.

À chaque étape du calendrier, les logements qui n’ont pas été rénovés perdent une partie de leurs acheteurs potentiels, notamment les investisseurs. À l’inverse, un logement rénové avec des travaux documentés, des factures et un nouveau DPE favorable bénéficie d’un avantage durable. L’investisseur a intérêt à conserver tous les justificatifs, qui valoriseront le bien lors de la revente.

Maison

Maison individuelle : plus de leviers, plus de responsabilités

Dans une maison, le propriétaire maîtrise tous les travaux, mais il en supporte seul le coût.

Isolation des combles et des murs, remplacement des fenêtres, changement de chauffage, ventilation : tous les leviers sont disponibles. L’audit énergétique fournit un parcours de travaux. Il faut vérifier que la structure, la toiture et l’état des murs permettent ces travaux sans désordre, notamment sur une maison ancienne.

Lisez notre article sur la maison en pierre ancienne.

L’expertise

Le rôle de l’expertise pour un investisseur

L’expertise relie la performance énergétique à l’état réel du logement et à la faisabilité des travaux.

L’expert vérifie l’état du bâti, l’humidité, la ventilation, les menuiseries, l’électricité apparente, l’isolation visible, la surface et la hauteur sous plafond, puis évalue la faisabilité des travaux énergétiques envisagés et les risques associés. Il signale ce qui relève du lot et ce qui relève de la copropriété.

Découvrez notre guide de l’expertise pré-achat et notre article sur le budget travaux.

Check my House

Faire expertiser le bien avant de signer

L’auteur

Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.

Le tarif

Expertise avant achat ou vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise pré-achat.

FAQ

Questions fréquentes

Peut-on encore louer un logement classé G ?

Non, en métropole, les logements G ne peuvent plus faire l’objet d’un nouveau bail depuis le 1er janvier 2025.

Quand les logements F seront-ils interdits à la location ?

À partir du 1er janvier 2028.

Et les logements E ?

À partir du 1er janvier 2034.

Le loyer d’un logement F peut-il augmenter ?

Non, les loyers des logements F et G sont gelés depuis le 24 août 2022 en métropole.

Un bail en cours est-il résilié ?

Non, il se poursuit, mais il ne pourra pas être renouvelé si le logement n’est pas conforme.

Le nouveau coefficient électricité peut-il aider ?

Oui, il améliore l’étiquette de nombreux logements chauffés à l’électricité depuis le 1er janvier 2026.

Quels travaux sont les plus efficaces ?

Selon les cas, isolation, chauffage et eau chaude performants, menuiseries et ventilation.

En copropriété, puis-je tout faire moi-même ?

Non, les travaux sur les parties communes relèvent de l’assemblée générale.

Acheter une passoire est-il une bonne affaire ?

Seulement si les travaux sont réalisables, chiffrés et intégrés au prix.

Combien coûte l’expertise avant achat ?

650 euros TTC jusqu’à 50 m², puis 3 euros par m² supplémentaire, plus 60 euros de déplacement jusqu’à 100 km et 50 euros de frais de gestion.

Un doute sur un bien ?

Faites-le examiner par un expert en bâtiment indépendant avant de signer.

Sources et références


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Diagnostics et réglementation

Audit énergétique obligatoire à la vente : comment l’utiliser pour négocier

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Audit énergétique obligatoire à la vente : comment l’utiliser pour négocier

Depuis 2023, la vente d’une maison classée F ou G s’accompagne d’un audit énergétique, étendu aux maisons classées E depuis le 1er janvier 2025. Plus détaillé que le DPE, il propose des scénarios de travaux chiffrés. Pour l’acheteur, c’est un document précieux pour évaluer le budget de rénovation et négocier le prix, à condition de savoir le lire et d’en connaître les limites.

1er réseau national d’expertise immobilièrePlus de 65 experts formés par l’OFIBRapport certifié sous 96h
Maison ancienne mal isolée examinée par un auditeur avec une caméra thermique

L’essentiel

L’audit énergétique réglementaire est obligatoire à la vente des maisons individuelles et des immeubles en monopropriété classés F ou G depuis le 1er avril 2023, et E depuis le 1er janvier 2025 ; il le sera pour la classe D à partir du 1er janvier 2034. Il décrit l’état énergétique du logement et propose au moins deux scénarios de travaux chiffrés, dont un par étapes, avec les gains attendus. L’acheteur peut s’en servir pour estimer le coût de la rénovation et négocier, en le complétant par une expertise de l’état du bâti.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Le cadre

Qu’est-ce que l’audit énergétique réglementaire ?

C’est une étude énergétique approfondie du logement, réalisée par un professionnel qualifié, qui propose des parcours de travaux pour améliorer sa performance.

Instauré par la loi Climat et résilience, l’audit est remis par le vendeur à l’acquéreur potentiel dès la première visite, puis annexé à la promesse ou à l’acte de vente. Il complète le DPE, qui reste obligatoire. Il est réalisé par des professionnels qualifiés pour cette mission, comme certains bureaux d’études, architectes, entreprises ou diagnostiqueurs disposant de la qualification requise.

L’audit a une durée de validité de cinq ans. Il n’oblige ni le vendeur ni l’acheteur à réaliser les travaux : c’est un document d’information.

Pour l’acheteur, il s’agit d’une information gratuite, déjà payée par le vendeur, qui mérite une lecture attentive avant toute offre.

Calendrier

Quels logements sont concernés, et depuis quand ?

L’obligation concerne les maisons individuelles et les immeubles en monopropriété, selon leur étiquette DPE.

  • depuis le 1er avril 2023 : logements classés F ou G ;
  • depuis le 1er janvier 2025 : logements classés E ;
  • à partir du 1er janvier 2034 : logements classés D.

Les appartements en copropriété ne sont pas concernés par cet audit individuel ; les copropriétés relèvent du DPE collectif et du plan pluriannuel de travaux. Depuis le 1er janvier 2026, le nouveau coefficient de l’électricité peut faire changer certaines maisons de classe, et donc modifier l’obligation. Lisez notre article sur le DPE 2026.

Quels logements sont concernés, et depuis quand ?
Contenu

Ce que contient l’audit

L’audit va beaucoup plus loin que le DPE dans l’analyse et les propositions.

L’état des lieux

Description de l’enveloppe, des équipements, des consommations estimées et des principales déperditions.

Les scénarios de travaux

Au moins deux parcours : l’un par étapes, l’autre en une fois, visant à terme une rénovation performante.

Les gains attendus

Pour chaque étape, la nouvelle classe énergétique estimée et la baisse de consommation.

Les coûts

Une estimation du coût des travaux par étape.

Les aides

Une indication des aides financières mobilisables, sous réserve des conditions en vigueur.

Image thermique d'une façade montrant des déperditions
Lire

Lire l’audit en tant qu’acheteur

Quelques questions permettent d’extraire l’essentiel.

  • Quelles sont les trois principales sources de déperdition ?
  • Quels travaux composent la première étape, et quelle classe permet-elle d’atteindre ?
  • Quel est le coût estimé de la première étape, et de l’ensemble ?
  • Les travaux proposés sont-ils compatibles avec le bâti, notamment s’il est ancien ?
  • La ventilation est-elle prévue en même temps que l’isolation ?
  • L’audit signale-t-il des points non vérifiés ?

Comparer les scénarios permet de choisir entre une rénovation progressive, étalée dans le temps, et une rénovation globale, plus coûteuse mais plus cohérente.

Négocier

Utiliser l’audit dans la négociation

L’audit fournit une base chiffrée, établie par un professionnel, pour discuter du prix.

Le coût estimé des travaux nécessaires pour sortir le logement des classes les plus basses est un argument objectif. L’acheteur peut le mettre en regard du prix demandé et des prix de biens comparables mieux classés. Le vendeur, de son côté, sait que l’information est connue de tous les acquéreurs.

Il faut néanmoins garder à l’esprit que les coûts de l’audit sont des estimations, parfois éloignées des devis réels, et que l’audit ne tient pas compte des autres travaux éventuellement nécessaires. Lisez notre article sur la négociation avec un rapport d’expertise.

Utiliser l'audit dans la négociation
Exemple

Un exemple de lecture

Voici comment un acheteur peut transformer un audit en décision.

Une maison des années 1960 classée F est mise en vente. L’audit identifie comme principales déperditions les murs non isolés, la toiture faiblement isolée et les menuiseries anciennes. Le scénario par étapes propose d’abord l’isolation des combles et le remplacement de la chaudière, pour atteindre la classe D, puis l’isolation des murs par l’extérieur et le remplacement des fenêtres, pour atteindre une classe performante.

L’acheteur retient le coût estimé de la première étape comme minimum à intégrer à son budget, et le coût total comme horizon. Il fait vérifier par un expert que la charpente peut recevoir l’isolation des combles, que les façades ne présentent pas de fissures actives avant une isolation extérieure, et que la ventilation est prévue. Il formule ensuite une offre qui tient compte de ces éléments, documents à l’appui.

Qualité

Juger la qualité d’un audit

Tous les audits ne se valent pas. Quelques indices permettent d’en apprécier le sérieux.

  • la présence de photos du logement et de ses équipements ;
  • une description précise des parois, avec leur composition ;
  • des scénarios adaptés au type de construction plutôt que génériques ;
  • des coûts détaillés poste par poste ;
  • la prise en compte de la ventilation et du confort d’été ;
  • la mention des points non vérifiés, comme des combles inaccessibles ;
  • l’identité et la qualification de l’auditeur.

Un audit très court, sans photo, avec des scénarios standard et des coûts globaux, a été réalisé rapidement. Il donne une indication, mais il doit être complété avant de prendre une décision engageante.

Juger la qualité d'un audit
Limites

Les limites de l’audit

L’audit est un document énergétique. Il ne dit rien de l’état structurel, de l’humidité ou des pathologies du bâti.

Un auditeur peut proposer d’isoler par l’intérieur des murs qui présentent des remontées capillaires, sans que l’humidité ait été traitée, ce qui risque de l’aggraver. Il peut proposer une isolation par l’extérieur sur une façade fissurée par des mouvements de sol. Il ne vérifie pas l’état de la charpente qui recevra l’isolation des rampants, ni celui de l’installation électrique.

