DPE 2026 : le nouveau coefficient électricité change la donne pour l’acheteur
Depuis le 1er janvier 2026, le diagnostic de performance énergétique ne calcule plus de la même manière la consommation des logements chauffés à l’électricité. Le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Des centaines de milliers de logements changent d’étiquette sans le moindre travaux. Ce qu’un acheteur doit en comprendre.
Le DPE exprime la consommation d’un logement en énergie primaire, en appliquant à l’électricité un coefficient de conversion. Ce coefficient est passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026, ce qui améliore mécaniquement l’étiquette des logements chauffés ou équipés à l’électricité, parfois d’une classe. Pour l’acheteur, l’étiquette affichée doit être lue avec sa date et son mode de calcul, et ne remplace pas l’examen de l’isolation, de la ventilation et de l’état réel du bâti.
Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.
Énergie finale, énergie primaire : de quoi parle-t-on ?
Le DPE classe les logements selon leur consommation d’énergie primaire et leurs émissions de gaz à effet de serre. Pour l’électricité, il faut convertir l’énergie consommée en énergie primaire.
L’énergie finale est celle qui est facturée : les kilowattheures d’électricité, de gaz ou de fioul consommés. L’énergie primaire tient compte de l’énergie nécessaire pour produire et acheminer cette énergie finale. Pour le gaz ou le fioul, le coefficient est de 1. Pour l’électricité, il était de 2,3 : un kilowattheure consommé comptait pour 2,3 kilowattheures d’énergie primaire.
Ce coefficient pénalisait fortement les logements chauffés à l’électricité, notamment les petites surfaces équipées de convecteurs et de ballons d’eau chaude, nombreuses dans les classes F et G.
Le changement de coefficient ne modifie donc pas les logements eux-mêmes, mais la façon dont leur performance est mesurée et affichée. Pour un acheteur, cette nuance est essentielle au moment de comparer deux biens.
Ce qui a changé au 1er janvier 2026
Le coefficient de conversion de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9 pour les DPE établis depuis le 1er janvier 2026.
Cette évolution réduit la consommation d’énergie primaire calculée pour tous les usages électriques : chauffage, eau chaude, refroidissement, éclairage, auxiliaires. Elle ne change rien aux consommations réelles ni aux factures. Elle modifie seulement la façon dont la consommation est traduite en étiquette.
Selon les estimations publiées lors de la réforme, environ 850 000 logements chauffés à l’électricité sortiraient ainsi des classes F et G. Pour un logement donné, le gain dépend de la part de l’électricité dans ses consommations et de sa position par rapport aux seuils de classe.
Il a été décidé pour mieux refléter le mix de production électrique français.

Un exemple théorique pour comprendre
Un calcul simple montre l’effet du nouveau coefficient sur un logement tout électrique.
Prenons un logement théorique qui consomme 10 000 kilowattheures d’électricité par an, tous usages confondus. Avec l’ancien coefficient, cette consommation comptait pour 23 000 kilowattheures d’énergie primaire. Avec le nouveau, elle compte pour 19 000 kilowattheures, soit une baisse de 4 000 kilowattheures, ou environ 17 %, sans aucun changement dans le logement.
Rapportée à la surface, cette baisse peut suffire à franchir un seuil de classe si le logement était proche de la limite. Elle peut aussi ne rien changer si le logement était au milieu d’une classe. L’étiquette retenue dépend en outre des émissions de gaz à effet de serre, l’étiquette finale étant la plus défavorable des deux indicateurs. C’est pourquoi chaque situation doit être vérifiée individuellement.
Et les DPE réalisés avant 2026 ?
Un DPE réalisé avant le 1er janvier 2026 reste valable, mais son étiquette a été calculée avec l’ancien coefficient.
Les propriétaires concernés peuvent obtenir une attestation gratuite indiquant la nouvelle étiquette, calculée avec le coefficient de 1,9, via le service mis en place par l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe, sans refaire le diagnostic. Le DPE d’origine conserve sa durée de validité de dix ans.
Pour l’acheteur, il est donc important de vérifier la date du DPE remis et, s’il est antérieur à 2026 et que le logement est chauffé à l’électricité, de demander au vendeur s’il a obtenu l’attestation de la nouvelle étiquette. Les DPE établis avant le 1er juillet 2021 ne sont plus valables aujourd’hui.

