Lire les arrêtés de catastrophe naturelle d’une commune avant d’acheter
Chaque commune a un historique de catastrophes naturelles, consultable gratuitement. Pour un acheteur, c’est une mine d’informations sur les risques réels du secteur, à condition de savoir la lire.
Avant d’acheter, consultez sur Géorisques la liste des arrêtés de catastrophe naturelle de la commune : leur nombre, leur type (inondation, sécheresse, mouvement de terrain) et leurs dates. Plusieurs arrêtés sécheresse signalent un sol argileux qui travaille ; des inondations répétées imposent de vérifier la situation exacte du bien. Ces données ne remplacent pas l’examen de la maison, mais elles orientent l’expertise.
Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.
Qu’est-ce qu’un arrêté de catastrophe naturelle ?
L’état de catastrophe naturelle est constaté par un arrêté interministériel qui désigne les communes, les périodes et la nature des phénomènes reconnus. Il ouvre la garantie catastrophe naturelle des contrats d’assurance.
Le régime est prévu par l’article L125-1 du Code des assurances. La commune dépose une demande, examinée par une commission interministérielle, puis l’arrêté est publié au Journal officiel. Les sinistrés disposent alors de 30 jours à compter de la publication pour déclarer leurs dommages à leur assureur.
Pour un acheteur, l’intérêt est ailleurs : chaque arrêté est la trace officielle d’un événement qui a causé des dommages sur la commune. Leur accumulation dessine le profil de risques du secteur.
Consulter la base GASPAR sur Géorisques
Géorisques, le portail public du ministère de la Transition écologique, recense pour chaque commune la liste des arrêtés de catastrophe naturelle, avec les dates de l’événement et de publication.
La recherche se fait par nom de commune ou par adresse. On obtient une liste où figurent le type de phénomène (inondations et coulées de boue, mouvements de terrain, sécheresse, remontées de nappe, chocs mécaniques liés aux vagues), la date de début de l’événement et la date de l’arrêté.
Le même portail présente les risques recensés sur la commune : inondation, mouvement de terrain, séisme, radon, risques industriels. Ces deux informations se complètent.

Ce que révèlent les arrêtés sécheresse
Un arrêté sécheresse reconnaît des mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols : c’est la signature du retrait-gonflement des argiles.
Une commune qui cumule plusieurs arrêtés sécheresse, par exemple pour 2003, 2018, 2022 et 2025, présente des sols qui travaillent et des maisons qui ont déjà subi des dommages. L’arrêté du 12 juin 2026 a ainsi reconnu la sécheresse de 2025 dans 183 communes de 42 départements.
La sécheresse de l’été 2026, la plus sévère jamais observée pour les sols selon Météo-France, fera probablement l’objet de nouvelles demandes. Les arrêtés correspondants sont attendus commune par commune, en général l’année suivante. Leur absence aujourd’hui ne signifie donc pas que la commune a été épargnée.
Pour une maison individuelle dans une telle commune, l’examen des fissures et des fondations devient prioritaire. Lisez notre article sur le retrait-gonflement des argiles.
Inondations, coulées de boue et remontées de nappe
Les arrêtés inondation sont les plus nombreux en France. Leur lecture impose de distinguer le type de phénomène et la situation exacte du bien dans la commune.
Une inondation par débordement de cours d’eau concerne surtout les zones basses proches de la rivière. Le ruissellement et les coulées de boue touchent les pieds de pente et les points bas des quartiers. Les remontées de nappe affectent les sous-sols et les rez-de-chaussée, parfois loin de tout cours d’eau.
Un arrêté communal ne dit pas si votre rue a été touchée. Croisez-le avec la carte des zones inondables, le plan de prévention des risques s’il existe, et posez la question au vendeur et aux voisins. Sur place, l’expert recherche les traces d’anciennes venues d’eau : dépôts, auréoles, reprises d’enduit en bas de mur, menuiseries remplacées.