Les coûts estimés sont souvent calculés sur des ratios moyens, sans prise en compte des contraintes réelles du chantier : accès, désamiantage, reprises de structure, finitions.

Bâti ancien

Audit et bâti ancien : une vigilance particulière

Les maisons anciennes en pierre, en terre ou en pans de bois demandent des solutions adaptées.

Les isolants étanches à la vapeur et les enduits ciment peuvent piéger l’humidité dans les murs anciens et provoquer des désordres. Les professionnels du bâti ancien privilégient des solutions perméables à la vapeur et le traitement préalable des causes d’humidité. Un audit qui ne tient pas compte de ces spécificités doit être relu avec prudence.

Lisez notre article sur la maison en pierre ancienne.

Isolation thermique par l'extérieur d'une maison
Vendeur

Côté vendeur : l’audit comme outil de vente

Pour le vendeur, l’audit est une obligation, mais il peut aussi devenir un argument.

Un audit précis, accompagné de devis d’entreprises et d’informations sur les aides, rassure l’acheteur et limite les négociations excessives fondées sur des estimations approximatives. Le vendeur qui a déjà réalisé une partie des travaux recommandés, avec factures, peut faire réaliser un nouveau DPE et, le cas échéant, sortir de l’obligation d’audit.

Lisez notre article sur l’expertise avant vente.

Ventilation

Isoler sans ventiler : l’erreur à éviter

Une maison mieux isolée et plus étanche à l’air doit être mieux ventilée.

Remplacer les fenêtres, isoler les murs et les combles réduit les infiltrations d’air parasites qui assuraient, tant bien que mal, le renouvellement de l’air. Sans ventilation adaptée, l’humidité produite par les occupants se condense et provoque des moisissures. L’audit doit prévoir la ventilation dans le parcours de travaux ; vérifiez qu’il le fait.

Une VMC simple flux hygroréglable ou une VMC double flux sont les solutions les plus courantes, selon la configuration.

Isoler sans ventiler : l'erreur à éviter
Aides

Les aides à la rénovation

L’audit indique les aides mobilisables, mais leurs conditions évoluent régulièrement.

Des aides publiques à la rénovation énergétique existent, avec des conditions de ressources, de travaux et d’accompagnement qui changent selon les années. L’accompagnement par un professionnel agréé peut être exigé pour les rénovations d’ampleur. Avant d’intégrer une aide dans son plan de financement, il faut vérifier les conditions en vigueur au moment des travaux, auprès du service public France Rénov’.

Pour les maisons exposées au retrait-gonflement des argiles, une aide expérimentale à la prévention a été mise en place en 2025 dans onze départements, sous conditions. Lisez notre article sur le retrait-gonflement des argiles.

Location

Acheter pour louer : l’audit comme feuille de route

Pour un investisseur, l’audit indique les travaux nécessaires pour respecter le calendrier d’interdiction de location.

Un logement classé G ne peut plus être proposé à la location depuis le 1er janvier 2025, un logement classé F ne le pourra plus à partir du 1er janvier 2028, un logement classé E à partir du 1er janvier 2034. L’audit indique les travaux de la première étape et leur coût, qui conditionnent la mise en location. Lisez notre article sur les passoires thermiques.

Été 2026

Confort d’été : un critère à ajouter

L’été 2026 a rappelé que la rénovation doit aussi protéger de la chaleur.

Avec 53 jours de vague de chaleur selon Météo-France, l’été 2026 a été le plus chaud mesuré en France depuis 1900. Une rénovation qui isole bien en hiver mais ne prévoit pas de protections solaires ou qui supprime l’inertie peut dégrader le confort d’été. Lors de la lecture de l’audit, vérifiez que les protections solaires et la ventilation nocturne sont envisagées, notamment pour les combles aménagés.

L’expertise

Audit et expertise bâtiment : deux regards complémentaires

L’audit dit comment améliorer la performance énergétique. L’expertise dit dans quel état est le bâti qui recevra ces travaux.

L’expert en bâtiment vérifie la structure, la toiture, l’humidité, les fissures, l’électricité apparente, puis relit les scénarios de l’audit à la lumière de ses constats : compatibilité avec le bâti, travaux préalables nécessaires, postes oubliés. L’acheteur obtient ainsi une vision complète du budget de rénovation.

Découvrez notre guide de l’expertise pré-achat et notre article sur le budget travaux.

Check my House

Faire expertiser le bien avant de signer

L’auteur

Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.

Le tarif

Expertise avant achat ou vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise pré-achat.

FAQ

Questions fréquentes

L’audit énergétique est-il obligatoire à la vente ?

Oui pour les maisons et monopropriétés classées F ou G depuis 2023, et E depuis le 1er janvier 2025.

Les appartements sont-ils concernés ?

Non, les lots de copropriété ne sont pas soumis à cet audit individuel.

Quand l’audit doit-il être remis ?

Dès la première visite, puis annexé à la promesse ou à l’acte de vente.

Combien de temps l’audit est-il valable ?

Cinq ans.

L’audit oblige-t-il à faire les travaux ?

Non, c’est un document d’information.

Les coûts de l’audit sont-ils fiables ?

Ce sont des estimations, à confirmer par des devis et à compléter par les autres travaux nécessaires.

L’audit tient-il compte de l’humidité ?

Non, il ne porte pas sur les pathologies du bâti. L’expertise le complète.

Quand l’audit sera-t-il obligatoire pour la classe D ?

À partir du 1er janvier 2034.

Les aides indiquées sont-elles garanties ?

Non, leurs conditions évoluent. Il faut les vérifier au moment des travaux.

Combien coûte l’expertise avant achat ?

650 euros TTC jusqu’à 50 m², puis 3 euros par m² supplémentaire, plus 60 euros de déplacement jusqu’à 100 km et 50 euros de frais de gestion.

Un doute sur un bien ?

Faites-le examiner par un expert en bâtiment indépendant avant de signer.

Sources et références


"Logement
Diagnostics et réglementation

DPE 2026 : le nouveau coefficient électricité change la donne pour l’acheteur

Blog · Diagnostics et réglementation

DPE 2026 : le nouveau coefficient électricité change la donne pour l’acheteur

Depuis le 1er janvier 2026, le diagnostic de performance énergétique ne calcule plus de la même manière la consommation des logements chauffés à l’électricité. Le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Des centaines de milliers de logements changent d’étiquette sans le moindre travaux. Ce qu’un acheteur doit en comprendre.

1er réseau national d’expertise immobilièrePlus de 65 experts formés par l’OFIBRapport certifié sous 96h
Logement chauffé à l'électricité avec radiateurs et étiquette énergie

L’essentiel

Le DPE exprime la consommation d’un logement en énergie primaire, en appliquant à l’électricité un coefficient de conversion. Ce coefficient est passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026, ce qui améliore mécaniquement l’étiquette des logements chauffés ou équipés à l’électricité, parfois d’une classe. Pour l’acheteur, l’étiquette affichée doit être lue avec sa date et son mode de calcul, et ne remplace pas l’examen de l’isolation, de la ventilation et de l’état réel du bâti.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Le principe

Énergie finale, énergie primaire : de quoi parle-t-on ?

Le DPE classe les logements selon leur consommation d’énergie primaire et leurs émissions de gaz à effet de serre. Pour l’électricité, il faut convertir l’énergie consommée en énergie primaire.

L’énergie finale est celle qui est facturée : les kilowattheures d’électricité, de gaz ou de fioul consommés. L’énergie primaire tient compte de l’énergie nécessaire pour produire et acheminer cette énergie finale. Pour le gaz ou le fioul, le coefficient est de 1. Pour l’électricité, il était de 2,3 : un kilowattheure consommé comptait pour 2,3 kilowattheures d’énergie primaire.

Ce coefficient pénalisait fortement les logements chauffés à l’électricité, notamment les petites surfaces équipées de convecteurs et de ballons d’eau chaude, nombreuses dans les classes F et G.

Le changement de coefficient ne modifie donc pas les logements eux-mêmes, mais la façon dont leur performance est mesurée et affichée. Pour un acheteur, cette nuance est essentielle au moment de comparer deux biens.

Le changement

Ce qui a changé au 1er janvier 2026

Le coefficient de conversion de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9 pour les DPE établis depuis le 1er janvier 2026.

Cette évolution réduit la consommation d’énergie primaire calculée pour tous les usages électriques : chauffage, eau chaude, refroidissement, éclairage, auxiliaires. Elle ne change rien aux consommations réelles ni aux factures. Elle modifie seulement la façon dont la consommation est traduite en étiquette.

Selon les estimations publiées lors de la réforme, environ 850 000 logements chauffés à l’électricité sortiraient ainsi des classes F et G. Pour un logement donné, le gain dépend de la part de l’électricité dans ses consommations et de sa position par rapport aux seuils de classe.

Il a été décidé pour mieux refléter le mix de production électrique français.

Pompe à chaleur air eau à l'extérieur d'une maison
Exemple

Un exemple théorique pour comprendre

Un calcul simple montre l’effet du nouveau coefficient sur un logement tout électrique.

Prenons un logement théorique qui consomme 10 000 kilowattheures d’électricité par an, tous usages confondus. Avec l’ancien coefficient, cette consommation comptait pour 23 000 kilowattheures d’énergie primaire. Avec le nouveau, elle compte pour 19 000 kilowattheures, soit une baisse de 4 000 kilowattheures, ou environ 17 %, sans aucun changement dans le logement.

Rapportée à la surface, cette baisse peut suffire à franchir un seuil de classe si le logement était proche de la limite. Elle peut aussi ne rien changer si le logement était au milieu d’une classe. L’étiquette retenue dépend en outre des émissions de gaz à effet de serre, l’étiquette finale étant la plus défavorable des deux indicateurs. C’est pourquoi chaque situation doit être vérifiée individuellement.

Ancien DPE

Et les DPE réalisés avant 2026 ?

Un DPE réalisé avant le 1er janvier 2026 reste valable, mais son étiquette a été calculée avec l’ancien coefficient.

Les propriétaires concernés peuvent obtenir une attestation gratuite indiquant la nouvelle étiquette, calculée avec le coefficient de 1,9, via le service mis en place par l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe, sans refaire le diagnostic. Le DPE d’origine conserve sa durée de validité de dix ans.