Les conséquences pour un projet locatif
L’étiquette conditionne la possibilité de louer. Le changement de coefficient peut faire sortir un logement de l’interdiction.
La loi Climat et résilience a fixé un calendrier : les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location depuis le 1er janvier 2025, les logements classés F ne le pourront plus à partir du 1er janvier 2028, et les logements classés E à partir du 1er janvier 2034. Un studio chauffé à l’électricité, classé G en 2025, peut avoir basculé en F ou en E avec le nouveau coefficient, et redevenir louable.
Mais attention à ne pas confondre étiquette et confort : un logement mal isolé reste coûteux à chauffer et inconfortable, ce que le locataire constatera. Lisez notre article sur les passoires thermiques.
Les conséquences sur le prix
L’étiquette DPE influence les prix. Une amélioration d’étiquette sans travaux peut modifier la négociation.
Les logements classés F et G se négocient généralement avec une décote, liée aux travaux à prévoir et aux contraintes de location. Un logement qui gagne une classe grâce au nouveau coefficient peut voir cette décote se réduire. Le vendeur peut mettre en avant la nouvelle étiquette ; l’acheteur doit rappeler que les travaux d’isolation restent, eux, nécessaires si le bâti est peu performant.
C’est la raison pour laquelle l’étiquette ne doit jamais être le seul critère : il faut regarder ce qui la compose.

Lire un DPE au-delà de l’étiquette
Le rapport de DPE contient des informations bien plus utiles que la seule lettre.
- la date d’établissement et la méthode de calcul ;
- la répartition des consommations par usage : chauffage, eau chaude, refroidissement ;
- la description de l’enveloppe : murs, toiture, planchers, menuiseries, et leur isolation ;
- les déperditions principales, poste par poste ;
- le système de chauffage et sa date d’installation ;
- le confort d’été, désormais évalué ;
- les recommandations de travaux et leur ordre de priorité ;
- l’estimation des coûts annuels d’énergie, en fourchette.
Un DPE qui décrit des murs non isolés, une toiture peu isolée et des fenêtres en simple vitrage annonce des travaux, quelle que soit la lettre finale.
Pompe à chaleur et électricité : un double effet
Les logements équipés d’une pompe à chaleur bénéficient à la fois de son rendement et du nouveau coefficient.
Une pompe à chaleur produit plusieurs kilowattheures de chaleur pour un kilowattheure d’électricité consommé. Combinée au coefficient de 1,9, elle peut améliorer sensiblement l’étiquette d’un logement. Pour l’acheteur, il faut néanmoins vérifier l’âge, l’entretien et le dimensionnement de l’équipement, ainsi que l’isolation du logement, sans laquelle la pompe à chaleur fonctionne mal.
L’expert observe l’unité extérieure, son implantation, les nuisances sonores éventuelles pour le voisinage, et demande les factures d’entretien.

Les petites surfaces, premières concernées
Les studios et petits appartements chauffés à l’électricité sont les principaux bénéficiaires du changement.
Dans un petit logement, l’eau chaude sanitaire pèse lourd dans la consommation rapportée à la surface. Les seuils avaient déjà été ajustés pour les logements de moins de 40 m² depuis le 1er juillet 2024. Le nouveau coefficient s’y ajoute. De nombreux studios classés G en 2024 peuvent aujourd’hui afficher une étiquette meilleure.
Lisez notre article sur les studios et chambres de service.
DPE et audit énergétique à la vente
Pour les maisons et immeubles en monopropriété classés E, F ou G, un audit énergétique est obligatoire à la vente.
L’audit énergétique, plus détaillé que le DPE, propose des scénarios de travaux pour atteindre une meilleure classe. Il est obligatoire pour les logements classés F ou G depuis le 1er avril 2023 et pour ceux classés E depuis le 1er janvier 2025. Un logement qui passe de F à E grâce au nouveau coefficient reste soumis à l’audit, puisque la classe E est concernée.
Lisez notre article sur l’audit énergétique obligatoire à la vente.