Le lien avec l’état des risques et pollutions
L’état des risques et pollutions, annexé à la promesse de vente, reprend les risques du secteur et mentionne les sinistres indemnisés au titre d’une catastrophe naturelle dont le vendeur a connaissance.
Ce document de moins de six mois fait partie du dossier de diagnostic technique prévu par l’article L271-4 du Code de la construction et de l’habitation. Il ne remplace pas la consultation de l’historique communal, mais il doit être cohérent avec lui.
Si la commune a connu plusieurs arrêtés et que le vendeur n’indique aucun sinistre, ce n’est pas forcément suspect : beaucoup de maisons traversent ces événements sans dommage. Mais c’est une question à poser, par écrit.
Mouvements de terrain, vagues, avalanches : les arrêtés moins connus
Au-delà des inondations et des sécheresses, les arrêtés couvrent d’autres phénomènes qui intéressent directement l’acheteur.
Les mouvements de terrain hors sécheresse, comme les glissements, éboulements ou effondrements de cavités, concernent les communes à relief marqué ou au sous-sol creusé par d’anciennes carrières. Un tel arrêté impose de vérifier la situation du terrain, la présence de murs de soutènement et l’état des fondations.
Sur le littoral, les arrêtés pour chocs mécaniques liés à l’action des vagues et submersion marine signalent des secteurs exposés aux tempêtes. Les biens en première ligne, les rez-de-chaussée et les sous-sols y sont les plus concernés, et l’ambiance marine accélère le vieillissement des matériaux.
Ces arrêtés plus rares sont souvent les plus parlants : ils désignent des phénomènes localisés, que l’on peut rapprocher de la topographie et de l’histoire du quartier. N’hésitez pas à interroger le service urbanisme de la mairie, qui connaît généralement les secteurs touchés.

Deux profils de communes, deux expertises différentes
Le même bien ne s’examine pas de la même façon selon l’historique de la commune.
Dans une commune qui cumule une vingtaine d’arrêtés sécheresse, comme c’est le cas de plusieurs grandes villes du Sud-Ouest et de l’arc méditerranéen selon Géorisques, l’expert concentre son examen d’une maison sur les fissures, les ouvertures, les extensions, la végétation et les eaux pluviales.
Dans une commune où les arrêtés concernent surtout les inondations et les remontées de nappe, il descend en priorité au sous-sol, mesure l’humidité des murs bas, recherche les traces d’anciennes venues d’eau et examine les évacuations. L’historique communal ne change pas la méthode, il change les priorités.
Ce que les arrêtés ne disent pas
Un historique chargé ne condamne pas une maison, et un historique vierge ne la garantit pas.
- un arrêté porte sur une commune entière, pas sur une parcelle ;
- une commune peut avoir subi des dommages sans obtenir d’arrêté, faute de demande ou de critères remplis ;
- les reconnaissances arrivent avec retard, souvent l’année suivante ;
- l’arrêté ne dit rien de l’état de la maison que vous visitez.
C’est pourquoi l’historique communal sert à orienter l’expertise, pas à la remplacer. Il indique à l’expert sur quoi porter son attention : fissures et fondations pour une commune à sécheresses, sous-sols et rez-de-chaussée pour une commune à inondations.

Notre méthode en quatre étapes
Quelques minutes de recherche avant la visite suffisent à mieux préparer votre achat.
1. Relever les arrêtés
Notez le nombre d’arrêtés par type et la date des plus récents.
2. Situer le bien
Consultez la carte des argiles et les zones inondables à l’adresse exacte.
3. Questionner le vendeur
Demandez par écrit si le bien a subi des dommages lors de ces événements.
4. Faire examiner le bien
Transmettez ces informations à l’expert, qui ciblera son examen sur les désordres attendus.
Consultez aussi notre guide de l’expertise pré-achat et nos pages consacrées aux grandes villes, qui présentent l’historique Géorisques de chaque commune.
Comment lire la liste des arrêtés d’une commune
La liste des arrêtés de catastrophe naturelle d’une commune se consulte sur Géorisques. Quelques clés permettent de l’interpréter.
Chaque arrêté mentionne le type de phénomène, par exemple mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols, la période concernée et la date de publication. Plusieurs arrêtés sécheresse sur une même commune signalent une exposition récurrente : les maisons fondées superficiellement y ont été sollicitées à plusieurs reprises.
Un arrêté ne signifie pas que toutes les maisons de la commune ont été touchées, ni qu’une maison précise a été indemnisée. Il faut donc compléter par la déclaration du vendeur sur les sinistres indemnisés, obligatoire, et par l’examen de la maison elle-même.