Pour l’acheteur, il est donc important de vérifier la date du DPE remis et, s’il est antérieur à 2026 et que le logement est chauffé à l’électricité, de demander au vendeur s’il a obtenu l’attestation de la nouvelle étiquette. Les DPE établis avant le 1er juillet 2021 ne sont plus valables aujourd’hui.

Et les DPE réalisés avant 2026 ?
Location

Les conséquences pour un projet locatif

L’étiquette conditionne la possibilité de louer. Le changement de coefficient peut faire sortir un logement de l’interdiction.

La loi Climat et résilience a fixé un calendrier : les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location depuis le 1er janvier 2025, les logements classés F ne le pourront plus à partir du 1er janvier 2028, et les logements classés E à partir du 1er janvier 2034. Un studio chauffé à l’électricité, classé G en 2025, peut avoir basculé en F ou en E avec le nouveau coefficient, et redevenir louable.

Mais attention à ne pas confondre étiquette et confort : un logement mal isolé reste coûteux à chauffer et inconfortable, ce que le locataire constatera. Lisez notre article sur les passoires thermiques.

Prix

Les conséquences sur le prix

L’étiquette DPE influence les prix. Une amélioration d’étiquette sans travaux peut modifier la négociation.

Les logements classés F et G se négocient généralement avec une décote, liée aux travaux à prévoir et aux contraintes de location. Un logement qui gagne une classe grâce au nouveau coefficient peut voir cette décote se réduire. Le vendeur peut mettre en avant la nouvelle étiquette ; l’acheteur doit rappeler que les travaux d’isolation restent, eux, nécessaires si le bâti est peu performant.

C’est la raison pour laquelle l’étiquette ne doit jamais être le seul critère : il faut regarder ce qui la compose.

Les conséquences sur le prix
Lire le DPE

Lire un DPE au-delà de l’étiquette

Le rapport de DPE contient des informations bien plus utiles que la seule lettre.

  • la date d’établissement et la méthode de calcul ;
  • la répartition des consommations par usage : chauffage, eau chaude, refroidissement ;
  • la description de l’enveloppe : murs, toiture, planchers, menuiseries, et leur isolation ;
  • les déperditions principales, poste par poste ;
  • le système de chauffage et sa date d’installation ;
  • le confort d’été, désormais évalué ;
  • les recommandations de travaux et leur ordre de priorité ;
  • l’estimation des coûts annuels d’énergie, en fourchette.

Un DPE qui décrit des murs non isolés, une toiture peu isolée et des fenêtres en simple vitrage annonce des travaux, quelle que soit la lettre finale.

Pompe à chaleur

Pompe à chaleur et électricité : un double effet

Les logements équipés d’une pompe à chaleur bénéficient à la fois de son rendement et du nouveau coefficient.

Une pompe à chaleur produit plusieurs kilowattheures de chaleur pour un kilowattheure d’électricité consommé. Combinée au coefficient de 1,9, elle peut améliorer sensiblement l’étiquette d’un logement. Pour l’acheteur, il faut néanmoins vérifier l’âge, l’entretien et le dimensionnement de l’équipement, ainsi que l’isolation du logement, sans laquelle la pompe à chaleur fonctionne mal.

L’expert observe l’unité extérieure, son implantation, les nuisances sonores éventuelles pour le voisinage, et demande les factures d’entretien.

Isolation des combles d'une maison
Petites surfaces

Les petites surfaces, premières concernées

Les studios et petits appartements chauffés à l’électricité sont les principaux bénéficiaires du changement.

Dans un petit logement, l’eau chaude sanitaire pèse lourd dans la consommation rapportée à la surface. Les seuils avaient déjà été ajustés pour les logements de moins de 40 m² depuis le 1er juillet 2024. Le nouveau coefficient s’y ajoute. De nombreux studios classés G en 2024 peuvent aujourd’hui afficher une étiquette meilleure.

Lisez notre article sur les studios et chambres de service.

Audit

DPE et audit énergétique à la vente

Pour les maisons et immeubles en monopropriété classés E, F ou G, un audit énergétique est obligatoire à la vente.

L’audit énergétique, plus détaillé que le DPE, propose des scénarios de travaux pour atteindre une meilleure classe. Il est obligatoire pour les logements classés F ou G depuis le 1er avril 2023 et pour ceux classés E depuis le 1er janvier 2025. Un logement qui passe de F à E grâce au nouveau coefficient reste soumis à l’audit, puisque la classe E est concernée.

Lisez notre article sur l’audit énergétique obligatoire à la vente.

DPE et audit énergétique à la vente
Copropriété

DPE collectif et copropriété

En copropriété, le DPE collectif de l’immeuble et le plan pluriannuel de travaux complètent le DPE du lot.

Le DPE collectif est devenu obligatoire pour toutes les tailles de copropriétés, les plus petites en 2026. Il éclaire l’état de l’enveloppe commune et les travaux collectifs possibles, comme l’isolation des façades ou de la toiture, qui amélioreront l’étiquette de chaque lot. Lisez notre article sur le plan pluriannuel de travaux.

Été 2026

Le confort d’été, l’autre critère à regarder

Après l’été 2026, le plus chaud mesuré en France depuis 1900 selon Météo-France, le confort d’été est devenu un critère d’achat.

Le DPE comporte une évaluation du confort d’été, à partir de l’inertie, des protections solaires et de l’isolation de la toiture. Cette indication reste sommaire, mais elle attire l’attention sur les logements exposés, comme les derniers étages et les maisons à forte surface vitrée. Les 53 jours de vague de chaleur de l’été 2026 ont montré l’importance de ce critère.

Lisez notre article sur l’appartement au dernier étage.

Le confort d'été, l'autre critère à regarder
Limites

Ce que le DPE ne dit pas

Le DPE est un diagnostic énergétique conventionnel, établi sans démontage. Il ne renseigne ni sur l’état du bâti, ni sur ses pathologies.

Un logement peut afficher une bonne étiquette et présenter des fissures, de l’humidité, une toiture à refaire ou une installation électrique dangereuse. À l’inverse, un logement mal classé peut être sain et simplement mal isolé. Le diagnostiqueur relève les caractéristiques thermiques ; il n’a pas pour mission d’évaluer la solidité ou l’humidité.

C’est le rôle de l’expertise bâtiment. Lisez notre article sur les diagnostics obligatoires et l’expertise bâtiment.

L’expertise

Ce que l’expert apporte à côté du DPE

L’expert relie la performance énergétique à l’état réel du bâti et aux travaux à prévoir.

Il vérifie la cohérence entre la description du DPE et ce qu’il observe : isolation des combles, nature des murs, menuiseries, système de chauffage, ventilation. Il signale les risques liés à certains travaux d’isolation, comme l’isolation intérieure d’un mur humide, et intègre l’énergie dans une vision globale des travaux. Découvrez notre guide de l’expertise pré-achat.

Check my House

Faire expertiser le bien avant de signer

L’auteur

Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.

Le tarif

Expertise avant achat ou vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise pré-achat.

FAQ

Questions fréquentes

Qu’est-ce qui a changé dans le DPE en 2026 ?

Le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026.

Mon logement peut-il changer d’étiquette sans travaux ?

Oui, s’il est chauffé ou équipé à l’électricité, il peut gagner une classe.

Faut-il refaire le DPE ?

Non, une attestation gratuite de nouvelle étiquette peut être obtenue via l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe.

Un DPE de 2020 est-il encore valable ?

Non, les DPE établis avant le 1er juillet 2021 ne sont plus valables.

Un logement G peut-il redevenir louable ?

Oui s’il passe en F ou mieux grâce au nouveau calcul, jusqu’à l’échéance de 2028 pour la classe F.

Les factures d’électricité baissent-elles ?

Non, seul le calcul de l’étiquette change, pas les consommations réelles.

L’audit énergétique reste-t-il obligatoire ?

Oui pour les maisons et monopropriétés classées E, F ou G à la vente.

Le DPE évalue-t-il le confort d’été ?

Oui, de façon sommaire, à partir de l’inertie, des protections solaires et de l’isolation.

Le DPE renseigne-t-il sur l’humidité ?

Non, il ne porte que sur la performance énergétique.

Combien coûte l’expertise avant achat ?

650 euros TTC jusqu’à 50 m², puis 3 euros par m² supplémentaire, plus 60 euros de déplacement jusqu’à 100 km et 50 euros de frais de gestion.

Un doute sur un bien ?

Faites-le examiner par un expert en bâtiment indépendant avant de signer.

Sources et références


"Appartement
Acheter un appartement

Isolation phonique d’un appartement : ce que la visite ne révèle pas

Blog · Acheter un appartement

Isolation phonique d’un appartement : ce que la visite ne révèle pas

Une visite dure trente minutes, souvent en journée, quand les voisins sont absents. Le bruit, lui, se révèle le soir, le week-end ou la nuit : pas au-dessus, conversations à travers les cloisons, chasse d’eau du voisin, circulation. L’isolation acoustique est l’un des critères les plus difficiles à évaluer avant l’achat, et l’un des plus déterminants pour la qualité de vie.

1er réseau national d’expertise immobilièrePlus de 65 experts formés par l’OFIBRapport certifié sous 96h
Appartement ancien avec parquet et expert à l'écoute des bruits

L’essentiel

L’isolation phonique d’un appartement dépend de l’époque de construction de l’immeuble, de la nature des planchers et des murs séparatifs, des revêtements de sol posés par les voisins, des menuiseries et des équipements collectifs. Avant d’acheter, il faut identifier ces éléments, visiter à différents moments, interroger le vendeur et les voisins, lire le règlement de copropriété, et faire repérer par un expert les points faibles visibles. Les travaux de correction sont possibles mais souvent limités dans le lot.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Les bruits

Bruits aériens, bruits d’impact, bruits d’équipement

On distingue trois familles de bruits, qui se transmettent différemment et appellent des solutions différentes.

Les bruits aériens

Voix, télévision, musique : ils se propagent dans l’air et traversent les parois légères, les portes, les fenêtres et les conduits.

Les bruits d’impact

Pas, chutes d’objets, chaises déplacées : ils naissent d’un choc sur une structure et se transmettent par les planchers et les murs, parfois loin de leur source.