DPE collectif et copropriété
En copropriété, le DPE collectif de l’immeuble et le plan pluriannuel de travaux complètent le DPE du lot.
Le DPE collectif est devenu obligatoire pour toutes les tailles de copropriétés, les plus petites en 2026. Il éclaire l’état de l’enveloppe commune et les travaux collectifs possibles, comme l’isolation des façades ou de la toiture, qui amélioreront l’étiquette de chaque lot. Lisez notre article sur le plan pluriannuel de travaux.
Le confort d’été, l’autre critère à regarder
Après l’été 2026, le plus chaud mesuré en France depuis 1900 selon Météo-France, le confort d’été est devenu un critère d’achat.
Le DPE comporte une évaluation du confort d’été, à partir de l’inertie, des protections solaires et de l’isolation de la toiture. Cette indication reste sommaire, mais elle attire l’attention sur les logements exposés, comme les derniers étages et les maisons à forte surface vitrée. Les 53 jours de vague de chaleur de l’été 2026 ont montré l’importance de ce critère.
Lisez notre article sur l’appartement au dernier étage.

Ce que le DPE ne dit pas
Le DPE est un diagnostic énergétique conventionnel, établi sans démontage. Il ne renseigne ni sur l’état du bâti, ni sur ses pathologies.
Un logement peut afficher une bonne étiquette et présenter des fissures, de l’humidité, une toiture à refaire ou une installation électrique dangereuse. À l’inverse, un logement mal classé peut être sain et simplement mal isolé. Le diagnostiqueur relève les caractéristiques thermiques ; il n’a pas pour mission d’évaluer la solidité ou l’humidité.
C’est le rôle de l’expertise bâtiment. Lisez notre article sur les diagnostics obligatoires et l’expertise bâtiment.
Ce que l’expert apporte à côté du DPE
L’expert relie la performance énergétique à l’état réel du bâti et aux travaux à prévoir.
Il vérifie la cohérence entre la description du DPE et ce qu’il observe : isolation des combles, nature des murs, menuiseries, système de chauffage, ventilation. Il signale les risques liés à certains travaux d’isolation, comme l’isolation intérieure d’un mur humide, et intègre l’énergie dans une vision globale des travaux. Découvrez notre guide de l’expertise pré-achat.
Faire expertiser le bien avant de signer
L’auteur
Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.
Le tarif
Expertise avant achat ou vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise pré-achat.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qui a changé dans le DPE en 2026 ?
Le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026.
Mon logement peut-il changer d’étiquette sans travaux ?
Oui, s’il est chauffé ou équipé à l’électricité, il peut gagner une classe.
Faut-il refaire le DPE ?
Non, une attestation gratuite de nouvelle étiquette peut être obtenue via l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe.
Un DPE de 2020 est-il encore valable ?
Non, les DPE établis avant le 1er juillet 2021 ne sont plus valables.
Un logement G peut-il redevenir louable ?
Oui s’il passe en F ou mieux grâce au nouveau calcul, jusqu’à l’échéance de 2028 pour la classe F.
Les factures d’électricité baissent-elles ?
Non, seul le calcul de l’étiquette change, pas les consommations réelles.
L’audit énergétique reste-t-il obligatoire ?
Oui pour les maisons et monopropriétés classées E, F ou G à la vente.
Le DPE évalue-t-il le confort d’été ?
Oui, de façon sommaire, à partir de l’inertie, des protections solaires et de l’isolation.
Le DPE renseigne-t-il sur l’humidité ?
Non, il ne porte que sur la performance énergétique.
Combien coûte l’expertise avant achat ?
650 euros TTC jusqu’à 50 m², puis 3 euros par m² supplémentaire, plus 60 euros de déplacement jusqu’à 100 km et 50 euros de frais de gestion.
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Sources et références
- Observatoire DPE-Audit (Ademe)
- Loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 (Climat et résilience)
- Météo-France, bilan climatique de l’été 2026