L’attente d’une éventuelle reconnaissance pour 2026
La reconnaissance de la sécheresse 2026 n’interviendra, le cas échéant, qu’ultérieurement.
Selon Météo-France, l’été 2026 a été le plus chaud mesuré en France depuis 1900, avec une sécheresse des sols sans précédent en moyenne. De nombreuses communes devraient déposer des demandes de reconnaissance. En attendant, les arrêtés publiés en 2026 portent principalement sur la sécheresse de 2025, comme l’arrêté du 12 juin 2026 qui concerne 183 communes de 42 départements.
Pour un acheteur, cela signifie qu’une maison fissurée en 2026 peut faire l’objet d’une indemnisation après la vente. Le sort de cette éventuelle indemnité doit être réglé dans le compromis. Lisez notre article sur l’indemnisation de la sécheresse 2026.
Les questions à poser au vendeur
La liste des arrêtés doit être complétée par des questions précises au vendeur.
- Le bien a-t-il subi des dommages lors d’un épisode reconnu en catastrophe naturelle ?
- Une déclaration de sinistre a-t-elle été faite, et avec quel résultat ?
- Une indemnisation a-t-elle été perçue, et les travaux ont-ils été réalisés ?
- Une démarche est-elle en cours pour un épisode non encore reconnu, comme la sécheresse de 2026 ?
Les réponses écrites du vendeur engagent sa responsabilité et facilitent la rédaction du compromis.
Faire expertiser le bien avant de signer
L’auteur
Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.
Le tarif
Expertise avant achat ou vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise pré-achat.
Questions fréquentes
Où trouver les arrêtés de catastrophe naturelle d’une commune ?
Sur Géorisques, dans la rubrique consacrée aux risques de la commune, qui reprend la base GASPAR.
Que signifie un arrêté sécheresse ?
Il reconnaît des mouvements de terrain différentiels liés à la sécheresse et à la réhydratation des sols, autrement dit le retrait-gonflement des argiles.
La sécheresse 2026 est-elle déjà reconnue ?
Pas encore à la mi-octobre 2026. Les arrêtés sont attendus commune par commune, en général l’année suivante.
Combien de communes ont été reconnues en juin 2026 ?
L’arrêté du 12 juin 2026 a reconnu 183 communes dans 42 départements, principalement pour la sécheresse de 2025.
Un arrêté signifie-t-il que ma future maison a été touchée ?
Non. Il concerne toute la commune. Il faut vérifier la situation du bien et son état.
Quel est le délai pour déclarer un sinistre ?
30 jours à compter de la publication de l’arrêté au Journal officiel.
L’état des risques reprend-il les arrêtés ?
Il mentionne les risques du secteur et les sinistres indemnisés au titre d’une catastrophe naturelle dont le vendeur a connaissance.
Une commune sans arrêté est-elle sans risque ?
Pas forcément : elle peut ne jamais avoir déposé de demande ou ne pas avoir rempli les critères.
Les remontées de nappe concernent-elles les appartements ?
Surtout les sous-sols, caves, parkings et rez-de-chaussée. Les étages sont rarement touchés directement.
L’expert tient-il compte de l’historique communal ?
Oui. Il oriente son examen vers les désordres que cet historique rend probables.
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Un doute sur un bien ?
Faites-le examiner par un expert en bâtiment indépendant avant de signer.
Sources et références
- Géorisques : risques et arrêtés de catastrophe naturelle par commune
- Code des assurances, article L125-1
- Arrêté du 12 juin 2026 (JO du 13 juin 2026, NOR INTE2615534A)
- Code de la construction et de l’habitation, article L271-4
- Météo-France, bilan climatique de l’été 2026