Les bruits d’équipement

Chasses d’eau, écoulements, ascenseur, VMC, chaudière, portes de garage : ils se transmettent par les réseaux et les structures.

Un appartement peut être bien isolé contre l’un et mal contre l’autre. L’évaluation doit les distinguer.

Époque

L’époque de construction, premier indicateur

Les exigences acoustiques ont beaucoup évolué. L’âge de l’immeuble donne une première idée de sa performance.

Les immeubles anciens en pierre ont des murs épais qui isolent bien des bruits aériens, mais leurs planchers bois transmettent fortement les bruits d’impact. Les immeubles des années 1950 à 1970, souvent en béton avec des dalles minces et des cloisons légères, sont réputés peu performants. Une réglementation acoustique a été introduite progressivement pour les constructions neuves, puis renforcée au milieu des années 1990.

Les immeubles récents doivent respecter des exigences de performance entre logements. Pour un logement neuf, une garantie spécifique d’isolation phonique existe pendant un an après la prise de possession. Pour l’ancien, aucune performance n’est garantie.

En pratique, l’époque de construction ne suffit pas : les rénovations successives, les divisions de logements et les changements de revêtements de sol ont souvent modifié la performance d’origine, dans un sens ou dans l’autre. Il faut donc vérifier sur place.

L'époque de construction, premier indicateur
Planchers

Les planchers et les bruits de pas

Les bruits de pas venant de l’étage supérieur sont la première source de plainte en copropriété.

Un plancher bois ancien, un plancher en dalle béton mince, un revêtement dur posé sans sous-couche résiliente par le voisin du dessus : autant de situations favorables à la transmission des bruits d’impact. Le remplacement d’une moquette par un carrelage ou un parquet collé chez le voisin peut dégrader brutalement le confort de l’étage inférieur.

De nombreux règlements de copropriété imposent, en cas de changement de revêtement de sol, de maintenir une isolation au moins équivalente. Lisez-le, et interrogez le vendeur sur les travaux récents des voisins.

Pose d'un parquet avec sous-couche acoustique
Cloisons

Murs séparatifs et cloisons

Les murs entre logements et les cloisons intérieures n’ont pas la même fonction acoustique.

  • un mur séparatif en maçonnerie lourde isole mieux qu’une cloison légère ;
  • une cloison légère entre deux logements, fréquente après des divisions, isole mal ;
  • les prises électriques dos à dos, les gaines et les conduits traversants créent des ponts phoniques ;
  • les doublages collés peuvent dégrader la performance d’un mur ;
  • les placards contre un mur séparatif améliorent un peu la situation.

Lors de la visite, tapez légèrement sur les murs : un son creux révèle une cloison légère ou un doublage. Repérez les lots voisins et leur disposition : une chambre contre le séjour du voisin n’est pas idéale.

Un mur mitoyen avec une cage d’ascenseur mérite une attention particulière.

Façade

Fenêtres et bruits extérieurs

Les bruits de la rue entrent principalement par les fenêtres, les coffres de volets roulants et les entrées d’air.

Des fenêtres anciennes en simple vitrage, des joints usés, des coffres de volets non isolés laissent passer le bruit. Des fenêtres récentes à double vitrage améliorent nettement la situation, surtout avec des vitrages acoustiques. Mais les entrées d’air nécessaires à la ventilation doivent elles-mêmes être acoustiques dans les zones bruyantes.

Vérifiez l’exposition : rue passante, axe de bus, voie ferrée, commerces de nuit, école, cour d’immeuble résonnante. Des cartes de bruit stratégiques existent pour les grandes agglomérations et les grandes infrastructures.

Fenêtre d'appartement donnant sur une rue animée
Équipements

Ascenseur, colonnes et équipements collectifs

Les équipements de l’immeuble peuvent être une source de bruit permanente pour certains logements.

Un appartement contigu à la gaine d’ascenseur, à la machinerie, à la chaufferie, au local poubelles ou au caisson de VMC collective peut subir des bruits réguliers. Les colonnes d’évacuation qui traversent les logements transmettent les écoulements des étages supérieurs, surtout lorsqu’elles sont anciennes ou mal isolées.

Repérez ces équipements lors de la visite et demandez au vendeur ce qu’il entend au quotidien.

Visite

Comment évaluer le bruit lors des visites

Une seule visite en journée ne suffit pas. Il faut organiser l’évaluation.

  • visiter en semaine en fin de journée et, si possible, le week-end ;
  • rester quelques minutes en silence dans chaque pièce, fenêtres fermées puis ouvertes ;
  • écouter les bruits de la cage d’escalier depuis l’entrée ;
  • demander au vendeur de faire couler l’eau et tirer la chasse pour entendre les réseaux ;
  • observer les revêtements de sol du palier supérieur ;
  • passer dans la rue le soir pour repérer les commerces et l’animation.
Comment évaluer le bruit lors des visites
Voisinage

Interroger le vendeur et les voisins

Les occupants connaissent les nuisances de l’immeuble mieux que quiconque.

Posez au vendeur des questions précises : quels bruits entend-il, à quelles heures, venant d’où ? Y a-t-il eu des plaintes, des échanges avec le syndic, des litiges ? Un vendeur qui part à cause du bruit ne le dira pas toujours spontanément, mais une question directe et écrite l’oblige à répondre.

Les procès-verbaux d’assemblée générale mentionnent parfois des conflits de voisinage, des rappels au règlement sur les revêtements de sol ou des travaux d’isolation des colonnes. Lisez notre article sur la lecture des procès-verbaux.

Exemples

Trois situations fréquentes

Quelques cas typiques illustrent ce que la visite ne montre pas.

Le parquet du voisin

Un acheteur visite un appartement haussmannien un samedi matin, calme. Après l’emménagement, il découvre que le voisin du dessus a posé un parquet contrecollé sans sous-couche l’année précédente : chaque pas résonne. Le règlement de copropriété prévoyait le maintien de l’isolation, mais le litige prendra des mois.

La cloison de division

Un deux-pièces issu de la division d’un grand appartement partage avec le lot voisin une simple cloison en plaques de plâtre. Les conversations sont audibles. Un doublage acoustique est possible, au prix de quelques centimètres de surface.

La colonne d’évacuation

Une chambre est traversée par la colonne d’évacuation de l’immeuble, coffrée dans un angle. Chaque nuit, les chasses d’eau des étages supérieurs se font entendre. L’isolation du coffrage améliore la situation, mais la colonne ancienne reste bruyante.

Trois situations fréquentes
Valeur

Le bruit, un facteur de valeur et de revente

Un appartement bruyant se vend plus difficilement et se loue avec plus de rotation.

Les acheteurs et les locataires sont de plus en plus sensibles au confort acoustique, notamment avec le développement du télétravail, qui allonge le temps passé dans le logement. Un appartement exposé à une rue bruyante ou à des voisins sonores peut se négocier plus difficilement à la revente, et les locataires partent plus vite.

Identifier ces nuisances avant l’achat permet d’en tenir compte dans le prix, de prévoir les travaux d’amélioration possibles, ou de choisir un autre bien. C’est un critère aussi légitime que l’état de la toiture ou de l’électricité.

Droit

Ce que dit le droit sur les nuisances sonores

Les nuisances sonores excessives relèvent du trouble anormal de voisinage et, en copropriété, du règlement.

Le Code civil prévoit, depuis la loi du 15 avril 2024, que le propriétaire, le locataire ou l’occupant qui cause à autrui un trouble anormal de voisinage est responsable du dommage qui en résulte. Le règlement de copropriété peut aussi imposer des règles sur les revêtements de sol et les activités. Le règlement sanitaire départemental et le Code de la santé publique encadrent les bruits de comportement.

Ces outils permettent d’agir contre un voisin, mais ils sont lents et conflictuels. Il vaut mieux évaluer la situation avant d’acheter.

Ce que dit le droit sur les nuisances sonores
Travaux

Ce que l’on peut améliorer après l’achat

Certaines améliorations sont possibles dans le lot, d’autres dépendent des voisins ou de la copropriété.

Bruits extérieurs

Fenêtres à vitrage acoustique, coffres de volets isolés, entrées d’air acoustiques : efficace et maîtrisable.

Bruits aériens des voisins

Doublage acoustique désolidarisé des murs séparatifs, traitement des prises et des gaines : efficace mais réduit la surface.

Bruits d’impact du dessus

Faux plafond acoustique suspendu : amélioration partielle. La vraie solution est chez le voisin du dessus, avec une sous-couche sous son revêtement.

Bruits d’équipement

Isolation des colonnes, traitement des fixations : souvent une décision collective.

Maison

En maison mitoyenne aussi

Les maisons mitoyennes, de ville ou en lotissement, peuvent présenter des problèmes de bruit entre voisins.

Un mur mitoyen léger, une charpente continue entre deux maisons, des planchers encastrés dans le mur mitoyen transmettent les bruits. Les mêmes méthodes d’évaluation s’appliquent : visites à différents moments, questions au vendeur, observation des structures.

L’expertise

Ce que l’expert peut repérer

L’expert en bâtiment ne réalise pas de mesure acoustique réglementaire, mais il identifie les points faibles constructifs.

Il identifie la nature des planchers, des murs séparatifs et des cloisons, repère les doublages et les ponts phoniques, observe les menuiseries et les entrées d’air, la position des équipements collectifs et des colonnes, et les revêtements visibles. Il signale les configurations à risque et les améliorations possibles. Si l’enjeu est majeur, une mesure acoustique par un acousticien peut compléter l’expertise.

Découvrez notre guide de l’expertise pré-achat et nos articles sur l’appartement ancien et les copropriétés des années 1960 et 1970.

Check my House

Faire expertiser le bien avant de signer

L’auteur

Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.

Le tarif

Expertise avant achat ou vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise pré-achat.

FAQ

Questions fréquentes

Comment évaluer le bruit d’un appartement avant d’acheter ?

En visitant à plusieurs moments, en écoutant en silence, en interrogeant le vendeur et les voisins, et en faisant repérer les points faibles.

Les immeubles anciens sont-ils bien isolés ?

Leurs murs épais isolent bien des voix, mais leurs planchers bois transmettent les bruits de pas.

Le voisin peut-il remplacer sa moquette par du carrelage ?

Souvent oui, mais le règlement de copropriété peut imposer de maintenir une isolation équivalente.

Un faux plafond supprime-t-il les bruits de pas ?

Il les atténue partiellement. La solution la plus efficace est chez le voisin du dessus.

Les fenêtres neuves suffisent-elles contre la rue ?

Elles améliorent nettement, surtout avec un vitrage acoustique et des entrées d’air adaptées.

Existe-t-il une garantie acoustique ?

Pour un logement neuf, une garantie d’isolation phonique d’un an existe. Pas pour l’ancien.

Que faire contre un voisin bruyant ?

Dialogue, syndic, médiation, puis action pour trouble anormal de voisinage si nécessaire.

L’expert mesure-t-il le bruit ?

Il identifie les points faibles constructifs ; une mesure acoustique relève d’un acousticien.

Les colonnes d’évacuation font-elles du bruit ?

Oui, surtout anciennes ou mal isolées, dans les logements qu’elles traversent.

Combien coûte l’expertise avant achat ?

650 euros TTC jusqu’à 50 m², puis 3 euros par m² supplémentaire, plus 60 euros de déplacement jusqu’à 100 km et 50 euros de frais de gestion.

Un doute sur un bien ?

Faites-le examiner par un expert en bâtiment indépendant avant de signer.

Sources et références

  • Code civil, article 1253 (trouble anormal de voisinage)
  • Code de la santé publique, bruits de voisinage
  • Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 (statut de la copropriété)


"Chambre
Acheter un appartement

Studio ou chambre de service : les pièges techniques de l’investissement locatif

Blog · Acheter un appartement

Studio ou chambre de service : les pièges techniques de l’investissement locatif

Petit ticket d’entrée, forte demande locative, rendement attractif : le studio et la chambre de service séduisent les investisseurs. Mais ces petites surfaces cumulent les contraintes techniques et réglementaires : surface minimale, décence, DPE, ventilation, sanitaires, chaleur sous les toits. Voici les pièges à éviter avant d’acheter pour louer.

1er réseau national d’expertise immobilièrePlus de 65 experts formés par l’OFIBRapport certifié sous 96h
Chambre de service sous les toits aménagée en studio

L’essentiel

Avant d’acheter un studio ou une chambre de service pour la location, il faut vérifier que le logement peut légalement être loué : surface habitable d’au moins 9 m² avec 2,20 m de hauteur sous plafond, ou volume habitable d’au moins 20 m³, conformité aux critères de décence, étiquette DPE compatible avec le calendrier d’interdiction de location, équipements sanitaires, ventilation et sécurité électrique. Les surfaces réduites amplifient les problèmes d’humidité et de chaleur, et l’état de l’immeuble pèse sur le rendement.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Le marché

Pourquoi ces petites surfaces attirent les investisseurs

Les studios et chambres de service répondent à une forte demande locative, notamment étudiante, avec un prix d’achat limité.

Dans les grandes villes, la demande de petits logements dépasse souvent l’offre. Le prix au mètre carré d’une petite surface est élevé, mais le prix total reste accessible. Le rendement brut peut paraître attractif.

Mais une petite surface ne pardonne rien : un mètre carré de moins, un défaut de ventilation, une étiquette énergétique défavorable ou une humidité persistante peuvent rendre le logement non louable ou dégrader la relation locative. Les vérifications techniques sont donc plus importantes encore que pour un grand appartement.

Avant de calculer un rendement, il faut donc s’assurer que le logement est louable, qu’il le restera dans les années à venir, et que les travaux nécessaires, dans le lot comme dans l’immeuble, ne viendront pas annuler la rentabilité espérée. C’est l’objet des vérifications détaillées ci-dessous.

Surface

La surface minimale : le premier critère

Pour être loué comme résidence principale, un logement doit disposer d’au moins une pièce principale ayant soit une surface habitable d’au moins 9 m² et une hauteur sous plafond d’au moins 2,20 m, soit un volume habitable d’au moins 20 m³.

Ce critère est fixé par le décret du 30 janvier 2002 relatif au logement décent. Il s’apprécie selon les règles de calcul de la surface habitable, qui excluent notamment les parties de moins de 1,80 m de hauteur. Dans une chambre de service sous les toits, avec des rampants, la surface réellement prise en compte peut être nettement inférieure à la surface au sol.

Vérifiez la surface habitable et la surface au sens de la loi Carrez mentionnées dans les documents, et faites-les contrôler en cas de doute. Un logement en dessous du seuil ne peut pas être loué comme résidence principale, quel que soit son aménagement.

La loi Carrez exclut elle aussi les parties de moins de 1,80 m, mais les deux surfaces ne se calculent pas exactement de la même manière.

Couloir desservant des chambres de service au dernier étage d'un immeuble ancien
Décence

Les autres critères de décence

Au-delà de la surface, le logement loué doit répondre à des critères de sécurité, de santé et d’équipement.

  • clos et couvert assurés, sans infiltration ;
  • absence de risques manifestes pour la sécurité et la santé ;
  • installations électriques et de gaz en bon état et conformes aux normes de sécurité ;
  • dispositifs de ventilation et d’ouverture permettant un renouvellement de l’air adapté ;
  • éclairage naturel suffisant de la pièce principale ;
  • une installation permettant un chauffage normal ;
  • une cuisine ou un coin cuisine avec évier et eau chaude et froide ;
  • une installation sanitaire intérieure au logement comprenant un WC, séparé de la cuisine et de la pièce de repas, et un équipement pour la toilette, sauf exception pour les logements d’une seule pièce dont le WC peut être extérieur s’il est situé dans le même bâtiment et facilement accessible ;
  • un niveau de performance énergétique minimal, selon le calendrier en vigueur.

Ces critères sont issus du décret de 2002 et de ses modifications. Un logement qui ne les respecte pas expose le bailleur à des actions du locataire et à des sanctions.

Le locataire peut demander la mise en conformité, et le juge peut réduire le loyer ou ordonner des travaux.

DPE

DPE des petites surfaces et calendrier de location

La performance énergétique conditionne désormais la possibilité de louer. Les petites surfaces sont particulièrement concernées.

Les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location depuis le 1er janvier 2025, les logements classés F ne le pourront plus à partir du 1er janvier 2028, et les logements classés E à partir du 1er janvier 2034. Les petites surfaces obtenaient souvent de mauvaises étiquettes, en raison du poids de l’eau chaude sanitaire rapporté à la surface ; les seuils ont été ajustés pour les logements de moins de 40 m² depuis le 1er juillet 2024.

Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9, ce qui améliore l’étiquette de nombreux studios chauffés à l’électricité. Vérifiez la date du DPE et la possibilité d’obtenir une attestation de la nouvelle étiquette. Lisez nos articles sur le DPE 2026 et les passoires thermiques.

DPE des petites surfaces et calendrier de location
Humidité

Humidité et condensation : le fléau des petites surfaces

Dans un petit volume, la vapeur d’eau produite par la douche, la cuisine et la respiration se concentre rapidement.

Sans ventilation efficace, la condensation provoque des moisissures sur les murs froids, autour des fenêtres, derrière le lit. C’est la première source de litiges entre bailleurs et locataires de studios. Une ventilation mécanique, des entrées d’air et une extraction dans la salle d’eau et la cuisine sont indispensables.

Lors de la visite, recherchez les traces de moisissures, les peintures récentes localisées, l’absence de bouche d’extraction, une fenêtre qui ne s’ouvre qu’en partie. Lisez notre article sur l’humidité dans un logement.

Condensation et moisissures autour d'une petite fenêtre de studio
Chaleur

Chaleur sous les toits après l’été 2026

Les chambres de service sont généralement situées au dernier étage, sous une couverture souvent peu isolée.

L’été 2026, le plus chaud mesuré en France depuis 1900 selon Météo-France, avec 53 jours de vague de chaleur, a rappelé que ces logements peuvent devenir très difficiles à vivre en été. Une petite fenêtre de toit ou une lucarne unique limite la ventilation naturelle.

Vérifiez l’isolation sous la couverture, les protections solaires, la possibilité de ventiler. Ce critère pèse sur l’attractivité locative et sur la rotation des locataires. Lisez notre article sur l’appartement au dernier étage.

Sanitaires

Sanitaires, évacuations et raccordements

Les chambres de service n’avaient à l’origine ni salle d’eau ni WC. Leur création a souvent été réalisée de façon sommaire.

Les broyeurs

Fréquents dans les chambres de service, ils sont bruyants, sujets aux pannes et doivent être autorisés par le règlement sanitaire et parfois par la copropriété.

Les évacuations

Raccordées sur des descentes communes parfois éloignées, avec des pentes insuffisantes, elles provoquent des engorgements et des dégâts des eaux chez les voisins.

L’eau chaude

Un petit chauffe-eau électrique occupe de la place et pèse sur le DPE.

Les autorisations

Le raccordement aux colonnes communes peut nécessiter l’accord de la copropriété.

Sanitaires, évacuations et raccordements
Électricité

Électricité et sécurité

Les installations électriques des petites surfaces sont souvent sollicitées au maximum.

Chauffage électrique, plaques de cuisson, chauffe-eau, électroménager : dans un studio, tout fonctionne sur une installation de petite puissance, parfois ancienne. Le diagnostic électricité est obligatoire pour les installations de plus de quinze ans. L’expert observe le tableau, la protection différentielle, la terre et l’état des équipements.

La conformité aux normes de sécurité est un critère de décence. Lisez notre article sur le diagnostic électricité.

Réunion

Réunion de lots et divisions

Certains studios résultent de la réunion de plusieurs chambres de service, ou au contraire de la division d’un grand logement.

Une réunion de lots peut impliquer l’annexion d’une partie du couloir commun, qui doit avoir été acquise auprès de la copropriété, et l’ouverture de murs, qui doit avoir été autorisée. Une division doit respecter les règles d’urbanisme, le règlement de copropriété et, dans certaines communes, un régime d’autorisation préalable. Chaque lot créé doit répondre aux critères de décence.

Vérifiez dans l’acte et l’état descriptif de division que le lot correspond bien à ce qui est vendu. Lisez notre article sur l’achat à un marchand de biens.

Réunion de lots et divisions
Copropriété

L’immeuble pèse sur le rendement

Les charges et travaux de copropriété représentent une part plus importante du loyer pour une petite surface.

Un ravalement, une réfection de toiture ou un remplacement de colonnes se répartissent selon les tantièmes. Rapportées au loyer d’un studio, ces dépenses peuvent absorber plusieurs années de rendement. Les chambres de service sous les toits sont aussi directement exposées aux infiltrations de toiture.

Lisez les procès-verbaux et le plan pluriannuel de travaux avant de calculer la rentabilité. Lisez nos articles sur les procès-verbaux et le plan pluriannuel.

Réglementation

Les règles locales de location

Certaines communes encadrent la location par des dispositifs spécifiques.

Selon les communes, peuvent s’appliquer un encadrement des loyers, une autorisation ou une déclaration préalable de mise en location, ou des règles particulières pour la location meublée de courte durée. Ces dispositifs évoluent ; renseignez-vous auprès de la mairie avant d’acheter.

Ils ne relèvent pas de l’expertise technique, mais ils conditionnent la rentabilité du projet.

Les règles locales de location
Bruit

Bruit et voisinage

Les petites surfaces sont souvent situées dans des étages où les nuisances sont concentrées.

Couloir commun desservant plusieurs chambres, broyeurs, cloisons légères entre lots, planchers bois anciens : le confort acoustique est souvent médiocre. Pour un locataire, c’est un motif fréquent de départ.

Lisez notre article sur l’isolation phonique d’un appartement.

L’expertise

Ce que l’expertise apporte à un investisseur

Pour un investisseur, l’expertise sécurise à la fois la conformité locative et le budget de travaux.

L’expert contrôle la surface et les hauteurs, les critères visibles de décence, l’humidité et la ventilation, les sanitaires et les évacuations, l’électricité apparente, l’isolation sous toiture, et l’état des parties communes accessibles. Il signale ce qui empêcherait ou fragiliserait la location et ce qui doit être chiffré.

Découvrez notre guide de l’expertise pré-achat. Pour un studio de 20 m², le tarif est de 650 euros TTC, la surface étant inférieure à 50 m², auxquels s’ajoutent le déplacement et les frais de gestion.

Check my House

Faire expertiser le bien avant de signer

L’auteur

Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.

Le tarif

Expertise avant achat ou vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise pré-achat.

FAQ

Questions fréquentes

Quelle surface minimale pour louer ?

Une pièce principale d’au moins 9 m² avec 2,20 m de hauteur sous plafond, ou un volume habitable d’au moins 20 m³.

Une chambre de service peut-elle être louée ?

Oui si elle respecte la surface minimale et les autres critères de décence.

Le WC peut-il être sur le palier ?

Pour un logement d’une seule pièce, le WC peut être extérieur s’il est dans le même bâtiment et facilement accessible.

Peut-on louer un studio classé G ?

Non, les logements G ne peuvent plus être proposés à la location depuis le 1er janvier 2025.

Les seuils DPE sont-ils différents pour les petites surfaces ?

Ils ont été ajustés pour les logements de moins de 40 m² depuis le 1er juillet 2024.

Pourquoi les studios sont-ils souvent humides ?

Le petit volume concentre la vapeur d’eau ; sans ventilation, la condensation apparaît vite.

Un broyeur est-il autorisé ?

Il est encadré par le règlement sanitaire et parfois par le règlement de copropriété. Vérifiez avant d’acheter.

Les charges de copropriété comptent-elles beaucoup ?

Oui, rapportées au loyer d’une petite surface, elles pèsent fortement sur le rendement.

Faut-il vérifier les règles locales ?

Oui, encadrement des loyers et autorisations de mise en location varient selon les communes.

Combien coûte l’expertise d’un studio ?

650 euros TTC jusqu’à 50 m², plus 60 euros de déplacement jusqu’à 100 km et 50 euros de frais de gestion.

Un doute sur un bien ?

Faites-le examiner par un expert en bâtiment indépendant avant de signer.

Sources et références


"Résidence
Acheter un appartement

Copropriétés des années 1960 et 1970 : façades béton, balcons et travaux à venir

Blog · Acheter un appartement

Copropriétés des années 1960 et 1970 : façades béton, balcons et travaux à venir

Les résidences construites dans les années 1960 et 1970 offrent souvent des appartements spacieux, lumineux, avec balcon et parking, à des prix accessibles. Elles arrivent aussi à un âge où le béton, l’étanchéité, les réseaux et la performance énergétique demandent des travaux importants. Voici ce qu’il faut savoir avant d’y acheter.

1er réseau national d’expertise immobilièrePlus de 65 experts formés par l’OFIBRapport certifié sous 96h
Résidence des années 1970 en béton avec balcons

L’essentiel

Les copropriétés des années 1960 et 1970 ont été construites rapidement, souvent en béton armé, avant les premières réglementations thermiques. Leurs points faibles typiques sont la corrosion des armatures du béton en façade et sur les balcons, les toitures-terrasses, les colonnes d’eau et d’évacuation, l’amiante dans certains matériaux, et une isolation thermique faible. Avant d’acheter, il faut examiner l’état du béton, lire le plan pluriannuel de travaux et anticiper la rénovation énergétique.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Le contexte

Une génération d’immeubles construite vite

Les années 1960 et 1970 correspondent à une période de construction massive, avec des méthodes industrialisées et peu de contraintes thermiques.

Pour répondre à la demande de logements, de nombreuses résidences ont été construites en béton armé, avec des panneaux préfabriqués, des balcons en porte-à-faux, des toitures-terrasses et des réseaux standardisés. Les premières exigences thermiques n’apparaissent qu’au milieu des années 1970, après le premier choc pétrolier. Les immeubles antérieurs sont donc généralement peu ou pas isolés.

Ces immeubles ont aujourd’hui plus de cinquante ans. Ils sont souvent sains sur le plan structurel, mais leurs composants arrivent en fin de vie, et les obligations de rénovation énergétique les placent au cœur des enjeux de la décennie.

Acheter dans une telle résidence n’est donc ni une bonne ni une mauvaise affaire en soi : tout dépend de l’état réel de l’immeuble et de la capacité de la copropriété à programmer ses travaux.

Béton

La corrosion des armatures : le désordre typique

Le principal désordre des bétons de cette époque est la corrosion des aciers d’armature, qui fait éclater le béton.

Avec le temps, le béton perd sa capacité à protéger les aciers, sous l’effet de la carbonatation et de la pénétration de l’eau. Les aciers rouillent, gonflent et font éclater le béton qui les recouvre. Le phénomène est accentué lorsque l’enrobage, l’épaisseur de béton qui protège l’acier, est insuffisant, ce qui était fréquent à l’époque.

Les signes : traces de rouille sur la façade, fissures parallèles aux armatures, éclats de béton laissant voir les aciers, morceaux tombés au pied des façades. Les nez de balcons, les acrotères, les corniches et les poteaux sont les zones les plus touchées.

Béton éclaté avec armature rouillée sur un nez de balcon
Balcons

Balcons et garde-corps : sécurité avant tout

Les balcons en porte-à-faux sont exposés aux intempéries sur toutes leurs faces. Leur dégradation est un enjeu de sécurité.

  • éclats de béton en sous-face et en rive ;
  • aciers apparents et corrodés ;
  • fissures à l’encastrement dans la façade ;
  • étanchéité de la dalle absente ou dégradée, avec infiltrations dans la sous-face ;
  • garde-corps métalliques corrodés à leurs fixations ;
  • évacuations bouchées ou absentes.

Un balcon dégradé peut faire l’objet d’une interdiction d’accès par la copropriété en attendant les travaux. Les réparations de béton et de garde-corps sont souvent intégrées à un ravalement global.

Interrogez le syndic sur les éventuels balcons condamnés ou les arrêtés de mise en sécurité.

Toiture

Les toitures-terrasses

La plupart des résidences de cette époque ont des toitures-terrasses, dont l’étanchéité a souvent été refaite une ou plusieurs fois.

L’étanchéité d’une toiture-terrasse a une durée de vie limitée. Les procès-verbaux et le carnet d’entretien indiquent la date de la dernière réfection. Une réfection ancienne, des infiltrations récurrentes au dernier étage, des réparations ponctuelles répétées annoncent des travaux.

La réfection de l’étanchéité est l’occasion d’isoler la toiture, ce qui améliore fortement le confort des derniers étages. Lisez notre article sur l’appartement au dernier étage.

Les toitures-terrasses
Réseaux

Colonnes d’eau, évacuations et chauffage collectif

Les réseaux d’origine arrivent en fin de vie et leur remplacement est un chantier lourd.

Colonnes d’eau

Acier galvanisé corrodé, fuites, eau colorée, pression faible aux étages.

Évacuations

Fonte ou matériaux d’époque fissurés, engorgements, dégâts des eaux répétés.

Chauffage collectif

Chaudières remplacées une ou plusieurs fois, réseaux de distribution d’origine, émetteurs anciens, équilibrage défaillant.

Vide-ordures

Souvent condamnés, ils posent parfois des questions d’hygiène et de sécurité incendie.

Le remplacement des colonnes implique d’intervenir dans chaque logement, avec des travaux de reprise des finitions. Lisez notre article sur les parties communes.

Ventilation

Ventilation collective et conduits

De nombreux immeubles de cette époque sont ventilés par des conduits collectifs dont le fonctionnement a pu être perturbé.

Les conduits collectifs, parfois appelés shunts, assurent une ventilation naturelle des cuisines et salles d’eau par tirage thermique. Lorsque les occupants installent des hottes motorisées raccordées sur ces conduits, remplacent leurs fenêtres par des modèles étanches sans entrées d’air, ou obstruent les grilles, la ventilation de tout l’immeuble est perturbée : refoulements d’odeurs, condensation, moisissures.

Certaines copropriétés ont installé une VMC collective, dont l’entretien et le remplacement des moteurs sont des postes de charges. L’expert vérifie les bouches d’extraction, les entrées d’air et les signes de condensation dans le logement.

Ventilation collective et conduits
Amiante

Amiante : un sujet incontournable

Les immeubles construits avant le 1er juillet 1997 peuvent contenir de l’amiante, et ceux des années 1960 et 1970 en contiennent fréquemment.

L’amiante peut se trouver dans les dalles de sol, les colles, les conduits, les flocages, les plaques de façade ou de toiture, les enduits, les joints. Le dossier technique amiante des parties communes, tenu par le syndic, et le diagnostic amiante du lot, obligatoire à la vente, en signalent la présence dans les matériaux repérés.

L’amiante n’est pas dangereux tant qu’il reste en bon état et n’est pas travaillé. Il devient un enjeu lors des travaux : désamiantage, précautions, coûts et délais supplémentaires. Lisez notre article sur l’amiante dans un logement à acheter.

Énergie

La rénovation énergétique, enjeu majeur de la décennie

Ces immeubles sont souvent classés en étiquettes énergétiques basses. Leur rénovation est encouragée et, pour les logements loués, de plus en plus nécessaire.

Le calendrier d’interdiction de location des logements énergivores concerne la classe G depuis le 1er janvier 2025, la classe F à partir du 1er janvier 2028 et la classe E à partir du 1er janvier 2034. Dans une résidence non isolée, de nombreux logements sont concernés. Les solutions efficaces sont souvent collectives : isolation thermique par l’extérieur, isolation de la toiture et des planchers bas, remplacement des menuiseries, modernisation du chauffage.

Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9, ce qui peut améliorer l’étiquette de logements chauffés à l’électricité. Lisez nos articles sur le DPE 2026 et les passoires thermiques.

Rénovation énergétique d'une résidence des années 1970
Plan

Le plan pluriannuel de travaux, document clé

Pour ces copropriétés de plus de quinze ans, le plan pluriannuel de travaux est obligatoire et particulièrement révélateur.

Il recense les travaux nécessaires sur dix ans, en estime le coût et propose un échéancier. Dans une résidence des années 1960 ou 1970, il comprend souvent un ravalement avec traitement des bétons, une isolation thermique par l’extérieur, une réfection de toiture-terrasse, un remplacement des colonnes et une modernisation du chauffage.

Pour l’acheteur, c’est la meilleure source pour estimer les appels de fonds à venir. Lisez notre article sur le plan pluriannuel de travaux.

Ravalement

Ravalement et isolation : un chantier à mutualiser

Lorsque le ravalement d’une façade est nécessaire, la réglementation pousse à l’accompagner d’une isolation thermique.

Le Code de la construction et de l’habitation prévoit, sous conditions et avec des exceptions techniques, juridiques ou économiques, l’obligation d’isoler lors de travaux importants de ravalement. Réaliser les deux opérations ensemble mutualise l’échafaudage et les frais de chantier.

Pour l’acheteur, un ravalement avec isolation récemment réalisé est un atout considérable : immeuble rénové, charges de chauffage réduites, étiquette améliorée. Un ravalement à venir est au contraire un coût à anticiper.

Ravalement et isolation : un chantier à mutualiser
Parkings

Parkings souterrains et dalles

Les parkings souterrains de cette époque présentent souvent des désordres liés à l’eau et à la corrosion.

Infiltrations par la dalle supérieure, souvent recouverte d’espaces verts ou de voiries, corrosion des aciers en sous-face, fissures avec coulures blanches de calcite, évacuations insuffisantes. Les travaux d’étanchéité d’une dalle de parking sont lourds, car ils imposent de déposer ce qui la recouvre.

L’expert observe les sous-faces de dalles, les poteaux, les traces d’eau et les réparations antérieures.

Sécheresse

Mouvements de sol et sécheresse de 2026

Les immeubles construits sur des terrains argileux peuvent être affectés par les mouvements liés au retrait-gonflement.

Les immeubles collectifs sont en général fondés plus profondément que les maisons individuelles et sont moins sensibles. Mais les bâtiments bas, les annexes, les parkings et les dallages extérieurs peuvent subir des désordres. L’été 2026, le plus chaud mesuré en France depuis 1900 selon Météo-France avec une sécheresse des sols sans précédent en moyenne, a pu en provoquer.

Consultez l’état des risques et interrogez le syndic sur d’éventuelles fissures récentes. Lisez notre article sur l’état des risques.

Mouvements de sol et sécheresse de 2026
Le lot

Dans le logement : les points à vérifier

Au-delà de l’immeuble, l’appartement lui-même présente des points typiques de son époque.

  • menuiseries d’origine ou remplacées, et leur performance ;
  • électricité d’origine, souvent sans protection différentielle suffisante ;
  • ventilation par conduits collectifs ou VMC, et son fonctionnement ;
  • dalles de sol et colles pouvant contenir de l’amiante ;
  • radiateurs du chauffage collectif et robinets thermostatiques ;
  • isolation phonique entre logements, souvent faible.

Lisez notre article sur l’isolation phonique.

Atouts

Des atouts réels à ne pas négliger

Ces résidences ont aussi des qualités qui expliquent leur succès.

Surfaces généreuses, plans rationnels, logements traversants, balcons, espaces verts, parkings, ascenseurs, situation souvent proche des transports et des équipements. Une copropriété bien gérée, qui a engagé sa rénovation, offre un excellent rapport qualité-prix.

L’enjeu pour l’acheteur est de distinguer une résidence qui a anticipé ses travaux d’une résidence qui les a reportés.

L’expertise

Ce que l’expert vérifie dans ces copropriétés

L’expertise combine l’examen du lot, des parties communes accessibles et la lecture des documents.

L’expert observe les façades et balcons, les signes de corrosion des bétons, la cage d’escalier, les caves et parkings, l’état apparent des réseaux, puis l’appartement : électricité, ventilation, menuiseries, humidité, revêtements susceptibles de contenir de l’amiante. Il confronte ses constats au plan pluriannuel de travaux et aux procès-verbaux, et hiérarchise les dépenses à venir.

Découvrez notre guide de l’expertise pré-achat et notre article sur la lecture des procès-verbaux.

Check my House

Faire expertiser le bien avant de signer

L’auteur

Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.

Le tarif

Expertise avant achat ou vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise pré-achat.

FAQ

Questions fréquentes

Les immeubles des années 1970 sont-ils fragiles ?

Ils sont généralement sains structurellement, mais leurs composants arrivent en fin de vie.

Qu’est-ce que le béton éclaté ?

Un désordre dû à la corrosion des aciers d’armature, qui gonflent et font éclater le béton.

Les balcons sont-ils dangereux ?

Dégradés, ils peuvent présenter un risque de chute d’éléments. Leur réparation est prioritaire.

Y a-t-il de l’amiante dans ces immeubles ?

C’est fréquent. Le dossier technique amiante et le diagnostic du lot le signalent.

Ces logements sont-ils énergivores ?

Souvent, faute d’isolation d’origine. La rénovation collective est la solution la plus efficace.

Le ravalement impose-t-il une isolation ?

Sous conditions et avec des exceptions, la réglementation impose d’isoler lors de travaux importants de ravalement.

Quel document lire en priorité ?

Le plan pluriannuel de travaux, puis les procès-verbaux d’assemblée générale.

Un parking souterrain peut-il poser problème ?

Oui, infiltrations et corrosion des dalles sont fréquentes et coûteuses à traiter.

Faut-il éviter ces copropriétés ?

Non, mais il faut savoir si les travaux ont été anticipés ou reportés.

Combien coûte l’expertise avant achat ?

650 euros TTC jusqu’à 50 m², puis 3 euros par m² supplémentaire, plus 60 euros de déplacement jusqu’à 100 km et 50 euros de frais de gestion.

Un doute sur un bien ?

Faites-le examiner par un expert en bâtiment indépendant avant de signer.

Sources et références


"Appartement
Acheter un appartement

Appartement rénové : cloisons supprimées et murs porteurs

Blog · Acheter un appartement

Appartement rénové : cloisons supprimées et murs porteurs

Cuisine ouverte, double séjour réuni, salle de bains agrandie : les appartements rénovés ont souvent perdu des cloisons. Quand l’une d’elles était un mur porteur, la suppression engage la structure de l’immeuble et nécessite une étude, des renforts et une autorisation de la copropriété. Voici comment vérifier, avant d’acheter, qu’une ouverture a été réalisée dans les règles.

1er réseau national d’expertise immobilièrePlus de 65 experts formés par l’OFIBRapport certifié sous 96h
Appartement rénové avec cuisine ouverte et poutre de reprise apparente

L’essentiel

Supprimer ou ouvrir un mur porteur dans un appartement touche au gros œuvre de l’immeuble, qui est une partie commune. Les travaux doivent avoir été précédés d’une étude par un bureau d’études structure, réalisés avec des renforts adaptés (poutre, poteaux, appuis) par une entreprise assurée, et autorisés par l’assemblée générale des copropriétaires. Avant d’acheter, il faut réclamer ces documents et faire vérifier les indices visibles de désordre.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Le principe

Mur porteur, cloison : quelle différence ?

Un mur porteur transmet les charges des planchers et des étages supérieurs jusqu’aux fondations. Une cloison ne porte que son propre poids.

Dans un immeuble, les murs porteurs comprennent les façades, les murs de refend qui séparent les appartements ou traversent le bâtiment, et parfois des murs intérieurs aux logements. Les planchers reposent sur eux. Les cloisons, en briques plâtrières, carreaux de plâtre ou plaques sur ossature, ne participent pas à la structure, du moins en principe.

Dans les immeubles anciens, la frontière est parfois floue : des cloisons en pans de bois ou en briques peuvent avoir pris des charges au fil du temps, à mesure que les planchers se déformaient. Supprimer une telle cloison peut provoquer un fléchissement du plancher supérieur.

Pour l’acheteur, la question n’est donc pas seulement de savoir si un mur a été supprimé, mais si sa suppression a été pensée, calculée, autorisée et correctement exécutée.

Reconnaître

Comment reconnaître un mur porteur ?

Plusieurs indices orientent, mais seul un professionnel peut conclure avec certitude.

  • son épaisseur, généralement supérieure à celle d’une cloison ;
  • sa position : mur de refend, alignement sur plusieurs étages, mur sur lequel reposent les poutres ou solives ;
  • le son : un mur plein et dense sonne différemment d’une cloison légère ;
  • sa présence sur les plans de l’immeuble, s’ils existent ;
  • l’existence du même mur dans les appartements voisins et aux étages supérieurs et inférieurs.

Les plans de l’immeuble sont parfois disponibles auprès du syndic ou dans les archives. Ils permettent de vérifier la nature d’un mur supprimé.

En cas de doute, une consultation du syndic ou de l’architecte de l’immeuble, quand il en existe un, permet souvent d’obtenir une réponse rapide.

Comment reconnaître un mur porteur ?
Les risques

Les risques d’une suppression non étudiée

Une ouverture mal dimensionnée reporte les charges sur des éléments qui ne sont pas prévus pour les recevoir.

Les conséquences peuvent être progressives : fléchissement du plancher haut, fissures dans l’appartement du dessus, portes qui frottent aux étages supérieurs, poinçonnement des appuis de la poutre de reprise, fissures dans la cage d’escalier. Dans les cas graves, elles mettent en cause la sécurité de l’immeuble.

Les désordres peuvent apparaître plusieurs années après les travaux, ce qui complique l’identification de la cause et la mise en cause des responsables.

Fissure au plafond le long d'une ancienne cloison supprimée
Autorisation

L’autorisation de l’assemblée générale

Le gros œuvre étant une partie commune, la suppression ou l’ouverture d’un mur porteur nécessite l’autorisation de l’assemblée générale des copropriétaires.

La loi du 10 juillet 1965 soumet à l’autorisation de l’assemblée générale, à la majorité de l’article 25, les travaux effectués par un copropriétaire à ses frais et qui affectent les parties communes. La copropriété exige généralement une étude de structure, l’intervention d’une entreprise assurée et parfois le contrôle d’un architecte ou d’un bureau d’études désigné par elle.

Des travaux réalisés sans autorisation exposent leur auteur, et parfois ses successeurs, à une action du syndicat des copropriétaires, qui peut demander la remise en état ou la régularisation. L’acheteur doit donc vérifier l’existence de cette autorisation dans les procès-verbaux.

Étude

L’étude de structure et les renforts

Une ouverture dans un mur porteur doit être dimensionnée par un bureau d’études structure.

L’ingénieur calcule les charges reprises, dimensionne la poutre de reprise, en acier, en béton ou en bois selon les cas, ainsi que ses appuis, poteaux ou sommiers, et vérifie que les murs et fondations sous les appuis peuvent recevoir les efforts concentrés. Il précise la méthode d’exécution, notamment l’étaiement provisoire.

La note de calcul et les plans d’exécution sont les documents qui attestent de cette étude. Une poutre posée sans étude, sur des appuis improvisés, est une source de risque même si aucun désordre n’est encore visible.

L'étude de structure et les renforts
Documents

Les documents à réclamer au vendeur

Un appartement dont un mur porteur a été ouvert doit être accompagné d’un dossier précis.

  • le procès-verbal d’assemblée générale autorisant les travaux ;
  • l’étude de structure et la note de calcul ;
  • les plans d’exécution ;
  • les factures de l’entreprise et son attestation d’assurance décennale à la date des travaux ;
  • le procès-verbal de réception des travaux ;
  • le cas échéant, le rapport de contrôle de l’architecte ou du bureau d’études de la copropriété ;
  • les photos du chantier, qui montrent la poutre et ses appuis avant habillage.

L’absence de ces documents ne prouve pas que les travaux sont mal faits, mais elle prive l’acheteur de garanties et justifie une investigation.

Questions

Les questions à poser lors de la visite

Quelques questions directes au vendeur permettent souvent de savoir rapidement à quoi s’en tenir.

  • Quels murs ou cloisons ont été supprimés, et en quelle année ?
  • Les travaux ont-ils été autorisés en assemblée générale ? Pouvez-vous me transmettre le procès-verbal ?
  • Quel bureau d’études a dimensionné la poutre ?
  • Quelle entreprise a réalisé les travaux, et avez-vous son attestation décennale ?
  • Des fissures sont-elles apparues depuis, chez vous ou chez les voisins ?
  • Avez-vous des photos du chantier ?

Un vendeur qui a fait les choses dans les règles dispose en général de ces réponses et de ces documents. Des réponses floues sur une ouverture importante justifient de suspendre la décision jusqu’à un avis technique.

Les questions à poser lors de la visite
Indices

Les indices visibles d’un problème

Même sans démontage, certains signes doivent alerter lors de la visite.

  • une fissure au plafond le long de l’ancienne cloison ou de la poutre ;
  • une flèche visible de la poutre ou du plafond ;
  • des fissures en diagonale aux extrémités de l’ouverture ;
  • un parquet qui s’incline vers l’ouverture à l’étage ;
  • des portes qui frottent dans l’appartement ou chez les voisins du dessus ;
  • une poutre posée directement sur une cloison ou sur un appui de faible section ;
  • des fissures récentes dans la cage d’escalier au droit de l’appartement.

L’expert peut aussi interroger le voisin du dessus, si l’occasion se présente, sur l’apparition de fissures après les travaux.

Ouverture d'un mur porteur avec étaiement en cours de travaux
Cloisons

Même une cloison peut poser question

Dans le bâti ancien, une cloison qui n’était pas porteuse à l’origine peut l’être devenue.

Les planchers bois anciens se déforment avec le temps et viennent parfois s’appuyer sur les cloisons situées en dessous. La suppression de ces cloisons libère le plancher, qui fléchit davantage. Ce phénomène explique des fissures au plafond et des déformations de parquet à l’étage après des travaux pourtant présentés comme portant sur de simples cloisons.

L’expert observe la planéité des planchers et des plafonds, et recherche les déformations au droit des cloisons supprimées.

Planchers

Autres modifications de structure fréquentes

Les rénovations d’appartements touchent parfois aussi aux planchers.

Trémie pour une mezzanine ou un duplex

L’ouverture d’un plancher pour créer un escalier entre deux niveaux coupe des solives et doit être étudiée et autorisée.

Salle de bains déplacée

Une baignoire ou une douche maçonnée sur un plancher bois ancien ajoute une charge importante, et les évacuations nouvelles peuvent entailler les solives.

Chape lourde

Une chape ou un carrelage sur un ancien plancher bois augmente la charge et peut provoquer un fléchissement.

Percement de façade

Agrandir une fenêtre ou créer une porte-fenêtre touche aussi au gros œuvre et à l’aspect extérieur.

Autres modifications de structure fréquentes
Recours

Si un problème apparaît après l’achat

Les recours dépendent de la date des travaux, de leur auteur et de ce que savait le vendeur.

Si les travaux ont été réalisés par une entreprise depuis moins de dix ans, la garantie décennale peut être mobilisée pour les dommages qui compromettent la solidité. Si le vendeur a réalisé ou fait réaliser les travaux sans autorisation ni étude et a dissimulé les désordres, la garantie des vices cachés ou le dol peuvent être invoqués. Le syndicat des copropriétaires peut aussi agir contre le propriétaire du lot pour obtenir une remise en état.

Lisez nos articles sur les vendeur de mauvaise foi et la rénovation sans factures.

Marchand de biens

Le cas des appartements rénovés par un professionnel

Les marchands de biens rénovent souvent en ouvrant les espaces. Leur qualité de professionnel renforce la protection de l’acheteur.

Un vendeur professionnel est présumé connaître les vices du bien qu’il vend, et peut être tenu comme constructeur s’il a fait réaliser des travaux importants. Cette protection juridique ne dispense pas de vérifier les autorisations et l’étude de structure, car un litige reste long et coûteux.

Lisez notre article sur l’achat à un marchand de biens.

Maison

Et dans une maison ?

Dans une maison individuelle, il n’y a pas d’autorisation de copropriété, mais les mêmes exigences techniques s’appliquent.

L’ouverture d’un mur porteur dans une maison doit aussi être étudiée et réalisée avec des renforts adaptés. Les indices de désordre sont les mêmes : fissures au plafond, flèche de la poutre, fissures à l’étage, portes qui frottent. Sur sol argileux, après l’été 2026, le plus chaud mesuré en France depuis 1900 selon Météo-France, il faut distinguer ces désordres de ceux liés aux mouvements de sol.

Lisez notre article sur la signification des fissures.

L’expertise

Ce que l’expert vérifie

L’expert ne démonte pas l’habillage de la poutre, mais il dispose d’indices et de méthodes pour évaluer la situation.

Il repère les cloisons ou murs supprimés en comparant avec la configuration habituelle de l’immeuble, observe la poutre et ses appuis lorsqu’ils sont visibles, mesure la planéité des sols et plafonds, recherche les fissures caractéristiques, et vérifie la cohérence avec les documents fournis. En cas de doute sérieux, il recommande l’avis d’un bureau d’études structure avant la signature.

Découvrez notre guide de l’expertise pré-achat et notre article sur l’appartement ancien.

Check my House

Faire expertiser le bien avant de signer

L’auteur

Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.

Le tarif

Expertise avant achat ou vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise pré-achat.

FAQ

Questions fréquentes

Faut-il une autorisation pour supprimer un mur porteur en copropriété ?

Oui, celle de l’assemblée générale, car le gros œuvre est une partie commune.

Comment savoir si le mur supprimé était porteur ?

Par son épaisseur, sa position, les plans de l’immeuble et l’avis d’un professionnel.

Quels documents demander ?

L’autorisation d’AG, l’étude de structure, les factures, l’attestation décennale et les photos du chantier.

Une fissure au plafond le long de la poutre est-elle grave ?

Elle peut signaler un fléchissement et doit être examinée par un expert.

Une simple cloison peut-elle être porteuse ?

Dans l’ancien, une cloison peut avoir repris des charges au fil du temps.

Que risque l’acheteur si les travaux n’ont pas été autorisés ?

Une action de la copropriété en remise en état ou en régularisation, et des difficultés de revente.

La garantie décennale s’applique-t-elle ?

Oui si une entreprise a réalisé les travaux depuis moins de dix ans et que les dommages compromettent la solidité.

L’expert peut-il voir la poutre ?

Il observe ce qui est visible et recherche les indices de désordre, sans démontage.

Une mezzanine pose-t-elle les mêmes questions ?

Oui, si elle a nécessité l’ouverture d’un plancher ou repose sur des appuis improvisés.

Combien coûte l’expertise avant achat ?

650 euros TTC jusqu’à 50 m², puis 3 euros par m² supplémentaire, plus 60 euros de déplacement jusqu’à 100 km et 50 euros de frais de gestion.

Un doute sur un bien ?

Faites-le examiner par un expert en bâtiment indépendant avant de signer.

Sources et références


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